Les bonnes nouvelles de la semaine : Team17, Mina the Hollower et Playdate

Tandis que l’extrême-droite se paye des séances de Bac Nord en compagnie des flics avant de leur promettre la guerre civile et les pleins pouvoirs, et que les mesures sanitaires s’allègent alors qu’on est toujours à plus de 250 000 nouveaux cas par jour en France, l’industrie vidéoludique continue encore et toujours de préparer la surproduction record de l’année à venir. Au milieu de ce paysage peu réjouissant, c’est l’heure des bonnes nouvelles. Aujourd’hui au menu : Team17 abandonne son projet de NFT, Yacht Club Games annonce Mina the Hollower et Panic met en ligne un outil de développement pour la Playdate.

Team17 rétropédale sur ses annonces de NFT

Le schéma commence à être classique : une entreprise ou célébrité annonce se lancer sur le marché des NFT, se mange un shitstorm des familles légitime de la part de sa communauté, puis annule tout penaud son projet nul. C’était le cas de GSC Game World et son S.T.A.L.K.E.R. 2 en décembre dernier, de Troy Baker cette semaine, et donc, de Team17. Personne n’apprend jamais, visiblement. L’éditeur et développeur a ainsi annoncé en grandes pompes le Metaworms NFT Project, proposant la vente de jpeg de Worms, déclenchant dans les heures qui ont suivi une forte désapprobation des joueurs et joueuses, mais surtout de leurs studios partenaires, bien décidés à se désolidariser de cette décision.

Communiqué d'Aggro Crab condamnant la décision de Team17 de se lancer dans les NFT

Cinq studios édités par Team17 y sont donc allés de leur communiqué plus ou moins virulent. SMG (Moving Out), Playtonic Games (Yooka-Laylee) ou Navegante (Greak: Memories of Azur) ont surtout tenu à rassurer leur propre communauté, en assurant qu’ils n’avaient aucune intention de se lancer dans le commerce de NFT, soulignant leur impact néfaste sur l’environnement et l’industrie vidéoludique. Ils ont été rejoints par Ghost Town Games (Overcooked!), qui a tout de même demandé aux joueurs et joueuses déçu·es par la décision de Team17 de rester aimables avec les pauvres community managers – je suis sûr que Murray apprécie l’attention.

C’est finalement Aggro Crab (Going Under) qui a montré le plus de virulence, affirmant d’une part que les NFT étaient une arnaque ne pouvant être ni respectueuse de l’environnement, ni utile, et de l’autre que le studio ne retravaillerait plus avec Team17 tant qu’ils ne reviendraient pas sur cette décision, et encourageait les autres développeurs partenaires à en faire de même. Des revendications qui ont porté leurs fruits, puisque Team17 annonçait le soir-même avoir entendu les inquiétudes des studios et de la communauté, et ainsi renoncer au projet Metaworms NFT. À qui le tour ?

Yacht Club Games annonce Mina the Hollower

Le studio l’avait un peu teasé : tandis que Vine délivrait le très chouette Shovel Knight Pocket Dungeon et que Nitrome continue de développer le (personnellement) très attendu Shovel Knight Dig, Yacht Club Games ne se contente pas d’éditer les spin-off du chevalier à la pelle et planche également sur un nouveau titre de son côté. Pas de Shovel Knight 2, ni de nouvel hommage à Mega Man ou DuckTales, mais de l’action/aventure entre Link’s Awakening et Castlevania, avec Mina the Hollower. Annoncé mardi soir lors d’un court showcase du studio – aux côtés du DLC de Shovel Knight Pocket Dungeon, de Shovel Knight Dig et Cyber-Shadow – , le titre est pour le moment au stade du financement participatif sur Kickstarter, pour une sortie prévue sur PC et consoles en décembre 2023.

Le studio précise tout de même que la majorité de Mina the Hollower reste financée par ses propres fonds, et que l’aide de la communauté permettra surtout de produire un jeu plus gros qu’ils ne le peuvent pour le moment, et d’en faire un univers étendu de la même manière que Shovel Knight. Des ambitions qui n’auront que peu de mal à être remplies, du moins du point de vue financier, puisque le premier palier, fixé à 276 282€, s’est vu atteint et dépassé en moins de 24h. Le titre nous mettra aux commandes de Mina, une souris maniant le fouet contre les créatures de Tenebrous Isle dans un titre résolument gothique, les inspirations allant du Portrait de Dorian Gray à Frankenstein, en passant par Castlevania, Bloodbornedont le demake PS1 est finalement sorti – ou Dracula, les développeurs ayant particulièrement aimé travailler sur Specter of Torment, le DLC de Shovel Knight à l’ambiance particulièrement sombre. Et pour couronner le tout, la BO sera une nouvelle fois signée Jake Kaufman, collaborateur régulier du studio.

Un outil de développement pour Playdate

La Playdate, c’est cette mignonne petite console portable qui se recharge à l’aide d’une manivelle – dont la sortie a été repoussée au dernier moment pour cause de batterie défectueuse sur le premier modèle -, et qui me fait à la fois de l’œil – principalement pour son catalogue de lancement, comptant notamment le prochain titre de Lucas Pope (Papers, Please, Return of the Obra Dinn) – et m’inspire la méfiance, l’objet ressemblant tout de même pas mal à un gadget et appeau à quadra nostalgiques.

Pulp, l'outil de développement pour Playdate

Ceci étant, et même si la console n’est toujours pas livrée, Panic, son constructeur, a d’ores et déjà sorti un outil de création de jeux pour sa Playdate. Encore en beta, Pulp de son petit nom est disponible gratuitement sur navigateur, et ce même si vous n’avez pas commandé la console. Fortement inspiré de Bitsy et de sa programmation visuelle, l’outil permet de concevoir des jeux certes plutôt basiques, mais fonctionnels, sans forcément savoir coder, de les tester dans le navigateur, puis de les exporter sur Playdate et partager le code source à la communauté. Pour les plus aguerri·es, des scripts sont bien sûr faisables dans le langage de la console, PulpScript, de même que des animations, de la composition de chiptune ou du dessin de modèles de personnages et niveaux. Un SDK complet, proposant des outils avancés de programmation, est prévu d’ici les mois à venir, toujours gratuitement.

Shift

Camélidé croisé touche de clavier et militant pro-MS Paint. J'aime les jeux indés à gros pixels, les platformers sadiques et les énigmes.

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