My Time at Portia – Naissance d’une nouvelle série !

Ça fait maintenant un petit bout de temps que My Time at Portia était en early access sur Steam, avec l’annonce qu’avant l’hiver 2018, il serait opérationnel et porté sur la Switch. Passé un an et le rendez-vous manqué de 2018, nous y voilà enfin !

My Time at Portia, développé par Pathea Games et édité par Team17 Digital Ltd (qui détient aussi dans son catalogue le fameux Overcooked 2 de Ghost Town Games), est enfin fini (à un poil près) et sera disponible au printemps 2019 sur l’incontournable console Nintendo ! Ô joie ! Bon, et les autres consoles aussi, ça va quoi ! Oui, PS4, Xbox One. Oui. Ce jeu a su convaincre tout le monde, alors suivez-moi, que je vous fasse faire le tour du proprio et que vous compreniez pourquoi.

La Kawaï attitude

Une fois notre genre sexuel, notre coupe de cheveux, la couleur de notre peau, de nos yeux, et notre voix (oui ! Notre personnage parle !), et autres petits détails sympathiques choisis, nous embarquons à bord d’un petit bateau qui nous dépose sur l’île de Portia. Une lettre nous annonce la terrible raison de notre présence ici, et la formidable opportunité qu’il serait dommage de ne pas saisir. En effet, notre père est décédé, et ça, c’est triste. Mais il nous lègue, dans son infinie prévoyance, son atelier et son Da Vinci code, à savoir son carnet de schémas qui contient quelques plans de base d’équipements à construire pour se développer rapidement.

My Time At Portia création de personnage

Descendu au port pour l’occasion, le directeur de la Guilde du Commerce nous accueille, tout heureux, et nous balade sur un chemin de terre bucolique, entouré de champs de blés mûrs, profitant du bel air pour nous faire faire le tour de la ville. Il nous amène aussi devant un charmant atelier particulièrement délabré, qui est donc notre héritage, s’érodant patiemment juste devant les portes de la ville de Portia. Et là, l’initiation et l’aventure commencent.

Les couleurs pastels et la jolie musique d’ascenseur nous préviennent dès le départ : il n’y aura pas de violences sanguinolentes, ni d’horreurs insoutenables. Le jeu sera mignon, chronophage et addictif, ou ne le sera pas.

Ce n’est pas un Animal Crossing !

Par contre, que les choses soient claires : ce n’est pas un Animal Crossing. Je ne sais pas trop qui a eu l’idée saugrenue de dire ça, à moins que ça ne soit les développeurs eux-mêmes qui sont partis là-dessus au départ, mais le fait est que non, définitivement, nous ne jouons pas à cette jolie initiation au capitalisme qu’est Animal Crossing. Peut-être que c’était pour l’appel marketing du titre ?

Parce qu’ici, on est plutôt sur du… Enfin, si vous voulez vraiment faire des comparaisons, hein… Rune Factory, la version fantasy de Harvest Moon (d’ailleurs si vous n’avez pas joué au Rune Factory 4 sur 3DS, dépêchez-vous de l’acheter, ce jeu est une pépite malgré quelques défauts) mélangé à un Fantasy Life. Que je vous explique pourquoi.

My Time at Portia potager
Regarder son potager grandir… <3 RIEN A VOIR AVEC ANIMAL CROSSING ! (et j’adore cette licence aussi, hein !)

Dans My Time at Portia, on récolte des ressources, on fait son jardin, on construit son mobilier, on répare sa maison, on remplit des commandes pour des gens de la ville : on ne s’endette pas. On se lie d’amitié avec tout le monde (sauf quelques-uns…), on peut avoir une romance qui va nous apporter ou non des avantages, selon l’élu.e de notre cœur (ou de notre raison, hein) et on peut surveiller notre progression auprès de ces personnes. On gère son endurance, sa vie, son temps. On explore des donjons dans lesquels on va trouver des ressources spéciales, mais aussi des monstres à tuer. Tout comme dans Rune Factory. Et il y a un scénario.

