Partie Rapide : LOVE – A Puzzle Box Filled with Stories et Crown Trick

Cette fois-ci dans Partie Rapide, Murray vous parle de LOVE – A Puzzle Box Filled with Stories, un puzzle game tout en sentiment, et Shift de Crown Trick, un roguelite de plus, mais pour une fois assez réussi et attachant.

LOVE – A Puzzle Box Filled with Stories

Le 24 août 2011 est sorti en France le film Un jour avec Anne Hathaway et Jim Sturgess. Je me souviens être allé le voir en pensant tomber devant une comédie romantique assez classique, un Quand Harry rencontre Sally (mais forcément en moins bien). Mais je dois reconnaitre que j’avais été surpris par un film qui m’avait obligé à retenir une larme. Je m’étais dit en sortant de la salle qu’il était réussi et allait me rester en mémoire. Et puis 9 ans sont passés et je viens de me rappeler de l’existence de ce film…

Mon cœur brisé façon puzzle

LOVE – A Puzzle Box Filled with Stories (qu’on va raccourcir en LOVE parce que je suis pas payé au mot… Je suis pas payé du tout d’ailleurs…) est, comme son nom l’indique, un puzzle game. Tout le jeu tourne (littéralement) autour d’un immeuble et de ses habitants dont il vous faudra découvrir les histoires. Pour cela vous bénéficiez de l’aide d’un album photo, du genre polaroid, dévoilant déjà quelques images du passé et du présent d’un habitant de l’immeuble. A vous de comprendre alors par quoi est passée cette personne que vous voyez dans le présent ou au contraire de voir ce qu’est devenue cette autre personne dont vous apercevez le passé.

Vous allez me dire « mais mon bon Murray, comment veux-tu faire cela ? Je ne dispose pas d’une Delorean volante ! » et vous avez bien raison. Heureusement pour compenser cette absence, le jeu vous propose un outil assez simple et très efficace puisque vous allez pouvoir tourner les différents étages de l’immeuble à la manière d’un rubik’s cube et ainsi vous balader entre passé et présent pour chacun des appartements et de ses habitants.

Image du jeu LOVE - A Puzzle Box Filled with Stories
A gauche en couleur le présent, à droite en noir et blanc le passé

Une fois cette mécanique comprise, libre à vous d’alterner entre passé et présent pour trouver les habitants que vous cherchez, les faire aller à certains endroits spécifiques de leur histoire et ainsi éclaircir les instants mystérieux (et importants) de leur vie. Oh il y a bien quelques objets à ramasser pour les utiliser à d’autres endroits mais sur les 2h du jeu (disons peut-être un peu moins si vous ne vous retrouvez pas bloqué bêtement comme moi) on compte ces interactions sur les doigts d’une main à 6 doigts.

Visuellement, on se retrouve avec un choix assez minimaliste dans le rendu des habitants, ces derniers étant surtout différenciables par un vêtement ou un accessoire. LOVE, au-delà de son idée assez intéressante de passage du passé au présent, reste un jeu au gameplay assez limité, Rocketship Park, studio à l’origine du jeu, préférant se concentrer sur les histoires de ses personnages. Et je dois reconnaitre qu’elles sont touchantes pour la plupart, tout particulièrement la première qui fait office de didacticiel, et à tel point que j’ai fait le jeu quasiment d’une traite tant je voulais connaitre les histoires des habitants de cet immeuble. J’ai fini LOVE en me disant qu’il me resterait en mémoire, que ces petits récits de vie allaient me marquer quelque temps et je suis parti me coucher. Le lendemain je l’avais presque oublié…

Image du jeu LOVE - A Puzzle Box Filled with Stories
Plus qu’à remplir l’album et retenir une larme

Love – A Puzzle Box Filled with Stories a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

LOVE n’est pas un mauvais jeu, loin de là. Le système de voyage dans le temps sur lequel il repose est bien pensé et les histoires qu’on découvre sont dans l’ensemble réussies. Mais peut-être aurait-il dû voir plus grand (pourquoi pas une rue complète ou même un carrefour avec plusieurs immeubles) pour qu’il soit plus qu’une simple courte parenthèse un peu trop vite oubliée. Cependant qu’il garde espoir, j’ai bien fini par me rappeler de l’existence du film Un Jour.

Crown Trick

Quand Crown Trick est arrivé dans mes MP, j’aurais préféré pouvoir continuer de jouer à Hades, quand il a fallu y jouer, j’aurais préféré être sur Ikenfell et maintenant qu’il faut écrire dessus, je préfèrerais retourner sur Disc Room. Le pire, dans tout ça, c’est que ce n’est même pas car Crown Trick est mauvais, ni même moyen, le titre de NEXT Studios est plutôt joli, agréable à manier, facile à appréhender et utilise correctement son double-statut de roguelite et tactical – ce qui est plutôt rare, en cette année de jeux médiocres et de clones ratés – , bref, Crown Trick fait tout bien comme il faut.

