Partie Rapide : Dysmantle et Cube Escape Collection

Cette fois-ci dans Partie Rapide, Zali vous parle de l’accès anticipé encourageant du jeu de survie Dysmantle, et Shift de Cube Escape Collection, la ressortie sur PC d’une saga culte d’escape game.

Dysmantle

Surtout connu pour des petits jeux d’action très arcade, l’éditeur finlandais 10tons lance avec Dysmantle son projet le plus ambitieux : un jeu de survie en 3D iso avec des zombies, du craft et de la gestion de ferme. Ne fuyez pas cette early access : malgré son pitch effrayant de nullité apparente, Dysmantle est une bonne surprise !

Houlà, il s’est passé quoi pendant que je dormais ?

L’idée de base de Dysmantle est toute simple : vous êtes un survivaliste parano qui s’est enfermé dans un bunker aux premiers signes d’effondrement de la société, pour en ressortir quelques années plus tard, à court de vivres. Ce que vous trouvez en ressortant est étonnant et éloigné de la plupart des théories collapsologues : tout le monde semble avoir été évacué quelque part, la nature a repris ses droits, et des monstres de type zombies-qui-courent errent dans les rues au milieu des daims et des fleurs sauvages. À vous de survivre dans ce chaos en récoltant à coups de pelle, de pioche et de barre à mine les ingrédients nécessaires à votre survie, tout en essayant de comprendre ce qui s’est passé au fil de votre exploration de l’île où le jeu prend place.

Avec un fil conducteur minimaliste mais tout de même bien présent, et un vrai parti pris de proposer une île fixe et non générée aléatoirement, Dysmantle propose une base solide qui pousse à explorer l’île de manière assez libre sans pour autant s’y perdre. De toute façon, le personnage commence dans un état de faiblesse relative qui nécessite la prudence, les combats du jeu étant généralement voués à être perdus (mieux vaut s’infiltrer ou éviter carrément la plupart des ennemis). Ce qui va apporter le plus d’expérience et de progression au joueur sera sa capacité à « démanteler » l’île : vider les placards pour trouver de la nourriture, casser des tuyaux pour récupérer du fer, ou désherber des clôtures pour révéler de nouveaux passages. À chaque nouvelle difficulté insurmontable, le personnage a automatiquement une idée de recette, qui sera votre prochaine étape de craft. Basique, mais efficace.

Dysmantle boss

Encourageant de simplicité

Ce qui frappe le plus dans Dysmantle, c’est sa volonté de proposer un jeu très simple d’accès plutôt qu’un véritable simulateur de survie pseudo-réaliste comme il en existe des dizaines. Chaque système est assez limpide : les recettes sont clairement affichées, la gestion de l’inventaire est fluide, les combats ne nécessitent guère plus de 2 minutes de tutoriel. Cela ne plaira pas aux amateurs d’immersive sims, mais si vous cherchez une petite expérience de survie très simple, c’est éminemment agréable.

Reste que pour le moment, Dysmantle est aussi au tout, tout début de son early access, et que l’immense map du jeu (vraiment, c’est très très grand) est encore en grande partie inaccessible, de même qu’un grand nombre d’objets, de compétences ou de contenu scénaristique. Pour le moment, on est davantage sur une note d’intention qu’autre chose, et on finit vite par tourner un peu en rond, frustré de voir encore tant de portes fermées. Plusieurs contenus majeurs ont déjà été implantés depuis la sortie du titre début novembre, nous avons hâte de voir le jeu dans sa version définitive !

Dysmantle craft

Dysmantle a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

D’habitude, je déteste (vraiment beaucoup) les jeux de craft et de survie. Mais Dysmantle est si simple d’accès et si agréable dans son approche du genre que j’y ai passé des heures sans me lasser, malgré un manque de contenu pour le moment un peu trop évident. Si vous êtes réfractaire au genre comme moi et que vous voulez sortir de votre zone de confort, n’hésitez pas à vous laisser tenter, le jeu étant pour le moment vendu pour un peu plus de 15 € avec un contenu qui les justifie déjà amplement.

Cube Escape Collection

« Je suis en train de faire Cube Escape Collection en ce moment, c’est court et sympa, je peux le terminer ce soir », ai-je répondu à Zali, qui cherchait un binôme pour sa Partie Rapide, et quasiment tout dans cette phrase est faux, joke on me – et non JoK on me, ce serait étrange. Nous sommes donc partis pour le débunk de la deuxième plus grosse énormité de la semaine, juste après un certain pseudo-documentaire complotiste.

