The Cruel King and the Great Hero – Le conte des 1001 ennuis

Ma liste des jeux à faire découvrir à mon fils quand il sera en âge d’y jouer continue de grandir. J’ai déjà pu, grâce à The Pixel Post, découvrir Luna The Shadow Dust mais aussi PHOGS! et Labyrinth City : Pierre the Maze Detective. Mais il y avait un trou dans ma liste, celui des JRPG à l’ancienne, parce que Final Fantasy VIII a beau être toujours le meilleur FF, difficile de le faire jouer à un jeune garçon. C’est donc le cœur rempli d’espoir que j’ai découvert The Cruel King and the Great Hero de Nippon Ichi Software.

La promesse d’un JRPG au tour par tour enrobé d’un joli habillage et d’une histoire plus compréhensible pour un jeune public m’a laissé croire au bonheur. Malheureusement, si le jeu rend un bel hommage aux JRPG classiques, il en oublie de moderniser ses aspects vieillissants.

Attention cette critique contient de légers spoilers (mais en réalité rien de plus que ce qu’on ne trouve déjà dans le trailer…).

Père Dragon, raconte-nous une histoire

Yuu, la jeune héroïne de The Cruel King and the Great Hero, n’a pas eu un début de vie facile : son père, le fameux grand héros de la région, est mort alors qu’elle était bébé (sa mère à priori aussi mais le sujet n’est pas vraiment abordé). Heureusement, avant de passer de vie à trépas, ce dernier a confié sa fille au Roi Dragon, le chef local des monstres. Et il faut avouer que ce dernier a fait du bon boulot, Yuu grandissant pour devenir une petite fille pleine d’énergie et de gentillesse, bercée aux sons des aventures de feu son père, racontées par son nouveau paternel.

Mais voilà, à force d’entendre des aventures de héros, Yuu aimerait bien aussi en vivre. Coup de chance pour elle, son dragon de daron est tellement mieux qu’un humain classique qu’il décide de l’aider à accomplir son rêve, non seulement en lui donnant des petits objectifs à accomplir comme traverser la forêt toute seule avec pour seule arme un bâton qu’elle imagine être une épée magique, mais aussi en l’accompagnant secrètement, histoire qu’il ne lui arrive rien, avant d’écouter ses aventures et lui raconter celles de son père au moment d’aller se coucher.

Non mais voilà si avec ça vous n’êtes pas déjà sous le charme de The Cruel King and the Great Hero, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Rajoutez en plus à cela de magnifiques graphismes, tout en dessin à l’image des livres de contes pour enfants, une narratrice unique (en japonais) qui incarne l’intégralité des personnages pour les cutscenes et vous avez sans doute l’un des jeux les plus mignons et adorables que j’ai eu l’occasion de faire.

Yuu et le Roi Dragon
La relation entre Yuu et le Roi Dragon est beaucoup trop choupi.

On en oublierait presque que le jeu n’est malheureusement disponible qu’en anglais, même si on reste sur un vocabulaire assez simple, conte pour enfant oblige, et qu’on s’imagine très bien traduire cette jolie histoire à la volée pendant qu’un enfant la découvre manette en main.

Un JRPG pur jus

Bon, c’est bien gentil tout ça mais on n’est pas là que pour faire des « ohhhhh » et des « trop mignooooonnn » toutes les deux minutes, on veut du JRPG aussi ! Eh bien vous allez être servis, The Cruel King and the Great Hero étant un JRPG au tour par tour aussi classique qu’efficace.

Yuu va se balader dans les différents environnements variés du jeu entourant le hub central que constitue le village des monstres, avec pour objectif de régler les différents problèmes de la région. Ses aventures seront l’occasion de se lier d’amitié avec trois personnages en particulier, Rocky le renard des neiges, Cybat la chauve-souris servante du Roi Dragon et Flora la princesse au grand cœur. Ces derniers pourront rejoindre notre héroïne (mais un seul à la fois) et l’aider dans son exploration du monde et lors des combats du jeu.

Image du jeu The Cruel King and the Great Hero
Âmes sensibles, n’approchez pas de ce personnage.

Si vous avez déjà touché à un JRPG au tour par tour, vous ne serez aucunement surpris par le jeu. Attaque, défense, attaques spéciales utilisant des points de compétences (se récupérant à chaque tour), objets pouvant soigner ou infliger des malus aux adversaires, etc., tout y est ! Rajoutez à cela des marchands pour remplir votre inventaire, des améliorations dans votre équipement que ce soit des tenues ou des accessoires vous octroyant différents bonus… Vraiment, il n’y a rien de nouveau dans ce JRPG mais tout est bien fait et clairement expliqué. À noter qu’en termes de nouveautés tout de même, vous pouvez analyser les ennemis pour apprendre leurs faiblesses, vous permettant de les déstabiliser pendant un temps pour les battre tranquillement ou au contraire les laisser partir en vie : puisque je vous dis que Yuu est adorable !

