L’indé matin : Rubicon: A Conspiracy of Silence

C’est un nouveau lundi miteux qui se dessine, et pour ne pas céder à la morosité du début de semaine, l’indé matin met en lumière un jeu indépendant, tout juste ou bientôt sorti, qui nous a tapé dans l’œil. De quoi repartir du bon pied, avec curiosité en bandoulière et foi en l’humanité. Cris et chuchotements, ce matin, avec Rubicon : A Conspiracy of Silence.

Studio français qu’on a connu avec The Wanderer : Frankenstein’s Creature, qui revisitait avec moult couleurs le roman de Mary Shelley, La Belle Games continue son partenariat créatif avec le site Mediapart après l’organisation de Media Jam, game jam organisée à l’occasion des élections présidentielles françaises de 2016. Avec Rubicon, l’immersion au sein de problématiques politiques continue, cette fois du côté de la figure du lanceur d’alerte.

« Franchir le Rubicon », expression qu’on a découverte à l’occasion de la rédaction de cet article, renvoie à la prise d’une décision sur laquelle on ne peut revenir et qui aura des conséquences décisives. Employée par une multinationale, Paula Cole va se retrouver dans une situation similaire et, dans ses bottes, on sera amené à faire des choix qui influenceront le déroulé des investigations comme le partage d’informations dites confidentielles à des journalistes. Une thématique pour le moins actuelle, qui entend mettre en lumière le rôle des whistleblowers, ou lanceurs d’alerte, dans la circulation des pratiques opaques des plus puissantes entreprises.

Suite de conversations auxquelles on doit participer en choisissant nos réponses, la progression de Rubicon verra nos relations, professionnelles et personnelles, évoluer selon la situation dans laquelle on se retrouve, tendant vers une des huit fins atteignables. La Belle Games assure avoir basé le scénario sur un travail journalistique qui, affilié à Mediapart et l’aura de sérieux et d’engagement politique dont le site peut bénéficier, ainsi qu’à sa réputation d’empêcheur de tourner en rond des détenteurs du pouvoir, entend coller au plus près des problématiques qui entourent cette figure qu’on voudrait emprunte d’héroïsme démocratique. À l’heure des fake news et de la tentation du complot, voir Rubicon jouer sur le terrain de la « conspiration » peut interroger, mais cela aura au moins le mérite d’enclencher le débat, en attendant de découvrir plus avant ce que son scénario de thriller politique réserve.

Rubicon : A Conspirary of Silence est disponible sur PC et mobile depuis le 20 octobre.

Bonus. Et comme c’est dur de faire un choix excluant, on vous signale également les sorties de Bunhouse (19/10, PC), simulation de lapins jardiniers, Himno – The Silent Melody (20/10, PC), variante roguelite et action du platformer Himno, tout juste entré en accès anticipé, Kate : Collateral Damage (22/10, PC), qu’on a hésité à mentionner ici car il s’agit d’un jeu d’action dérivé du film sorti sur Netflix, mais c’est une occasion de se rappeler au bon souvenir de Ludic Studios, dont on attend le Wind Runners avec curiosité, Filthy Animals | Halloween Heist (22/10, PC), avant-goût gratuit et thématique d’un jeu multijoueur bordélique attendu pour 2022, Hourglass (22/10, PC), first person puzzle (FPP ?) où enregistrer ses actions permettra de déclencher des interrupteurs pour progresser, ou de Happenlance (23/10, PC), platformer basé sur la physique et le maniement d’une lance, qui se permet également une dimension compétitive, pour en finir avec cette semaine fort chargée en sorties indés.

Les prochains jours s’annoncent au contraire plutôt calmes, en tout cas si l’on en croit notre retour de pêche aux indés avec seulement trois titres : Bad End Theater (26/10, PC) comptera sur ses embranchements narratifs pour malmener ses personnages hauts en couleurs, Grotto (26/10, PC), nouveau projet secondaire de Brainwash Gang en attendant des nouvelles de Damnview, glisse vers l’ésotérique avec son devin interprète d’étoiles, quand Midnight Scenes : The Nanny (27/10, PC), nouvelle entrée dans la série concoctée par Octavi Navarro, se chargera d’animer votre soirée d’Halloween avec une histoire de baby-sitter qu’on devine cheloue et un pixel art toujours aussi soigné.

Une semaine « plutôt calme », c’est vite dit, comme le rappelle Zali dans ses miettes de l’actu, dont on retient particulièrement la sortie de Moonglow Bay, où l’on pratiquera la pêche en voxel au son des compositions de Lena Raine – Shift a déjà son casque sur les oreilles.

Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave. Possibilité de l'amadouer en lui parlant D&D (Dreyer et Digimon).

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