« Cube Escape Collection, c’est sympa »

Déjà, ça, ça ne va pas. Parmi tous les adjectifs que j’aurais pu choisir pour définir le titre de Rusty Lake, « sympa » est probablement le plus à côté de la plaque. Cube Escape est anxiogène. Cube Escape est souvent inquiétant, parfois effrayant, ponctuellement gore ; Cube Escape est particulièrement absurde, autant dans son scénar que ses péripéties ou ses mécaniques. Cube Escape est occasionnellement drôle, il ne contient pas vraiment de blagues et encore moins de moments légers, mais se traîne un humour grinçant, sombre et décalé dans les situations les plus improbables et imprévisibles. Cube Escape est brillant, autant dans sa mise en scène que dans son gameplay. J’aimerais dire que si j’ai trouvé ça « juste » sympa sur les premiers niveaux, c’est car il gagne en profondeur dans ses mécaniques et son scénario au fur et à mesure, pour gagner en fulgurance.

Ce serait encore une fois complètement faux. Tout est déjà là dès Seasons, le premier épisode de Cube Escape. L’ambiance oppressante, le déroulé absurde – à base de main étrange sortant d’un pot de fleurs, de femme en robe d’été assassinée sur la Lune par une figure mystérieuse, de crevette contenant un cube de mémoire – et la structure détournant d’ores et déjà la formule de l’escape game, qui va plus loin que la simple mécanique de ramasser et combiner des objets pour résoudre des énigmes. Non, ce qui rend la progression de Cube Escape un peu plus passionnante à chaque épisode, c’est le côté interconnecté de son intrigue, cette autoréférence constante, autant dans les péripéties que dans les détails, qui donne à la fois une grande consistance à son univers et une aura franchement mystérieuse. Les développeurs revendiquent frontalement l’hommage à Twin Peaks, et honnêtement, même sans cette note d’intention, il aurait été compliqué de passer à côté. Il serait risqué – et dommage – de décrire le scénario de Cube Escape, mais à partir du moment où celui-ci contient entre autres une enquête sur le meurtre d’une certaine Laura près d’un lac mystérieux, bon.

« Cube Escape Collection, c’est court »

Encore raté. Ma phrase datait du vendredi en début de soirée, j’espérais voir le bout de Cube Escape Collection avant d’aller dormir, ce qui s’est produit, eh bien, deux jours plus tard, après un peu plus de 12 h de jeu (rassurez-vous, j’ai quand même dormi avant). Car la progression de Cube Escape n’est pas si rapide qu’elle en a l’air, entre la durée des épisodes qui s’allonge sans avoir l’air d’y toucher – The Cave, le tout dernier, dure facilement le double du temps du premier – et la complexité des énigmes qui grimpe et redescend un peu aléatoirement – heureusement, les développeurs ont posté les solutions sur YouTube et ont intégré un système d’indices pour la ressortie du jeu. Ressortie ?

Oui, je vous en parlais récemment dans les bonnes nouvelles, Cube Escape Collection est la compilation des neuf premiers épisodes de la saga, originellement sortis en Flash sur le site Kongregate entre 2015 et 2017, puis portés sur mobile. La disparition future du Flash en fin d’année a poussé Rusty Lake, comme pas mal d’autres développeurs, à migrer leur production du format navigateur vers un autre, les premiers épisodes de Cube Escape rejoignant ainsi les plus récents sur Steam, sortis sur PC entre 2018 et 2020. Ce qui explique le peu de changements entre la version Flash d’il y a cinq ans et celle dispo sur Steam depuis fin octobre : le but ici n’est pas d’en faire un remaster ou une director’s cut, mais bien de conserver une saga assez culte de l’époque Flash – et probablement de la faire découvrir à un nouveau public – , ainsi, hormis le système d’indices et l’ajout de succès, les épisodes de Cube Escape Collection sont parfaitement similaires aux anciens sur Flash et mobile. Loin d’être une critique – encore moins quand on voit son très faible prix – , on regrettera seulement la qualité un peu moyenne du portage, qui redémarre systématiquement en fenêtré et demande un voyage dans les paramétrages à chaque session, et des textures un peu baveuses, plus adaptées au format du lecteur Flash ou un écran de smartphone. Rien cependant qui m’empêcherait de très chaudement le recommander.

Cube Escape Collection est l’occasion parfaite pour se (re)lancer dans la saga culte de Rusty Lake dans de bonnes conditions – ma copine m’avait recommandé la série il y a déjà quelques années, mais le jeu sur mobile n’est vraiment pas pour moi et mon manque dramatique de précision sur écran tactile. Les épisodes de Cube Escape sont tous excellents sans exception, chacun apportant son twist de gameplay et sa pierre à un scénario aussi cryptique que passionnant. Et maintenant que je regrette d’avoir déjà fini la collection, je vais pouvoir tranquillement me lancer dans les épisodes bonus de Rusty Lake ainsi que ceux concluant la saga – qui, d’après les développeurs, devrait continuer de s’enrichir d’opus gratuits et payants.

zalifalcam

J'aime les jeux double A, les walking simulateurs prétentieux et les JRPG, et plutôt que de me soigner, j'écris à leur propos.

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