Tour de vis sur les restrictions touchant les jeux vidéo en Chine

En juillet, Tencent déployait sa technologie de reconnaissant faciale « Midnight Patrol » pour lutter contre l’addiction au jeu vidéo chez les jeunes. Cette semaine, ce sont 213 entreprises du secteur du jeu vidéo basées en Chine qui ont annoncé qu’elles allaient suivre le modèle de Tencent et plus largement se conformer aux restrictions mises en place par le gouvernement.

Ces dernières semaines, sous couvert de lutter contre l’addiction aux jeux vidéo chez les jeunes, le gouvernement chinois a renforcé les restrictions relatives à l’utilisation des jeux par les moins de 18 ans. Le mois dernier, il a en effet annoncé que les moins de 18 ans seraient limités à trois heures de jeu vidéo par semaine, une heure chaque vendredi, samedi et dimanche et limité le montant de ce que les 16-18 ans peuvent dépenser à une cinquantaine d’euros par mois. Dans le même temps, une plateforme a été lancée, encourageant les utilisateurs à dénoncer les jeux qui ne se conforment pas aux demandes du gouvernement, notamment ceux qui ne demandent pas de s’enregistrer avec son vrai nom ou ne mettent pas en place de limites de temps ou dans les dépenses. Parallèlement, le gouvernement chinois a entamé une guerre contre les contenus LGBT+ et toute représentation masculine non conforme aux standards de virilité et de masculinité classique dans le secteur du divertissement.

Enfants jouant à un jeu vidéo

Tencent et NetEase ont notamment été priés de cesser de se concentrer uniquement sur les bénéfices et d’agir pour empêcher les jeunes de passer trop de temps sur les jeux vidéo, de surveiller de plus près leurs contenus et d’en retirer tout ce qui pourrait nourrir des tendances malsaines chez les jeunes (obscénité, violence, culte de l’argent, contenu queer) selon Xinhua, l’agence de presse officielle du gouvernement chinois. Suite à cette convocation, les actions des deux entreprises ont chuté de manière spectaculaire, leur faisant perdre un total combiné de 60 milliards de dollars.

Cette semaine, ce sont donc 213 entreprises du secteur basées en Chine, dont Tencent et NetEase qui ont dans un communiqué annoncé leur intention de se conformer aux restrictions mises en place par le gouvernement et d’utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les jeunes qui joueraient en dehors des périodes autorisées.

La Chine n’est pas connue pour son respect des minorités et de la liberté de sa population et ces nouvelles restrictions confirment la volonté du gouvernement d’accroitre son contrôle dans tous les domaines. Dans la mesure où la Chine est un large marché pour le jeu vidéo et que des entreprises comme Tencent possèdent des parts dans de nombreuses entreprises à l’extérieur du pays, on peut aussi se demander quelles seront les conséquences à moyen et long terme sur l’ensemble du secteur.

BatVador

Traductrice ascendante topiaire qui aime les city builders, les dystopies et les jeux avec des gens déprimés dedans.

Aucun commentaire

L'espace de commentaires est fermé