Donc, très peu à voir avec Animal Crossing, sans métier, sans exploration (pour le moment). Ici, on n’apprend rien sur notre monde actuel (les animaux, les œuvres d’art, les fossiles), le but n’est pas de rembourser ses dettes, ni d’acheter à tout va pour aider les magasins du coin, ni de côtoyer des animaux anthropomorphes parfois envahissants. Ici, on s’immerge dans un futur tout mignon, plein de belles choses, un peu Mii, si on veut vraiment le rattacher à un univers Nintendo. Et dernière différence importante :  le jeu ne se déroule pas en temps réel.

Le temps est compté

My Time at Portia classement de guilde
Ouais, on commence tout en bas, et il faut détrôner Higgins…

Eh oui. Une journée à Portia ne dure qu’une demi-heure IRL ! Autant dire qu’il ne faut pas traîner tant il y a de choses à faire. Regarder si toutes nos machines ont transformé les ressources que nous souhaitions ou si elles manquent de carburant (et aller en rechercher si on n’en a plus), si notre potager a besoin de quelque chose, faire la popote qui donne des buffs, quelle commande de guilde nous allons remplir pour augmenter notre score et dépasser ce satané Higgins, notre pire ennemi, ou encore aller dans les ruines antiques pour pécho du matos. Et dans le tas, nous pouvons taper le carton avec un petit vieux au parc, jouer à pierre papier ciseaux avec n’importe qui, défier au combat rapproché n’importe qui aussi, pêcher, déglinguer les bestioles endémiques plutôt Lewis-carrollesques, construire un bus, ou rendre de menus services à la communauté.

Puis la nuit tombe, trois heures du matin arrivent, et boum ! On choit à la renverse et on se réveille dans notre lit, tout frais et dispo ou fraîche et dispo, selon votre genre sexuel, pour repartir à l’aventure du quotidien. Comme si de rien n’était. C’est peut-être dommage, d’ailleurs, ce point de détail : avoir une pénalité parce qu’on a mal géré son temps, ça pourrait être sympa. Tu forces trop sur ton perso ? Il se retrouve à l’hosto, et ça ne sera pas pour draguer le médecin ou l’infirmière… Mais bon, c’est une broutille. Ce qui est certain, c’est qu’une demi-heure pour une journée, c’est peu, et en même temps, c’est tout l’intérêt : la gestion des actions. Et là, chacun fera comme il l’entend, tant la liberté est totale.

My Time at Portia course dans les champs
Awwwwwwwwwww ! C’est trop mimiiiiiiii !

Une semaine passe, puis une autre… On va à des événements, on aide le Maire (oui, je tique un peu sur ce point : il y a UN maire, UN médecin, UN prêtre, UNE infirmière, UNE instit… Mais bon… la team des scientifiques est 100% féminine. Donc bon… Je ne fais pas de paragraphe sur la parité limite, vu qu’étant un personnage féminin, j’équilibre les choses), on se fait aussi pourrir la vie par des petits couillons qui ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts ou veulent me freiner dans ma progression (ils m’ont défoncé ma boite aux lettres, les bat****!!!)…

Le printemps s’échappe, l’été s’installe (attention aux graines que vous plantez !)… On remplit notre arbre de talents, cornélien quand on veut tout faire en même temps, on développe notre atelier, et on commence à comprendre dans quel monde évolue notre personnage. Post post-apocalyptique.

Portia ou la dangereuse leçon d’espoir

My Time at Portia - la jolie place du village
Je sais plus si je vous ai dit que c’était meugnon tout plein ?

Dans My Time at Portia, notre monde actuel, réel, s’est écroulé à cause de notre cupidité, de notre capacité à tout détruire pour nous enrichir, et il n’en reste que des ruines. Des humains ont malgré tout survécu, et durant les 300 ans au moins qui se sont écoulés, ils ont rebâti une nouvelle société, plus respectueuse de l’environnement, mais toujours à la recherche de technologies pour améliorer le quotidien.

Portia fait partie de l’alliance des Cités Libres. Et deux factions s’affrontent, grosso modo : les religieux pacifistes qui récupèrent les reliques que vous trouvez dans les ruines, en retirent l’essence pour développer de nouvelles technologies vertes (comprendre : des graines d’arbres chelous), puis détruisent les reliques pour que la deuxième faction ne puisse plus rien en tirer, à savoir, les scientifiques.

