L’indé matin : Isolomus

C’est un nouveau lundi miteux qui se dessine, et pour ne pas céder à la morosité du début de semaine, l’indé matin met en lumière un jeu indépendant, tout juste ou bientôt sorti, qui nous a tapé dans l’œil. De quoi repartir du bon pied, avec curiosité en bandoulière et foi en l’humanité. Premiers pas dans l’univers visuel de Michael Rfdshir, ce matin, avec Isolomus.

Parmi les techniques d’animation traditionnelles dont le jeu vidéo a pu s’emparer, le stop motion n’est pas la plus courante. En 2019, Trüberbrook tentait un entre-deux partagé entre des décors « en dur » et ses personnages animés par ordinateur. Un peu plus éloignés de nous mais répondant toujours aux codes du point’n’click, Armikrog (2015) et Dominique Pamplemousse (2014, dont Shift nous rappelait au bon souvenir cet été) proposaient leurs propres aventures, à l’envie parsemées de carton et autres papiers découpés. Nouvelle entrée dans ce cercle restreint (si vous en connaissez d’autres, on prend les références avec plaisir), Isolomus se distingue par son univers abstrait et une approche a priori moins conventionnelle du jeu vidéo, marquant les débuts de Michael Rfdshir en tant que développeur.

Le créateur officiait jusqu’alors en tant que réalisateur et si, selon sa page itch.io, ses premiers essais avec le média remontent à 2016, tout semble s’être emballé l’an dernier avec sa participation à un Ludum Dare et la sortie de Wuroom. Première « expérience artistique interactive » née d’une collaboration, semble-t-il bien établie, avec son compère musicien Serge Bulat, Wurroom évoque la rencontre entre l’étrangeté des objets animés du réalisateur tchèque Jan Švankmajer et le monde végétal des productions Amanita Design (Samorost), le gameplay s’effaçant derrière la succession des scènes incongrues.

Plus sombre, Isolomus propose une suite de puzzles et scénettes encore un peu plus abstraites, devant ce fond noir angoissant, au son d’une musique minimaliste. Faits à la main, les personnages et éléments de décors du jeu sont créés en plasticine, une sorte de pâte à modeler très malléable et non durcissante. D’une durée de 15, 20 minutes, et avec deux fins s’il vous plaît, Isolomus ouvre la porte aux deux projets suivants de Rfdshir, dont l’ambitieux Ultra Strangeness, attendu courant 2021. Une manière à peu de frais (moins d’un euro) de découvrir une patte (huhu) bien à part.

Isolomus est disponible depuis le 4 décembre sur Steam.

Bonus. Et comme c’est dur de faire un choix excluant, on vous signale également la sortie d’A.R.M, pour Absolutely Reliable Machine, un curieux jeu d’action sans déplacements mais avec un gros exosquelette.

Seastrom
Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave. Possibilité de l'amadouer en lui parlant Dreyer et Digimon.

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