E3 2017 : Un salon plutôt meh-trisé

Le pugilat annuel se termine dans l’arène du Convention Center et la poussière de l’E3 retombe doucement sur Los Angeles. Et pourtant, des huit conférences qui ont eu lieu cette année, il semblerait que les médias ne retiennent qu’une notion tiédasse : « meh ». Conférences très sages, absence de grosse surprise, manque d’émotion… Le calme a déclenché la tempête et c’est autant de commentaires dénigrants qui fusèrent sur le champ de bataille. Alors au moment de compter les victoires et de soigner les blessés, j’aimerais tenter de tempérer cet avis, de le rationaliser. En une idée : JPP du faste et du glamour.

 

Il est vrai que cet E3 2017 a été beaucoup plus sage que les années précédentes, c’est un fait que je ne renie pas. Mais est-ce vraiment un mal ? Regardons les faits de plus près. Dans l’ensemble, les conférences ont été plus courtes que les années précédentes. On a aussi eu droit à moins de babillage inutile sur scène à base de superlatifs plus ou moins bien mérités. Pour beaucoup les annonces étaient attendues et les quelques surprises restent à très long termes. Je ne renie pas ce constat, je vais juste tenter de l’ancrer dans le réel, de lui donner un sens.

Dans un premier temps, rappelons aux deux clampins qui ne s’en souviennent plus que l’E3 est un salon professionnel. Les conférences en sont un appendice, elles tendent à apporter un message aux joueurs au passage, tandis que l’essentiel n’est pas sur scène mais bien sur place. C’est un petit détail qui a son importance quand on se rend compte que le salon est maintenant devenu pour certains une simple « machine à hype », un show pour en prendre plein les mirettes et tant pis si on boit les paroles des responsables de com’ pourvu qu’il y ait l’ivresse. S’ensuit d’ailleurs une foultitude d’affaires de comparaison entre les visuels montrés fièrement à l’E3 et les gameplays finaux mi-figue mi-raisin. C’est un exercice dans lequel se complaisent les éditeurs les années de grosses annonces, en exemple la conférence Sony de l’année dernière qui a fait que j’ai dû appeler mon médecin pour lui demander conseils si l’érection dure plus d’une bonne semaine. Seulement voilà, cette année est loin d’être l’an de grâce 2016 et même si Microsoft s’en sort mieux en annonçant sa console Xbox One X mais sans parc de jeux vraiment frétillant et la Switch encore mieux puisqu’ils partaient d’un parc de jeu incluant un des meilleurs Zelda jamais sorti et une poignée de jeux très oubliables, quand on a passé une année à annoncer des jeux dont le développement est de deux ans, on se retrouve bien embêté quand on arrive au marqueur de l’entre-deux.

L’E3 2017 est avant tout une transition

Car c’est ça qu’il faut retenir de cette année 2017 pour comprendre la stratégie communicationnelle des trois comparses : c’est une année de transition. Microsoft attrape le train de la mi-gen en marche mais assez tard, il n’a plus de vrai concurrent en la PS4 pro qui s’est déjà bien vendue et qui est tellement loin en termes de gamme de prix qu’elles sont difficilement comparables sur le plan marketing. Sony arrive en milieu de vie de sa PS4 originale et est toujours en attente de fin de gestation de sa troisième vague de grands jeux pour 2018. Quant à lui, Nintendo continue son petit bonhomme de chemin avec sa Switch, sans vraiment créer la surprise puisqu’on a comme toujours droit à des redites des licences existantes et que la carte « orgasme dans le pantalon » avec Zelda : BotW a déjà été grillée.

Les conférences les plus plébiscitées étant d’ailleurs celles dont le rythme est différent. Ubisoft est lui dans une volonté de convaincre les investisseurs, pas toujours très gameurs, qu’ils sont un grand du jeu vidéo, en profitant pour se montrer aux cotés de Nintendo. En gros, un gros doigt d’honneur à Bolloré qui est toujours en train de toquer à la porte en bavant. Devolver a lui choisit le What the Fuck total pour faire passer un message cynique mais frais sur le marketing de salon. On aime ou on n’aime pas mais on a senti une énergie et un courage assez inédit. De son côté Bethesda a préféré comme toujours une vision à court termes des projets en cours, avec des annonces qui ne vont pas plus loin que la fin d’année. Et bien sûr, un peu à part, on retrouve le PC Gaming show qui continue sa recette très sobre bien que boudée, où les jeux et les dév se succèdent sur scène dans un flegme presque britannique.

Ne râlons pas trop quand même, l’E3 2017 nous a donné ce moment…


Alors si cette année est une transition, est ce que ça vaut bien la peine de faire dans le faste, le glamour, et le superlatif ? Est-ce que les joueurs sont si peu sûrs de leur passion qu’il faille qu’une fois l’an un monsieur du service communication doive monter sur scène pour leur crier que le jeu vidéo c’est bien ? Au contraire, moi je suis ravi que les éditeurs se soient assagis et qu’on ait eu le droit à des conférences qui vont droit au but, bien maîtrisées (exception faite des problèmes techniques de la conférence Sony), et qui ont le mérite de parler du sujet principal : les jeux vidéo.

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Chibi

Je me suis perdu dans le trou béant et sombre de l’internet, puis j’ai vu de la lumière et je suis rentré. Et maintenant je suis là, et je vous parle. La technologie est formidable, n’est-ce pas ?

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