De leur côté, les scientifiques, eux, examinent les reliques, en retirent aussi des technologies, sauf qu’elles vous donnent les schémas pour que vous les construisiez pour la communauté, et ce n’est pas tellement écolo. Ça pourrait même devenir dangereux à la longue, parce que ça pourrait recréer une course effrénée à la technologie et à l’armement.

Le problème, c’est qu’il vous faudra utiliser les deux factions pour pouvoir avancer dans le jeu. Et puis, cet espoir fou que l’être humain ne puisse pas s’anéantir intégralement, qu’il puisse survivre, s’adapter à tout changement apocalyptique… C’est dangereux, parce que c’est un fol espoir qui empêche encore trop de personnes de se rendre compte que le fait d’exploiter notre monde à ce point va à l’encontre de notre survie. D’un autre côté, c’est quand même plus sympathique en terme d’immersion de croire qu’on peut survivre à tout, plutôt que le courant terrible de la SF des années 80-90, où le monde est horrible et dans lequel on va tous mourir parce qu’on est tous abominables.

My Time at Portia - chien perdu
RETROUVONS LE CORGI PERDU !

C’est vrai que le côté « tout est fini, on va tous muriiiiir » a une tendance à pousser les gens à s’autodétruire, alors que l’espoir apporte généralement la ténacité et l’énergie nécessaires pour vraiment s’enlever les doigts et réussir à se sortir du merdier dans lequel on est. Donc ! Peut-être que c’est bien, au final, de croire que tout va s’arranger. Que l’Humanité nous survivra. Comme dans Horizon Zero Dawn, au pire du pire. Mon côté optimiste trouve ça poétique et beau, et mon côté pessimiste, terriblement dangereux. Mais je préfère mon côté optimiste, donc : espérons que développer de plus en plus de fictions où nous survivons à tout nous pousse à nous bouger pour ne pas avoir à arriver à cette extrémité.

Le jeu a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur

Enfin, tout ça pour dire que My Time at Portia, c’est un jeu très prenant, vraiment mignon, et surtout, chronophage à mort. Un peu bac à sable, totalement RPG, un peu SF, un peu fantasy, un peu philosophique, avec des activités extrêmement variées, un scénario… Il y a ici tous les ingrédients pour que le jeu devienne une grande série si Pathea se développe de son côté et nettoie les dernières scories de ce titre. En tout cas, le succès est déjà au rendez-vous, et le sera encore plus une fois qu’il sera sorti sur toutes les consoles de salon (courant du printemps 2019 et en physique, s’il-vous-plait). Pour moi, nous sommes dans la relève de Rune Factory, que nous ne verrons plus, vu que le studio de développement a fermé ses portes en 2013 (tristesse infinie dans mon cœur). Je vais donc congratuler tout le monde, avec toutefois un carton rouge à cause de la polémique autour du délai de paiement de ses équipes de doubleurs et doubleuses signalée récemment. Le carton rouge, ce n’est pas parce qu’il y a eu polémique, hein. Il faut en parler, au contraire. C’est juste que tout travail mérite salaire, et ce n’est pas la Guilde du Commerce de My Time at Portia qui vous dira le contraire !

Le Bon

Trop mignon !

Grande variété de tâches (housing, sociabilisation, métiers, récolte, exploration...)

Des musiques ascenseurs qui n'énervent pas trop

Un scénario pour rythmer un peu la simulation de vie

Un personnage qui parle

Une prise en main facile

Récréatif, addictif, chronophage

Le Pas Bon

Il reste quelques traductions à faire

Peut s'avérer un peu répétitif par moment, mais comme tout jeu de simulation de vie

Des combats très simples

bob thebob
bob thebob

Mes parents ont trouvé ça drôle de m’appeler Bob, notre nom de famille étant Thebob. Ça vous en bouche un coin ? Moi pas. Pour une raison simple : je n'en ai pas, de coin. Du coup, même si je suis une femelle, je suis Bob. Et grâce aux jeux vidéo, je sais maintenant que la vie a un mode d'emploi, et que si un chat est assis dans un rai de lumière, c'est qu'il a forcément une quête à me proposer. Et ça, ça n'a pas de prix. Pour le reste...

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