Activision Blizzard continue ses pratiques anti-syndicalistes

Peu de choses sont certaines en ce bas monde à part les impôts et la mort, selon Benjamin Franklin en tout cas, et la constance remarquable d’Activision Blizzard à mal se conduire, particulièrement en ce qui concerne les syndicats. La semaine dernière, Kalkul nous parlait de la volonté du service Q&A de Raven Software (un studio qui appartient à Activision Blizzard) de former un syndicat et le manque d’enthousiasme de la maison-mère face à cette nouvelle et cette histoire n’est malheureusement pas réglée.

Lundi, Jessica Gonzalez, membre de ABK Workers Alliance, a partagé sur Twitter un message envoyé en interne sur le slack de l’entreprise par le vice-président du service Q&A d’Activision. Dans ce message, Chris Arends, vice-président du service Quality Assurance entend répondre aux hypothétiques questions que se poseraient les employés sur la constitution d’un syndicat.

Message du VP Q&A d'Activison Blizzard

Si le message commence de façon plutôt inoffensive, le ton change assez vite lorsqu’il affirme que « Un syndicat n’aide pas à produire des jeux exceptionnels et le processus de négociation [avec les syndicats] est en général lent, réduit généralement la flexibilité, peut être conflictuel et conduire à une publicité négative. Tout cela pourrait amoindrir notre capacité à continuer à créer de bons jeux. » Il insiste sur le fait qu’un syndicat empêcherait les changements d’être faits rapidement et rappelle, bien entendu, que personne n’est obligé de voter aux élections des syndicats. Ce message s’apparente à une pratique largement répandue aux États-Unis, qu’on appelle l’Union Busting et qui consiste à utiliser toutes sortes de tactiques pour décourager la formation de syndicats au sein des entreprises (je vous conseille cette vidéo en anglais de John Oliver si le sujet vous intéresse).

À la lecture de ce message, il est plus qu’évident, une fois encore, que la direction d’Activision Blizzard ne pense qu’à des questions financières et pas du tout au bien-être de ses employés. Ce qui est dommage, car même dans une logique purement capitaliste, des employés qui se sentent bien et valorisés dans leur travail ont plus de chance de rester et de produire du bon travail que des employés harcelés en burn-out.

BatVador

Traductrice ascendante topiaire qui aime les city builders, les dystopies et les jeux avec des gens déprimés dedans.

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