The Church in the Darkness : mon GOTY chelou parmi d’autres

Je vous avais parlé ici de The Church in the Darkness, un petit jeu sorti de nulle part, que personne n’attendait même ici à la rédac, et dont beaucoup se sont méfiés au premier coup d’œil d’ailleurs. Je n’ai pas trop joué à des jeux de 2019, la faute à mon manque de moyens personnels, donc je profite de cette tribune proche de Noël pour vous parler de jeux auxquels j’ai pu toucher, qui m’ont plu, et qui ne sont pas forcément très connus. Me voici donc avec un jeu dont le sujet est pour le moins explosif mais qui réussit à rester juste.

Je vais essayer de pas me répéter par rapport à la partie rapide que j’avais écrite avec mon bon Zali, donc je vais assumer que vous avez lu la critique précédente. Pour ceux qui ont la flemme, le jeu vous fait incarner un personnage qui doit aller prendre des nouvelles de son neveu qui a été embrigadé dans une secte basée en Amérique du Sud.

Alors pourquoi un jeu si modeste, et au final un peu oubliable en termes de gameplay finit dans mes jeux préférés de cette année ? Ma réponse instinctive serait parce qu’il est maitrisé. On ne peut pas parler d’un évènement qui a fait tellement de morts et que seul le 11 Septembre surpasse en termes de nombre de victimes états-uniennes civiles, sans risquer de se prendre les pieds dans le tapis. Même si pour nous en tant qu’européens, il ne s’agit que d’une histoire tragique arrivée loin de chez nous, je veux bien croire que pour un habitant des USA, on touche à un sujet on ne peut plus sensible. Et en rejouant à ce jeu pour écrire cette recommandation, je me suis rendu compte à quel point il sait être juste et lucide sur son sujet.

The church in the Darkness texte
Un petit peu de background qui permet de bien poser l’ambiance

The Church in the Darkness ne se contente pas de blâmer l’extrémisme religieux de la secte, mais il essaie de chercher les raisons de cette tragédie un peu de tous les côtés : le racisme des années 70, l’homophobie, la brutalité du capitalisme, le mal-être de simples gens à qui on a promis l’harmonie et la liberté et qui ont vécu la guerre du Vietnam sans comprendre pourquoi. Le plus gros tour de force du jeu est que, selon notre manière de jouer, on peut valider parfaitement les thèses des gourous de la secte. Tout au long de notre infiltration, des messages audio se font entendre pour dire à quel point les USA sont brutaux et risquent d’envoyer quelqu’un pour tous les réduire au silence malgré leur pacifisme. Et si on choisit d’accomplir notre objectif en abattant tous nos obstacles, au fond, on donne raison aux leaders. Au contraire, choisir d’être pacifiste pourra faire en sorte de changer l’opinion qu’ont certains PNJ sur nous et pourra poser un problème aux chefs, qui selon leur personnalité pourraient choisir de nous faire disparaitre discrètement.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été touché par la justesse du propos de ce petit jeu. Alors que je m’en méfiais comme rarement ça m’arrive avant de tester un jeu, il a réussi à me faire comprendre son propos facilement, sans trop de possibilité de mésinterprétation. De plus, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas fait un jeu d’infiltration (genre que j’apprécie beaucoup), et le gameplay simple, efficace et la rejouabilité induite par le système de personnalité du couple de leaders m’ont gardé accroché un certain temps. Sincèrement, même si ce n’est pas le meilleur jeu de l’univers, je pense qu’il vaut le coup qu’on s’y intéresse un minimum.

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Un Rieur

J'aime tous les jeux, surtout les jeux un peu nazes ou cassés. C'est pas parce que c'est nul que c'est pas bon, et puis j'aime aussi la bouffe, et le JDR

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