L’indé matin : une sélection d’indés de l’été

C’est le premier lundi miteux de ce mois de septembre 2021 qui se dessine et l’équipe de TPP reprend le rythme hebdomadaire des sorties de news ! Pour ne pas céder à la morosité de la rentrée, l’indé matin ouvre le bal mais reste les pieds dans l’eau et les moustiques près des oreilles en mettant en lumière 15 jeux indépendants sortis cet été qui nous ont tapés dans l’œil. De quoi repartir du bon pied, curiosité blabla… vous connaissez la formule, rendez-vous la semaine prochaine pour savoir si je me suis décidé à la changer ou non. Sur ce, c’est tipar, les canards – ça, en revanche, ça restera pas alors profitez-en.

Plutôt que de se cantonner au calendrier, on a préféré grouper gaiement les jeux en ensembles thématiques et pas plus pertinents qu’une simple envie d’associations colorées. De couleurs et de douceurs, c’est ce dont il est question avec cette première sélection, qu’inaugure à propos Existensis (Steam et itch.io, 19 juillet). Jeu de plateformes sans ennemis, on y explore les routes dessinées et bariolées d’Eré à la recherche d’inspiration afin de créer l’œuvre phare de notre personnage, connu par ces latitudes sous le nom du Maire. Les choix faits au fil de nos discussions avec les personnages secondaires tous plus classes les uns que les autres nous mèneront à différentes fins. C’est le second jeu d’Ozzie Sneddon, seul à la barre du développement, alors que le premier, The Müll Littoral, sorti en 2017, vient tout juste de rejoindre les étals de Steam.

Dans un style plus terre-à-terre toutefois confronté à des fonds unis très pop art, The Ramp (PC, 03 août) met à notre disposition quatre configurations de skatepark, afin d’y évoluer à notre bon vouloir, sans but autre que d’enchaîner tranquillement les figures. « Que du flow, rien d’autre », nous promet-on, et comme ça on a envie d’y croire. Autre expérience de poche, Hellblusser (PC, 10 août) est le nouveau jeu étiqueté de la marque du Sokpop Collective. Le groupe de développeurs s’est mis en tête de sortir un jeu par mois depuis 2017, multipliant les idées simples et graphismes mignons. Ils revisitent cette fois le roguelite/dungeon crawler à la 1e personne, dans un style naïf qui ne dépareillerait pas aux côtés des confections Paint de notre Shift bien-aimé. No Longer Home (tous les stores PC depuis le 30 juillet, sortie prévue en octobre sur Switch et Xbox) sonne lui plutôt la fin de l’innocence, en suivant l’entrée dans la vie adulte de deux étudiants colocataires. La dernière sortie de l’éditeur Fellow Travellers construit de petits dioramas à explorer façon point’n’click, et ses graphismes aux couleurs pastel semblent aller à merveille à cette période de transition flottante dépeinte ici, on s’en doute, avec tact.

Dernière entrée de cette catégorie Beaux-Arts, Cuccchi (partout, 30 juillet) est peut-être le plus abstrait des jeux cités aujourd’hui, en ce qu’il nous plonge littéralement au cœur des œuvres d’Enzo Cucchi. On y parcourt sept niveaux inspirés des travaux du peintre italien, flânant à l’intérieur de labyrinthes, d’une ambiance à une autre. Les collectibles ramassés en chemin débloquent dans une galerie les toiles qui ont servi d’inspiration à la construction des niveaux. L’occasion de toucher à un drôle d’objet qui met à l’épreuve les définitions qu’on a du jeu vidéo.

Changement d’ambiance radical avec Intravenous (PC, 26 juillet), shooter à tendance infiltration développé lui aussi par une seule personne. Roman Glebenkov tente ici de réanimer l’esprit de la série Splinter Cell, mais opte pour une vue du dessus, un avantage tactique utile aux joueurs et joueuses qui se frotteront à son challenge. Une proposition qui emporte un franc succès et devrait se voir prochainement ajouter un éditeur de map. De son côté, Anew : The Distant Light (PC, 09 août) a un peu de mal à décoller après son entrée en accès anticipé, et ce malgré l’exposition qu’il avait eue en juin dernier (je n’ose pas dire à l’E3, aucune envie de chercher si le showcase en faisait partie). Les premiers retours indiquent que le studio Resonator a encore du pain sur la planche, mais l’ambition dont il fait preuve avec ce jeu d’exploration spatiale et shooter en 2D saura survivre d’ici à sa sortie définitive.

Pour terminer ce segment « piou piou les pistolets », retour à un titre fortement référencé avec Vomitoreum (PC, 30 juillet). À la fois FPS et metroidvania, le jeu de Scumhead nous fait découvrir le nom de Zdzisław Beksiński, artiste polonais dont il entend s’inspirer pour son atmosphère cauchemardesque. Les rencontres ne déboucheront pas, malgré ce qu’on pourrait croire, sur un déversement continu de balles et d’ennemis, étant plutôt pensées comme des duels « minimalistes ». Restent tout de même les chevaux décharnés, les soldats armés de lance-flammes et un monstre-pénis décapité (?) pour compenser.