D’ailleurs, elle est tellement adorable que les sous-quêtes du jeu, à récupérer auprès des habitants du village central et qui permettent de récupérer argent et objets spéciaux, sont appelées « les actes de gentillesse de Yuu ». Et j’ai failli oublier de vous parler du fait que Yuu a une attaque spéciale qui fait que son épée devient enflammée mais qu’en réalité, c’est son père, inquiet, qui est caché dans le décor et qui crache discrètement des flammes sur l’arme avant son attaque. Non, vraiment, The Cruel King and the Great Hero et sa difficulté en plus pas très élevée a tout du JRPG parfait pour découvrir ou faire découvrir le genre à des non-initiés ou pour replonger dans un petit trip nostalgique de 15/20 heures… Mais c’est sans compter sur un élément qui vient absolument tout gâcher.

Image du jeu The Cruel King and the Great Hero
Le jeu a même le classique coffre-ennemi.

LA BAGARRE

Je n’ai jamais subi autant de combats aléatoires de toute ma vie, JAMAIS. Bien sûr j’ai déjà pesté contre certains RPG qui avaient certaines zones avec trop d’ennemis à affronter, mais jamais à ce point sur tout un jeu. Vous ne pouvez pas faire un pas sans tomber sur un ou plusieurs ennemis, c’est un vrai cauchemar. C’est bien simple, le seul avantage que j’ai pu trouver à tout cela, c’est l’inutilité de faire une séance pour récupérer de l’expérience et monter en niveau puisque de toute façon, vous allez combattre assez de monstres en jouant pour ne pas avoir à le faire en plus. Et encore heureux que le jeu propose de fuir les combats (mais attention, ça marche moins bien contre les ennemis plus forts).

Le pire étant que le jeu propose deux choses pour baisser la quantité des combats. Il y a un objet qui baisse le nombre de rencontres aléatoires pendant 50 pas (oui, prenez-en beaucoup), mais il ne marche pas bien contre les ennemis trop forts, c’est-à-dire ceux à peu près de votre niveau. De la même manière, le jeu vous offre la possibilité de courir pour avoir moins de combats aléatoires mais uniquement dans les zones où Yuu est d’un niveau trop élevé. C’est bien simple, pour que je trouve le nombre de combats aléatoires raisonnable, j’ai dû activer l’objet et me balader dans ces zones déjà visitées. D’autant plus que vous allez en faire du chemin, les actes de gentillesse de Yuu consistant à revenir dans d’anciennes zones pour récupérer des objets à rapporter aux habitants du village central.

Ce problème est d’autant plus important qu’il fait apparaitre les autres limites du jeu. Les différentes zones, si elles sont variées et jolies, sont essentiellement constituées de passages à traverser de gauche à droite (ou de droite à gauche) ce qui fait qu’on finit, à force d’arrêts pour cause de combats aléatoires, par remarquer la répétition dans les patterns des décors, gâchant ainsi la magie de ces derniers. Et tous ces allers-retours entrecoupés de combats sont d’autant plus longs que les points de téléportation (des fontaines qui redonnent en plus de la vie) sont beaucoup trop peu nombreux et trop espacés.

Finissons avec un cas pratique pour que ce soit plus clair : on me demande d’aller chercher un objet dans la forêt glacée. J’y vais mais pas de bol, il ne peut être récupéré que par Rocky qui peut creuser dans le sol. Je dois donc utiliser l’objet qui me permet uniquement de me téléporter au centre du village des monstres, avant d’aller jusqu’à la fontaine du village et de me téléporter à celle près de mon repère. Là-bas, je peux changer de personnage avant de me retéleporter à la fontaine de la forêt glacée et de refaire le chemin jusqu’à l’objet. Maintenant, entrecoupez cela de plein de combats aléatoires. Ça donne envie de faire toutes les sous-quêtes et de vous intéresser à la vie des gentils monstres de la région n’est-ce pas ?

Image du jeu The Cruel King and the Great Hero
J’ai décidé de me concentrer sur les gentils ours couverts de miel plutôt que les combats trop nombreux autour.

The Cruel King and the Great Hero a été testé sur Nintendo Switch via une clé fournie par l’éditeur. Le jeu est aussi disponible sur PlayStation 4.

Prenez votre dessin animé préféré, celui qui vous donne des étoiles dans les yeux parce que vous le trouvez joli, qui vous fait battre le cœur parce qu’il vous fait ressentir des choses comme aucun autre. Maintenant, lancez-le mais juste avant, mettez un élastique autour de votre poignet et toutes les 15 secondes, tirez dessus et faites-le claquer. Voilà, The Cruel King and the Great Hero c’est ça. Autant vous dire que, même si ça m’embête profondément parce que je voulais aimer ce JRPG, je vais raconter sa jolie histoire à mon fils avant d’aller le coucher plutôt que de lui faire jouer au jeu.

Le Bon

Yuu et son père adoptif

Un JRPG simple mais efficace

Une belle histoire dans tous les sens du terme

Pas difficile pour les néophytes du genre

Le Pas Bon

Des combats

partout

tout le temps

Les quêtes annexes qui ne sont en réalité que des quêtes Fedex

Oh encore des combats !

Les trop nombreux allers-retours

Murray

J'aime me prendre la tête, mais uniquement quand c'est dans un jeu vidéo. Sinon j'aime aussi la vie, mais ce n'est pas un amour réciproque.

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