Les bonnes nouvelles de la semaine : la demoscene, Ikumi Nakamura, FIFA et des démos hantées

Alors, êtes-vous plutôt team Varan Direct/Castex Live à 18h ou Macron Surprise à 22h30 ? Si vous n’y trouvez pas votre compte, au bout d’un moment on ne peut plus rien faire pour vous les fines bouches. En attendant de découvrir le prochain département puni (mais toujours avec les écoles ouvertes), c’est l’heure de débloquer un porte-conteneurs des bonnes nouvelles. Aujourd’hui au menu : la demoscene reconnue par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel en Allemagne, Ikumi Nakamura nous donne de ses nouvelles, EA France met fin à sa collaboration avec Pierre Ménès et The Haunted PS1 a une nouvelle compilation à présenter.

La demoscene reconnue comme patrimoine culturel en Allemagne

La demoscene, c’est cette pratique alternative à la croisée de l’art et de l’informatique, et qui a vu naître un certain nombre d’artistes chiptune, d’animateurs·trices et de programmeurs·euses. Le mouvement prend ses racines dans la fin des années 70, quand les premiers cracks de jeux et programmes apparaissent, et que les pirates signent leur travail d’une petite animation. La pratique finit par se détacher peu à peu du piratage pour se concentrer sur l’aspect artistique et bricolage – les disquettes de l’époque n’ayant que très peu de place disponible, il s’agit de filouter pour réussir à faire entrer un maximum d’animation et de musique dans un minimum d’espace. La scène prend tellement d’ampleur que de nombreux évènements s’organisent autour de la pratique : les demoparties. Si la majorité n’ont pas survécu aux années 90 et se sont éteintes dans les années 2000, certaines subsistent, particulièrement en Allemagne (Evoke à Cologne, Revision à Saarbrücken) et plus généralement, en Europe (Assembly en Finlande, DreamHack en Suède, NOVA au Royaume-Uni).

Image de la demoscene ajoutée au patrimoine culturel allemand

C’est pour cette raison que la demoscene vient d’être ajoutée par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel allemand. Cette catégorie reconnait « l’importance subjective qu’a telle ou telle pratique pour la communauté qui la maintient en vie », et reconnaissait déjà la demoscene comme telle en Finlande l’année dernière. Les procédures ont été lancées pour que cette reconnaissance se fasse également dans d’autres pays européens, comme la France, la Suisse ou la Pologne. Si les autres pays suivent, la prochaine étape serait de faire reconnaître la demoscene au niveau international.

Des nouvelles d’Ikumi Nakamura

D’abord artiste sur Okami puis directrice artistique sur The Evil Within 1 et 2, Ikumi Nakamura avait été propulsée sur le devant de la scène en 2019, pour la présentation du nouveau Tango Gameworks à l’E3, GhostWire Tokyo, sur lequel elle était directrice de la création, et qui devrait sortir cette année sur PC et PS5. Son départ du studio en septembre 2019 en a donc surpris plus d’un, et les mois qui ont suivi l’ont vue déambuler de studio en studio, sans pour autant en rejoindre un seul. Elle revient maintenant sur cette période et les raisons de son départ, expliquant le burn out qui guettait et la volonté d’arrêter avant de se ruiner définitivement la santé – une décision probablement très compliquée à prendre, puisqu’il a fallu abandonner un projet qui lui tenait à cœur, mais judicieuse.

Son tour des structures terminé, Nakamura se lance maintenant dans la création de son propre studio, qu’elle souhaite international et surtout en parfaite parité. Bien que toujours portée sur l’horreur, elle dit cependant vouloir faire des jeux moins sérieux et plus portés sur l’humour noir. Alors vivement.

EA France met fin à sa collaboration avec Pierre Ménès

Vu les sorties homophobes, racistes et sexistes dont le bonhomme a fait preuve ces dernières années, il était grand temps qu’il se fasse lourder, d’autant que ses agressions sexuelles ne sont pas nouvelles et plutôt connues dans le milieu. Mais c’est acté : suite au documentaire Je ne suis pas une salope, je suis journaliste de Marie Portolano, aux séquences censurées de ce dernier qui ressortent, aux témoignages multiples et à sa défense gênante et nulle, EA France a annoncé mettre fin à sa collaboration avec Pierre Ménès pour FIFA 22 et les versions ultérieures. Ce dernier était jusqu’ici la voix du commentateur du jeu, et s’il ne sera pas retiré des précédents titres, le CM d’EA France précise tout de même qu’il est possible de mettre à jour les paramètres du jeu pour ne plus l’entendre – avouez juste que vous aviez la flemme d’embaucher quelqu’un d’autre. L’action est plutôt tardive, mais tout de même bienvenue, dans le sens où ne rien faire aurait été pire, n’est-ce pas Canal + ?

Une nouvelle fournée de Haunted PS1

Zali comme moi en parlons tout le temps, et pour cause, le collectif The Haunted PS1 est terriblement prolifique : cadavre exquis (C.H.A.I.N.), calendrier de l’Avent, compilation de démos, l’année 2020 aura été sérieusement marquée par la création de titres horrifiques à l’allure de jeux PS1. Le groupe revient avec le Haunted PS1 Demo Disc 2021, un beau bébé de 25 fausses démos. C’est toujours gratuit, toujours aussi malin, kitsch et horrifique et inspiré des classiques du genre, tout en ajoutant sa propre patte ou twist. Le demo disk reste cependant uniquement en dématérialisé (comme ne l’indique pas du tout son nom) par manque de moyens, d’éditeur et par volonté de ne pas se prendre la tête avec une répartition des revenus, tout comme il est exclusif à Windows : l’adapter aux autres systèmes triplerait la charge de travail d’une communauté qui en fournit déjà beaucoup. Merci à elles et eux, en tout cas, pour cet apport régulier et qualitatif de curiosités expérimentales.

*dab dab dabbity dab*

The Pixel Post est entré dans le classement de l’AFJV des 100 plus gros sites parlant de jeu vidéo. Bravo nous, merci vous <3

Bonus : Les bonnes nouvelles des bonnes nouvelles

Aujourd’hui c’est Francis, notre correcteur bien-aimé, qui nous recommande le recueil Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ? de Robert Sheckley. Il s’agit d’un recueil de nouvelles de SF, où un aspirateur tombe amoureux d’une jeune femme, où un extra-terrestre passe des vacances sur Terre, où les robots ont déjà du mal avec les mots de passe dans les années 60 et où l’on découvre si on est plutôt oignon ou carotte dans le grand pot-au-feu de la vie, par un des auteurs les plus drôles de la science-fiction.

Shift
Shift

Camélidé croisé touche de clavier et militant pro-MS Paint. J'aime les jeux indés à gros pixels, les platformers sadiques et les énigmes.

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