Les bonnes nouvelles de la semaine : Lost in Random, Puppy Cross, This War of Mine et de la modération

Les bonnes nouvelles sont drôlement longues aujourd’hui, alors vous n’aurez pas mon éternel couplet sur l’actualité révoltante cette semaine. Juste : haha, bravo les habitants de l’île de Sein. Aujourd’hui donc au menu : un trailer pour Lost in Random, un DLC gratuit pour Puppy Cross, This War of Mine intègre les listes de lecture scolaire polonaises et les éditeurs font du ménage.

Un trailer pour Lost in Random

Que l’on soit bien clairs, je n’attendais avec aucune impatience qu’on me parle d’Apex Legends et de jeux de sport, la seule raison pour laquelle je me suis enquillé 1h d’Andrew Wilson qui débite un message Black Lives Matter sans la moindre trace d’émotion, de jeux de rockets insipides et de Greg Miller sous substances en pleine nuit, c’était pour bitcher avec les copains et copines de TPP sur l’EA Play Live. Et un peu pour Star Wars : Squadrons, soyons tout à fait honnêtes, qui ne nous a gratifié que de très peu de gameplay et d’informations, mais qui s’avère un peu plus prometteur à chaque fois. Ce à quoi je ne m’attendais cependant pas, perdu au milieu du monologue agaçant de Josef Fares et de Rocket OSEF Arena, c’était des nouvelles de Lost in Random, prochain jeu de Zoink, créateurs de Fë – récemment débarqué sur Steam, bien qu’on puisse toujours déplorer la redirection sur Origins – et Flipping Death.

Le titre nous plongera dans le monde de Random – subtilité quand tu nous tiens – en compagnie d’Even – aucun doute quant à la présence d’un personnage nommé Odd – et du dé vivant Dicey, dont l’œil central a visiblement répugné Fanny, Noodles et Chibi. Moi je le trouve très mignon, si vous voulez tout savoir. Prévu pour 2021 sur PC, PS4, Xbox One et Switch, le titre s’est fendu, pour la première fois depuis son annonce en 2019, d’une bande-annonce et de quelques concept arts présentés par ses intrigants développeurs et se démarque surtout pour son esthétique lorgnant allégrement entre le burtonesque – environ n’importe qui maintenant fait du Burton mieux que Burton – et l’American McGee’s Alice-like. Les deux pieds dans mon type d’esthétique et de gameplay donc, et qui pourrait même être du genre à me faire réinstaller Origin s’il le faut. C’est dire.

Une blague de perdue, dix grilles de retrouvées

Si notre docteur ès picross Murray ne l’avait pas détesté, loin de là, le mignon Puppy Cross avait cependant été pour lui une petite déception, la faute à quelques choix de game design pour le moins curieux, un aspect care game trop léger et un jeu un peu trop facile et vite terminé – ce qui ne m’avait pas empêché de l’acheter malgré tout, et d’être de l’avis de mon éminent collègue. Les critiques adressées au titre persistent, mais quelques points ont tout de même été rectifiés ces dernières semaines, du système d’indices retravaillé aux quelques – toujours rares – interactions avec les toutous ajoutées, en passant par la possibilité de vider complètement le jardin. Des mises à jour de confort donc, qui ne valaient que peu d’attention de notre part et qui ne justifiaient en aucun cas de relancer Puppy Cross.

kitty cross

Les choses ont changé mercredi dernier, puisque le DLC gratuit Kitty Cross est arrivé sur Steam et itch.io. Le jeu de mot ne fonctionne ainsi plus, mais c’est le (seul) prix à payer pour voir l’arrivée de dix picross clips – des tableaux constitués de plusieurs grilles – pour un total de cent nonogrammes, sur le thème des chats cette fois-ci (si ce n’était pas assez clair dans le titre). Les félins peuvent évoluer dans le même jardin que les doggos et il semblerait que tout ce petit monde cohabite dans la paix et le calme (avec cependant toujours très peu d’interactions). Des chats, cent grilles et quelques options de confort, la voilà, la raison de relancer Puppy Cross pour quelques heures de plus.

This War of Mine dans les listes de lecture polonaises

C’est jeudi matin, dans un post Facebook, que le studio polonais 11 bit studios l’annonçait avec une fierté parfaitement légitime : leur fameux This War of Mine, jeu de gestion et survie mettant en scène des civils en temps de guerre – c’est très riant – fait désormais partie de la liste de lecture recommandée par l’éducation nationale polonaise. Une reconnaissance amplement méritée pour le studio – dont la façon de mettre en scène et dénoncer les horreurs de la guerre a été encensée, se posant comme un des rares titres antimilitaristes ne glorifiant à aucun moment le combat ou la guerre, un écueil malheureusement trop fréquent -, mais également pour le jeu vidéo en tant que média et objet culturel et artistique – et non simple produit de consommation et divertissement. Une tendance et une considération qui tendent à se populariser, souvenez-vous des Nebula Awards qui récompensaient déjà les scénaristes de jeux vidéo il y a peu. Même si c’était pour donner le prix à The Outer Worlds, pfff.