Enchaînons avec trois jeux qui nécessitent a priori un peu de jugeote, dans des genres bien différents. Stellar Warfare (PC, 4 août) n’est pas la déclinaison cosmique d’une célèbre série de FPS, mais un RTS qui vient de débuter son accès anticipé. Il a la particularité (ce n’est peut-être pas rare du tout mais je ne connais rien au genre) de proposer des déplacements en 3D pour ses vaisseaux et entend être aussi accessible pour les débutants que profond pour les habitué·es, en solo comme en multi. On a déjà entendu ça ailleurs, il faudra attendre de voir ce qu’il en est, mais d’un point de vue de non-initié, on retiendra déjà une chose : c’est assez joli – pour des analyses un rien plus poussées, c’est à Tritri qu’il faudra s’adresser.

Retour sur le plancher des vaches avec The Magister (PC/Switch, 02 septembre), drôle de proposition de RPG mêlé à un jeu d’enquête, par Nerdbook Productions. Meurtres et autres « mystères » générés aléatoirement demanderont de récolter des témoignages et de trouver le coupable, en gérant du mieux possible les élans violents de nos interlocuteurs. Si les échanges cordiaux dérapent, on pourra toujours en venir aux mains, au creux desquelles se trouvent des cartes. Eh oui, comme tant d’autres à cette heure, The Magister pratique l’art du deckbuilding. Un système dense, donc, peut-être un peu trop mais assez intriguant. Des intrigues, Ambition : A Minuet in Power (PC, 18 août) devrait en disposer à foison avec son pitch inattendu. Le 18e siècle, on ne va pas se le cacher, fut quelque peu agité à Paris et à maintes reprises, le couperet comme les têtes sont tombés. Dans les chausses d’une femme décidée à finir du « bon côté de la guillotine », comme le tourne joliment la description du jeu, il faudra choisir avec attention l’élu de son cœur – noble ou non – , dans ce qui s’apparente à un simulateur de drague en perruque haute. Le character design n’est pas pour nous séduire mais à quoi bon s’attacher aux apparences si c’est pour terminer la face au fond d’un seau ?

Dernière partie de cet indé matin exceptionnellement dense, où on va se pencher sur quelques titres tournés vers le jeu en multi. Avec Toodee and Topdee (PC, 4 août), on n’y est pas encore tout à fait car ce jeu de plateforme se pratique tout seul, avec une option coopérative. Le principe parait vraiment cool : sur le même écran, un personnage évolue vu de côté, l’autre vu du dessus, et il faut alterner entre les deux pour se créer un chemin. Le tout se complique bien vite avec des téléporteurs, des ennemis actifs sur les deux plans et des boss. J’ai assez hâte de m’y essayer, en espérant que les puzzles soient accessibles à mon cerveau engourdi. Tout juste sorti, Guts and Goals (PC, 31 août) n’en demande semble-t-il pas tant. Nouvel exercice de détournement sportif, c’est un mélange entre le football et le baseball qui se pratique ici, avec un penchant pour les coups de battes perdus qui disruptent le concept de sourire chez l’adversaire. Un joyeux bordel apparent, aux personnages dotés de capacités originales et une poignée de modes de jeux variés, qui devrait faire son petit effet en soirée.

Petit détour par la case Cocorico avec la sortie des versions consoles de Pile Up! Box by Box (sorti sur PC en mars dernier) du studio angoumoisins Seed by Seed. Dans cet autre jeu de plateforme, qui se pratique jusqu’à 4, il s’agit d’empiler les petites boites de carton incarnées pour se créer des chemins et activer des interrupteurs. C’est très coloré et ça a l’air mignon comme tout, pourquoi se priver ? On termine cette sélection estivale par un avant-goût d’Halloween avec SPOOKWARE (PC, 26 août). Devançant de quelques semaines le nouveau WarioWare, le titre de BEESWAX GAMES (que de majuscules) revisite la plâtrée de mini-jeux crétins à l’aune des lieux communs du genre horrifique. Il se paie en plus le luxe d’avoir une jolie trogne et, vu la thématique et nos protagonistes, on est en droit d’attendre notre dose de jeux de mots à base de squelettes – et une pensée au passage pour le chouette Osteoblasts.

Avec tout ça, si vous n’êtes pas rhabillés pour l’automne, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Pas de bonus cette fois-ci, mais on reprend les bonnes habitudes la semaine prochaine. En attendant, n’hésitez pas à passer une tête sur notre chaîne Twitch le lundi aux alentours de 12h : j’ai entendu dire que Zali commençait une série de streams dédiés aux jeux indépendants. Mais il a préféré l’appeler Indie Midi et pas Indé Midi, donc pas sûr que ça soit si intéressant que ça (si).

Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave. Possibilité de l'amadouer en lui parlant D&D (Dreyer et Digimon).

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