Les bonnes nouvelles de la semaine : de la game jam, Picross, du caca et Flash

Semaine après semaine, environ tous les aspects de l’actualité nous permettent de nous sentir comme dans le meme This is fine – vous portez très bien ce petit chapeau, si si, je vous assure. Mais trêve de lois liberticides et de gestion calamiteuse de pandémie pour le moment : place aux bonnes nouvelles. Aujourd’hui au menu : un petit guide de game jam, un nouveau Picross, un jeu mobile de sensibilisation au cancer du côlon et une initiative de préservation du patrimoine Flash.

Un guide de game jam

Oui, alors, modérons, car c’est une bonne nouvelle dans laquelle il faut faire du tri cette fois-ci. J’ai déjà, je crois, eu l’occasion d’afficher mon manque de sympathie pour le concept de game jam, pratique qui consiste à créer un jeu vidéo de A à Z en un laps de temps très court, généralement quelque chose comme 48 ou 72 heures. C’est très peu. Certes, des jams plus raisonnables se font également, nous avions parlé récemment de celle autour de Disc Room, qui s’est déroulée sur un mois, c’est également le cas des Make Something Horrible de Canard PC, mais la tendance reste sur des délais très courts. Et si la créativité et la tonne de concepts incroyables qui en ressortent sont indéniables, il reste tout aussi indéniable qu’une majorité de game jams sont des odes au crunch décomplexées, baignant dans le fantasme du dépassement de soi. Et on l’a suffisamment rabâché ici : le crunch est un sérieux problème dans le milieu du jeu vidéo, ce n’est peut-être pas la peine de le rendre fun et glamour et de le banaliser comme pratique chez de jeunes développeurs·euses et chez les indés. De merveilleux concepts peuvent émerger de contraintes temporelles moins strictes.

game-jammer' cookbook

C’est d’une jam extrêmement populaire que le guide dont nous parlons aujourd’hui découle, puisque le studio qui l’a écrit n’est autre que Lonebot, vainqueur de la GMTK Global Game Jam 2020 avec son titre You are now Possessed – développé en 48h, donc, hmmpf. Les trois développeurs y détaillent le processus créatif derrière leur jeu, depuis l’annonce du thème jusqu’à l’après-jam, en passant par l’ébauche de concept, le développement, les playtests ou le rendu. Et si le ton un peu « Oh oui dépassons nos limites, c’est rigolo » a pu me faire grincer des dents sur deux-trois passages, force est de constater qu’un tel ouvrage, autant comme récit de la fabrication d’un jeu vidéo que témoignage de game jam, est toujours intéressant à consulter. The Game-Jammer’s Cookbook, puisque c’est son titre, est disponible gratuitement sur Gumroad et décrit sur une trentaine de pages les choix de gameplay et de concepts du studio, comment les lier ensemble, comment appréhender les retours de playtests et affiner le game feel, et dispense divers conseils, notamment sur les tâches à prioriser à l’approche de la deadline. Le propos de l’ouvrage est, à mon sens, à tempérer, mais le processus de création reste fort intéressant – d’autant que Mark Brown et Rami Ismail y vont de leur petit caméo.

Une nouvelle dose de Picross

Évidemment, Murray a sauté de joie, ce n’est une surprise pour personne. Le fait que Murray soit content est une bonne nouvelle en soi, mais détaillons tout de même. Jupiter, l’éternel fournisseur de drogue sous forme de petites grilles, rempile ainsi pour un cinquième épisode, non sans s’être d’abord fendu d’un petit teasing de courte durée. Picross S5 arrivera ainsi sur Switch le 26 novembre prochain, pour la traditionnelle somme de 10€. Pas de gros changements ou nouveautés au menu, mais la promesse d’un beau bébé de 485 grilles et de la présence renouvelée des Mega Picross, Clip Picross ou Color Picross – Color Picross qui affichera des couleurs plus contrastées et donc plus faciles à distinguer pour nos ami·es daltonien·nes. Et si tous ces termes vous sont obscurs, vous pouvez toujours patienter jusqu’à la semaine prochaine en (re)lisant le picrossélytisme ultime de Murray. Ou continuer de guetter la sortie de Picross S: Mega Drive & Mark III Edition, annoncée par Jupiter en juillet dernier, mais dont on est depuis sans nouvelles. C’est vous qui voyez.