This War of Mine intégrera ainsi les listes de lecture des étudiants polonais dès l’année scolaire 2020/2021 – uniquement pour les élèves ayant plus de 18 ans, en raison de sa notation 18+ dans la majorité des pays (coller ça entre les mains de collégiens paraît en effet déconseillé). Le jeu sera ainsi recommandé pour les études de sociologie, éthique, philosophie et histoire et sera mis à disposition gratuitement pour toutes les universités polonaises. Une initiative qui n’est pas sans rappeler celle de Zachary Barth – fondateur de Zachtronics – qui délivre ses jeux de programmation gratuitement aux écoles publiques et associations, allant jusqu’à décrire l’intérêt pédagogique précis de chacun de ses titres sur son site. Un nouveau pas vers l’inclusion du jeu vidéo dans les systèmes éducatifs nationaux donc, en franchissant le seuil des listes officielles d’œuvres à lire pour la première fois.

this war of mine

Pif pif, dehors les fachos

Les gens d’extrême-droite jouent aux jeux vidéo, quel culot. Les gens toxiques, racistes, homophobes, sexistes et transphobes aussi. Et plein d’autres. Pire encore, non content de déjà divulguer leurs propos nauséabonds, – rappel qu’être facho, raciste et toute la liste qui vient d’être citée n’est pas une opinion, c’est un délit, alors tut tut les « Et la liberté d’expression ?? », que dalle – ceux-ci les expriment également dans différents jeux en ligne, très souvent sous le regard indifférent des éditeurs et studios, qui trouvent bien plus pratique d’ignorer le problème en posant leurs yeux ailleurs. Pas cette semaine. Alors mauvaise nouvelle : il y a beaucoup de trucs qui craignent et qui doivent être modérés. La bonne, c’est que ça se fait enfin.

On commence avec EA Games, qui publie sa Positive Play Charter, qui, sous ses airs de texte bullshit Soyez gentils et positifs a tout de même été accompagnée de la suppression d’environ 3500 ressources et contenus offensants créés par les joueurs – il y en avait de la saleté dans vos jeux dites donc -, suppression de contenu qui s’agrémente bien heureusement de sanctions envers leurs auteurs, allant de la révocation de certains – voire tous – services d’EA, jusqu’à la résiliation pure et simple du compte. Des mesures qu’EA s’engage à continuer de mener, en promettant allouer toujours plus de ressources et d’outils pour la modération et le signalement. Bon, nous verrons bien comment ça se boutique tout ça et si la charte et les mesures continueront d’être appliquées sur la durée, mais réjouissons-nous déjà du ménage qui commence à se faire, et que l’on retrouve également chez Valve, qui tente – un peu mollement – d’endiguer la marée de bots racistes qui pullulent sur TF2.

red dead online

Attention, la suite est en revanche bien plus hardcore. Le petit jeu des tricheurs et hackers sur Red Dead Online, c’est de trouver des modèles correspondant à des PNJ du jeu solo, et de les ramener en ligne pour attaquer les autres joueurs. Bon, jusque-là, c’était des squelettes à deux têtes, mais RPS nous rapporte des faits bien, bien plus glaçants, puisque suite aux deux heures d’arrêt des serveurs Rockstar en hommage à George Floyd, le titre a connu une explosion de contenu et propos racistes sur ses serveurs. Plus question de squelettes à deux francs cette fois, les hackers se sont mis à invoquer des modèles représentants des membres encapuchonnés du KKK pour attaquer les autres joueurs, en colportant des messages abominables de sexisme, de haine raciale et d’appel au meurtre que je ne relayerai pas ici, car c’est vraiment très violent. La bonne nouvelle, c’est que Rockstar a trouvé et bloqué l’appel de ce modèle et, sans s’étendre d’avantage, a au moins confirmé qu’il n’était plus possible d’utiliser ce hack raciste. Mais encore heureux. La prochaine étape serait de bannir les responsables – voir de les trainer en justice, mais aucun espoir de ce côté – et de régler les failles de sécurité sur leurs serveurs. Espérons que ce soit prochainement le cas.

Bonus

Ma voiture a redémarré et j’ai de nouveau un ventilateur fonctionnel sur mon processeur, parfois il n’en faut pas plus.

Shift
Shift

Camélidé croisé touche de clavier et militant pro-MS Paint. J'aime les jeux indés à gros pixels, les platformers sadiques et les énigmes.

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