De multiples accusations d’abus sexuels et de harcèlement affluent dans l’industrie vidéoludique

Chez The Pixel Post, Zali s’occupe des miettes de l’actualité, Shift des bonnes nouvelles, Jok des chiffres et moi, j’ai l’impression de rapporter ce qui se fait de pire dans l’industrie vidéoludique. Bref, cette semaine on va parler des multiples accusations d’abus sexuels, de harcèlement, et de discrimination.

Depuis la semaine dernière les call-out s’enchaînent, libérant la parole des victimes et s’attaquant même aux gros poissons du milieu. Ainsi, Omeed Dariani, le maintenant ex-directeur général de Online Performers Group, se retrouve sur le carreau suite aux accusations de Molly Ayala, community development lead d’Overwatch et ancienne streameuse. Dans son post, la jeune femme raconte le chantage à peine dissimulé, menaçant les jeunes streameuses d’être blacklistées si elles ne répondaient pas favorablement aux avances qu’on leur faisait. Même si plusieurs gros clients d’OPG ont d’ores et déjà arrêté de travailler avec le groupe suite à cette affaire, les streamers et streameuses moins connu.es n’ont pas forcément l’opportunité de faire de même, et de mettre fin à leur contrat, ayant des situations parfois précaires.

Ubisoft n’est pas en reste après qu’une ancienne employée ait accusé Andrien Gbinigie, le responsable marketing d’Ubisoft Toronto, de manipulation, d’abus émotionnel et de viol. Dans la foulée, le directeur artistique d’Assassin’s Creed Valhalla, Ashraf Ismail, a annoncé sa démission suite à des accusations publiques d’affaires extra-conjugales et de manipulation.

Gus
Pour vous aider à supporter cet article, une photo de Gus le chien.

Heureusement, ces accusations font parfois bouger les choses. Par exemple, Techland, Gato Studio, et Hardsuit Labs se sont rapidement désolidarisés de Chris Avellone, accusé d’avoir un comportement de prédateur sexuel depuis une dizaine d’années par plusieurs femmes, assurant qu’ils ne travailleraient plus avec lui. De même, Wizards of the Coast, l’éditeur du jeu de cartes Magic : The Gathering, ne fera plus appel aux services de Noah Bradley, artiste principalement connu pour son travail sur les cartes, après de nombreuses accusations de harcèlement sur des femmes beaucoup plus jeunes que lui. Twitch, de son côté, s’est fendu d’un communiqué pour annoncer que toutes les accusations de harcèlement et d’abus sur sa plateforme ont bien été prises en compte, et que chaque cas sera examiné le plus rapidement possible. L’entreprise affirme aussi qu’elle œuvre pour offrir un environnement safe à ses utilisateurs et utilisatrices. Reste à voir si toutes les personnes mises en cause auront à répondre de leurs actes ou si, comme c’est souvent le cas dans d’autres milieux, les affaires se tasseront.

Petit bonus : Alors que Riot Games est toujours dans la tourmente suite à une plainte déposée en novembre 2018 par plusieurs anciennes employées pour une affaire de sexisme avérée, Ron Johnson, un des cadres de l’entreprise, a été viré suite à un post Facebook un tantinet raciste après la mort de George Floyd. Comme quoi, ils n’ont pas encore bien fait le ménage dans leurs équipes.

La liste est très longue mais je m’arrête ici pour aujourd’hui, je vais aller prendre une bonne douche pour lutter contre cette odeur de déchets qui reste lorsque je vois les dizaines de commentaires sexistes et violents sur le chat d’une streameuse.

Kalkulmatriciel
Kalkulmatriciel

Cc c Kalkul. J'adore parler à tous les PNJ, mettre des mandales et saboter les coop.

1 commentaire
  1. Aussi malfaisant que soit ce sujet, il est nécessaire d’en parler au même titre que le crunch et les conditions de travail dans le JV. C’est pareil pour les accusations (et condamnations) concernant Quantic Dreams. Plus on en parle, plus la situation va s’assainir. Il faut juste essayer d’éviter d’en arriver encore au cas Alec Holowka, le dev de Night in the woods, qui s’était suicidé à la suite de plusieurs accusations d’agressions sexuelles.