Les bonnes nouvelles de la semaine : Devotion, Game Devs of Color Expo, des sorties et Bushidog

Merci à Jean Castex et Emmanuel Macron de préparer en avance mon intro déprimante des bonnes nouvelles, merci au gouvernement, sans qui je ne serais pas là à ressasser les pires moments de notre semaine. Voilà, maintenant vous pouvez tous démissionner, allez, zou, c’était quoi encore ces nouvelles annonces, vous vous moquez du monde. Mais sans plus attendre, c’est l’heure des bonnes nouvelles. Aujourd’hui au menu : Devotion est enfin ressorti, la cinquième édition de Game Devs of Color Expo aura lieu en septembre, encore des sorties de jeux pour mars et un post mortem triste mais intéressant de Bushidog.

Devotion est de nouveau disponible à l’international

Les péripéties autour du titre de Red Candle Games auront été nombreuses : sorti en 2019, puis retiré en catastrophe pour cause de blague sur le président chinois et de review bombing (même si la vanne incriminée a été retirée), récupéré puis lâché immédiatement par GoG, sauvegardé à la Harvard-Yenching Library aux côtés de son grand frère Detention, sorti en version physique à Taïwan, on peut dire que Devotion est un rescapé. Et comme promis par ses développeurs au moment de la ressortie physique, ce dernier est de nouveau disponible en dématérialisé et à l’international.

Image de promo de Devotion, montrant une petite fille aux yeux bandés

Le jeu horrifique taïwanais ne sera toujours pas disponible sur Steam, GoG ou une quelconque autre grosse plateforme – c’est probablement fichu de ce côté-là, bande de lâches – , mais dans le magasin personnel de Red Candle Games. Ce dernier permet ainsi de se procurer leurs deux titres, Detention et Devotion, ainsi que leurs bandes-son, et sans DRM. Espérons que cette sortie soit une conclusion définitive au dossier Devotion, qui aura tout de même duré deux ans, mais surtout que le studio va pouvoir commencer à toucher de l’argent dessus (rappelons qu’il est auto-édité), et enfin pouvoir se concentrer sur leur futur projet – qui ne devrait pas être de l’horreur, cette fois-ci.

La Game Devs of Color Expo aura lieu en 2021

La Game Devs of Color Expo fêtera sa cinquième édition cette année, et se tiendra en ligne du 23 au 27 septembre 2021. L’évènement a beau rester modeste, son envergure grandit d’année en année (le nombre de visiteurs a doublé de 2019 à 2020, avec 1500 entrées), ce qui aura permis au collectif de verser quelque 90 000$ dollars dans le développement de jeux indés. Les soumissions de jeux pour la traditionnelle présentation sont déjà ouvertes et ce jusqu’au 15 avril, de même que les places de conférenciers·ères. L’annonce est accompagnée d’un rappel comme quoi les soumissions de jeux sont complètement gratuites, et que les personnes invitées pour les conférences et interviews seront payées. On ne devrait pas spécialement s’enthousiasmer devant ce qui s’apparente plus à de la décence de base, mais l’industrie se permet tellement d’écarts qu’il reste bon de le signaler. Si l’évènement vous intéresse, les billets seront bientôt mis en vente et annoncé sur le compte twitter de l’expo.

Des sorties en pagaille, car on est en mars

On le constate semaine après semaine dans les miettes de l’actu – et dans notre tableau des sorties de jeux -, mars c’est le bazar dans le calendrier vidéoludique, et les sorties d’early access n’arrangent vraiment pas les choses. Mais plutôt que de se laisser abattre devant l’avalanche hebdomadaire de titres, réjouissons-nous : beaucoup s’annoncent très prometteurs, et arrivent bientôt.

Le 31 mars nous accueillerons donc Nanotale – Typing Chronicles, dont l’early access m’avait fait une très bonne impression, et pour lequel mon enthousiasme n’a cessé de grimper au fil des mises à jour. Le titre se place dans la saga Typing Chronicles après le très chouette Epistory, précédent jeu du studio belge Fishing Cactus et sera encore un typing game – ces jeux où il faut taper des mots sur son clavier pour attaquer ses ennemis – en monde ouvert, avec cette fois-ci une emphase un peu plus importante sur l’exploration et la découverte de la faune et flore locale. La sortie d’early sera accompagnée d’une petite hausse de prix – 20€ au lieu de 15 – , mais il n’est pas trop tard pour le prendre maintenant (mais le prendre à 20 pour soutenir les développeurs c’est sympa aussi).