Un jeu mobile pour détecter les cancers du côlon

Quelle meilleure semaine que celle contenant le 19 novembre, journée mondiale des toilettes – et des hommes, on a la journée qu’on mérite, écoutez (non, vu la description de la journée internationale de l’homme, on ne la mérite même pas) – pour parler d’un jeu sur le caca.

Le jeu mobile gratuit Unkore, contraction de Unko (caca) et Kore (collection) en japonais, a ainsi pour but de sensibiliser les joueurs et joueuses à l’aspect de leurs étrons, ceux-ci étant un indicateur non négligeable de leur état de santé. Le projet est dirigé par le chirurgien gastro-intestinal Yousuke Ishii, à la tête de la Japan Unko Society – organisation de sensibilisation sanitaire à but non lucratif – et ayant lui-même été diagnostiqué d’une inflammation de l’intestin durant son adolescence. Celui-ci explique que les cancers du côlon sont bien moins fréquents au Japon qu’en Europe ou aux États-Unis et de ce fait, sont moins recherchés chez les patients japonais, risquant ainsi de n’être découverts qu’à un stade très avancé – et donc grave – , quand ce type de cancer est soignable si détecté suffisamment tôt. En stade précoce, ce cancer ne montre que très peu de symptômes, et Ishii espère ainsi augmenter les chances de les détecter le plus tôt possible avec son application. Et non, je ne vous ferai pas l’affront d’un jeu de mots sur le caca.

De l’émulation pour Flash

C’est un peu le sujet récurrent de cette fin d’année 2020 – outre un certain virus et le fait que ce millésime soit particulièrement mauvais – Flash sera débranché le 31 décembre 2020, soulevant la question du devenir de tout un tas de jeux et animations. Les initiatives de préservation auront donc fleuri tout au long de l’année, des développeurs passant leurs jeux sur Steam gratuitement ou pour une somme dérisoire, et les sites majeurs d’hébergement de jeux Flash s’organisant pour migrer un maximum de titres, tandis que les premières rétrospectives commencent à tomber.

Flash Badgers Badgers Badgers

On doit l’initiative de la semaine aux contributeurs de l’Internet Archive et de l’émulateur Flash Ruffle, qui, s’il n’est pas encore compatible à 100%, permet déjà de faire tourner jeux et animations dans un navigateur sans que le plugin Flash ne soit installé. Une bibliothèque Flash a ainsi été mise en place sur l’Internet Archive, qui incite un maximum de créateurs et créatrices ayant conservé leurs .swf à les y stocker, mettant à disposition ce qu’il faut de tutos et d’environnements de test pour vérifier la compatibilité de leurs jeux et animations avec Ruffle avant de les poster. Flash a contribué à une explosion de création et de créativité dans le milieu vidéoludique des années 2010 – scène dont un grand nombre d’indés actuels sont issus – , et a été un pan important de la culture de nombreuses personnes – dont je fais indubitablement partie. Et mine de rien, ça fait chaud au cœur de voir tous ces efforts de préservation mis en place pour ne pas laisser disparaître un épisode marquant de l’Histoire du jeu vidéo.

Bonus

Si vous ne connaissez pas Alex Moukala, je vous conjure d’aller regarder ses vidéos de vulgarisation de théorie musicale et reprises de thèmes vidéoludiques. Et si vous n’êtes pas convaincus, voici une reprise groovy de Demon’s Souls.

Bonus 2

La démo du tactical à venir Inkulinati est encore dispo sur GOG à l’occasion du Made in Poland Event jusqu’au 23 novembre, et ce serait dommage de s’en priver.

Shift
Shift

Camélidé croisé touche de clavier et militant pro-MS Paint. J'aime les jeux indés à gros pixels, les platformers sadiques et les énigmes.

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