Au moins une couronne que Murray n’aura pas

Le titre reste d’ailleurs dans la lignée des autres productions du studio, qui explore des genres plutôt éloignés à chaque nouveau jeu, pour un résultat souvent sympa – du chouette plateformer Biped et sa coop de robots à l’intrigant Unheard et ses enquêtes basées sur des retranscriptions audios de scènes de crime – , et au pire, seulement un peu oubliables, mais parfaitement fonctionnels. Quel est donc le terrible crime commis par Crown Trick alors, pour que je lui préfère un autre roguelite et un autre tactical alors qu’il s’applique à tout exécuter correctement ? Pas d’horreurs à lui attribuer pourtant, pas d’aspects fondamentalement cassés, pas de gimmick agaçant, pas de propos limite, seulement deux petits détails.

Le premier c’est sa date de sortie, et pour le coup, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. En cette période de sorties particulièrement surchargées, balancer dans la mêlée un petit tactical indé face à des bulldozers comme Hades et Spelunky 2 me paraissait plutôt osé et à mon goût, Crown Trick se démarque encore moins que des titres comme Pendragon ou Going Under, qui se sont eux-mêmes un peu cassés les dents devant un catalogue Steam parfaitement bouché et un public monomaniaque – soyons honnêtes, qui a parlé d’autre chose que Hades en octobre à part les fans de Spelunky 2 et Murray ? Sérieusement les gars, votre jeu aurait eu bien plus de visibilité en sortant juste avant sur la période fin août/début septembre, ou juste après, pendant l’accalmie de novembre. Car tout le monde chez NEXT Studios devait être au courant, Crown Trick est certes réussi en tous points, mais il est quand même assez sage.

Crown Trick boss

Ce qui nous amène à la deuxième raison pour laquelle il m’est tombé constamment des mains alors que je n’avais pas le moindre reproche à lui faire : Crown Trick ne se distingue jamais, je n’ai pas eu la moindre surprise ou surplus d’enthousiasme en le parcourant, seulement cette sensation – certes agréable – d’être à la maison et d’avancer en terrain connu. Plus que connu le terrain, traversé en long, en large, en travers, à reculons, en twerkant. Ce déplacement de case en case, rythme mis à part, fait immédiatement penser à celui de Crypt of the NecroDancer, et ce jusqu’aux patterns des armes et des ennemis. Cette structure de roguelite est celle de tous les roguelites donjon-boss-mort-donjon, avec les améliorations permanentes achetables dans le hub de départ et bonus et armes temporaires au sein d’une partie. Même le système de téléportation sur la carte d’un étage me rappelle bien trop fortement celui d’Enter the Gungeon. On lui reconnaîtra bien une petite originalité dans le fait de récupérer les pouvoirs des mini-boss pourfendus, mais si sur le papier, l’idée est sympa, dans les faits ça n’apporte pas grand-chose, puisqu’on se retrouve à devoir en choisir un parmi trois tirés au sort, sans vraie possibilité de se construire un profil particulier.

Ainsi, Crown Trick s’avère plutôt chiche en synergies et combinaisons d’objets et pouvoirs pour un roguelite, les biomes ont beau différer d’une partie à l’autre – ainsi que les occupants qui viennent avec -, on finit par un peu tourner en rond et connaître par cœur chaque boss à force de parties. Et même si vaincre l’adversaire final une première fois ne sonne évidemment pas la fin du jeu – comme tout autre roguelite qui se respecte – et ajoute une petite dose d’épique à chaque nouveau palier de difficulté, le cœur du jeu ne s’envole jamais vraiment, ni ne voit ses mécaniques tant que ça se complexifier. Et en vrai : ce n’est pas grave. C’est bien, d’avoir des petits jeux sans grande prétention, mais suffisamment solides pour être agréables à jouer, sans grandes idées mais sans réel défaut non plus. Il serait malhonnête d’attendre de chaque jeu d’être un chef-d’œuvre qui redistribue les cartes de son genre, et, après cette série de clones honteux reçus pour TPP, je dois avouer qu’un clone réussi et avec une DA aussi jolie, c’est déjà agréable.

Crown Trick armes

Crown Trick a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

Crown Trick ne révolutionne rien et ne marquera pas le jeu vidéo, mais la seule raison pour laquelle j’ai dû me forcer à y jouer, c’est que j’avais plus accrocheur juste à côté, et que le pauvre n’avait pas les épaules pour rivaliser. Il n’empêche que je n’ai pas beaucoup plus à lui reprocher, et il va sans dire que je suivrai son évolution, le studio ayant l’air parti pour l’enrichir progressivement – un mode de difficulté supplémentaire est d’ailleurs déjà en approche – et j’ai hâte, au prochain moment d’accalmie vidéoludique, de pouvoir m’y replonger, volontairement cette fois.

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Murray

J'aime me prendre la tête, mais uniquement quand c'est dans un jeu vidéo. Sinon j'aime aussi la vie, mais ce n'est pas un amour réciproque.

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