Le 30 mars, ce sera le très attendu Disco Elysium – The Final Cut qui débarquera pour la première fois sur consoles, et comme extension gratuite pour les joueurs PC le possédant déjà – et la traduction française ayant débarqué il y a quelques mois, vous êtes contractuellement obligé·es de le posséder, c’est comme ça, je fais pas les règles. Pour rappel, la Final Cut sera plus intéressante que la Snyder Cut, en ajoutant un doublage anglais intégral, de nouvelles quêtes, de nouveaux personnages, de nouveaux objets, des cinématiques et l’ajout de contrôles à la manette. L’occasion de le relancer une quatrième fois, de réécouter l’album de cette bande-son fascinante et, si vous êtes super riches, de craquer pour l’édition collector hors de prix, mais néanmoins très classe.

Enfin, c’est l’adorable Chicory – A Colorful Tale qui continue de s’afficher en trailer et via une note de blog chez PlayStation de la part du créateur du jeu, Greg Lobanov. Et si la date de sortie n’est toujours pas précisément fixée, on sait au moins qu’il s’agira du printemps 2021. Derrière le titre se cachent des développeurs et artistes de Celeste (Lena Raine) et Wandersong (Greg Lobanov), et le tout sera édité par Finji, petit éditeur derrière Overland ou Night in the Woods. Chicory nous mettra dans la peau d’un petit chien équipé d’un pinceau magique et chargé de repeindre un monde passé en noir et blanc.

Un post mortem pour Bushidog

Une fois encore, on part sur une bonne nouvelle franchement teintée d’amertume, puisqu’elle concerne l’annulation du développement de Bushidog. Fruit de l’association de l’auteur/dessinateur/compositeur chariospirale et de Cakeprediction, Bushidog était un ambitieux projet autour d’un chien samouraï et conçu pour ne proposer que des personnages uniques – pas de mobs, donc -, sans dialogues – leurs animations seules étaient censées donner des indices sur l’animosité ou non des PNJ – et où la mort, des autres personnages comme de notre héros, était permanente. Une bien bonne idée, à l’univers et animation charmants, mais dont les bonnes intentions ont été brisées par ce système idiot que l’on nomme capitalisme. En effet, chariospirale explique avoir dû cumuler son travail de barman la nuit et sa création de comics le jour, en plus du développement du prototype de Bushidog pour réussir à joindre les deux bouts. L’ampleur du projet s’est ainsi avérée colossale pour seulement deux personnes travaillant à temps partiel, et les ambitions du titre se sont vues continuellement réduites : premier zone du jeu devenant le jeu entier, ajout d’aléatoire, de mobs, jusqu’à devenir affreusement générique et dépourvu de toutes les bonnes idées initiales.

Devant l’évolution du développement, chariospirale et Cakeprediction ont finalement préféré abandonner Bushidog, plutôt que d’en faire un titre insipide et générique. Du projet, nous ne verrons que les gifs et concept arts montrés dans le thread de post mortem posté par chariospirale, et s’il est fort triste de voir la détérioration puis l’annulation d’un concept aussi alléchant, il reste très intéressant de voir l’évolution du développement en détail, et qu’une équipe préfère arrêter son projet en connaissance de cause, plutôt que de sortir un énième titre fadasse. Et la vraie bonne nouvelle dans tout cela, c’est que le duo rempile pour le développement d’un nouveau jeu, bon courage à eux ! Et mort au capitalisme, donc.

Bonus : Les bonnes nouvelles des bonnes nouvelles

La rédaction tient à s’excuser, car ce que Zali a décrit comme « une jolie ode au Tokyo nocturne des années 90 » s’est avérée être une fresque violente peuplée de personnages horribles et déviants, oups. Ça reste bien, mais soyez prévenu·es.

Et on replace tout de même notre confiance en Zali, qui nous conseille encore un recueil japonais : Les remèdes du docteur Irabu de Hideo Okuda. Chaque histoire se concentre sur un patient du Docteur Irabu, un médecin complètement bizarre et marginal et son infirmière déviante qui pratiquent des thérapies de choc sur leurs patients, eux-mêmes bien souvent des gens étranges et inquiétants (un yakuza fétichiste des piqûres, un mec obsédé par l’idée d’envoyer des textos tout le temps, etc.). C’est vraiment très drôle, assez mordant, et chaque nouvelle déborde d’idées.

Shift
Shift

Camélidé croisé touche de clavier et militant pro-MS Paint. J'aime les jeux indés à gros pixels, les platformers sadiques et les énigmes.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas rendue publique.