Dans le Backlog de TPP, les rédactrices et rédacteurs du site dépoussièrent leurs bibliothèques virtuelles et viennent vous parler tous les mois de jeux, récents ou anciens, enfin sortis de leurs backlogs et qui les ont séduits. En ce mois de mars, Shift a combattu les chauves-souris de Tails of Iron 2, Tritri a semé le chaos dans les USA de 1899 dans Red Dead Redemption 2, et Zali s'est encanaillé dans l'Amérique de la Prohibition avec Mafia: Definitive Edition.
Shift : Tails of Iron 2
Si je voulais être vraiment de mauvaise foi, je dirais que j’ai passé un bien mauvais moment sur le premier Tails of Iron. Avec un peu plus d’honnêteté, j’admettrais qu’y jouer directement dans la difficulté la plus élevée était une idée stupide, et que ça a ruiné ma partie. Ceci étant dit, j’avais, même dans ces conditions désastreuses, perçu un certain nombre de qualités dans le titre de Odd Bug, suffisamment en tout cas pour me lancer dans le deuxième opus dès sa sortie. Et bien m’en a pris : c’est globalement comme le premier, en plus confortable. On y retrouve le même très chouette système de combat, enrichi pour l’occasion de pouvoirs élémentaires, mais surtout son atmosphère de dark fantasy animalière, encore plus sombre dans ce nouvel épisode.

La structure du scénario est peu ou prou la même qu’avant (à la différence bienvenue qu’il n’est plus obligatoire de faire des quêtes qui étaient très peu annexes dans le premier), mais l’aventure apporte encore plus de variété au bestiaire et aux environnements visités et encore plus de désespoir et de tragédie dans le destin de ces petits rats qui ne demandaient qu’à vivre peinards dans leur château. Alors certes, c’est toujours un peu clunky du côté de certaines hitboxes, il y a toujours un poil trop d’allers-retours à faire, l’interface est toujours aussi nulle et le système de soin est toujours aussi ridicule, et je crains qu’à ce stade, ça ne reste dans l’ADN de la série. Ça n’est pour autant pas rédhibitoire, et son côté légèrement bancal lui confère même un certain charme, comme si ce côté rugueux et vaguement inhospitalier faisait partie du package de ce récit sombre et torturé.
D’autant qu’à côté, le jeu a aussi pas mal de moments de légèreté, dans ses quêtes annexes, avec ses dialogues en shitty flute, ses chauves-souris qui jouent de la guitare électrique en arrière-plan de certains affrontements, et voit l’ambiance s’éclaircir dans le dernier tiers de l’histoire, tandis que notre petit rat Arlo devient de plus en plus puissant, que le système de combat nous rentre dans les doigts et qu’on ne fait qu’une bouchée de certains boss. Jusqu’à ce boss rush final qui vient nous rappeler qu’on est aussi là pour prendre des raclées. Tails of Iron restera probablement une série mineure et un peu bancale dans le genre du Souls-like 2D, mais je dois admettre que ce second épisode a très agréablement occupé mes matinées de février et mars, et que je rempilerais avec plaisir pour un troisième opus.
Tritri : Red Dead Redemption 2
Je ne suis pas fan de Rockstar. Alors attention : je reconnais que leurs jeux sont maîtrisés de bout en bout et qu'ils sont les maîtres incontestés d'un certain open world "à l'ancienne". Mais voilà, depuis Grand Theft Auto V, leur ton ironico-bête est très lassant. C'est pour cela que je ne m'étais pas intéressé à Red Dead Redemption 2 lors de sa sortie sur PC en 2019. Mais il était en solde sur Steam ce mois-ci et j'avais une forte envie d'un long open world, et vu que quand même tout le monde s'est accordé à dire que c'était un chef-d'œuvre, je me suis dit qu'il fallait bien tenter, ne serait-ce que pour ma culture personnelle, et au pire ça ne me plairait pas et ça ne m'aurait coûté que quelques euros. Bien m'en a pris, car après une quarantaine d'heures, et alors que j'approche de la fin, Red Dead Redemption 2 est devenu un de mes jeux préférés, malgré certaines décisions irritantes et incompréhensibles.
Nous sommes en 1899. L'Ouest sauvage n'est plus si sauvage et les hors-la-loi deviennent peu à peu des monstres du passé. La civilisation et le gouvernement fédéral se rapprochent de plus en plus. C'est dans une situation compliquée que nous retrouvons le gang Van der Linde, coincé dans les montagnes, poursuivi par l'agence de détectives Pinkerton, après avoir fui en urgence un braquage qui a mal tourné. Dutch, notre leader, assure avoir un plan et que tout va bien se passer. Vous incarnez Arthur Morgan, plus ou moins son fils adoptif (même si rien d'officiel, bien évidemment). Vous connaissez probablement le concept de Rise and Fall dans les films de gangsters : le protagoniste commence tout en bas, monte, devient un criminel de haut vol, avant que tout s'effondre. Red Dead Redemption 2, c'est du fall and fall harder. Et on arrive au point qui m'a fait tomber amoureux de ce jeu : le ton est sérieux. Attention hein, on a une galerie de personnages hauts en couleur, il y a le ton ironique propre à Rockstar, et on rigole parfois franchement. Mais à côté de ça, ce que veut raconter le jeu, c'est la chute inexorable d'un groupe de hors-la-loi hors du temps, inadaptés à ce XXe siècle qui approche, totalement dépassés et dont l'heure de gloire est révolue. Red Dead Redemption 2 vous raconte une tragédie, et arrivé au pivot central du jeu, vous commencerez à avoir assez régulièrement le cœur noué, du moins cela me l'a fait.
Je passe rapidement sur le gameplay, tout a déjà été dit sur l'ergonomie discutable du jeu, et le fait que les touches sont incohérentes et peuvent provoquer des accidents hilarants. C'est vrai, oui occasionnellement, j'ai frappé mon cheval plutôt que le calmer (car même sur clavier, frapper c'est F et calmer c'est G), oui les systèmes de simulation sont tout juste assez présents pour être irritants, mais pas assez importants pour être amusants. La structure des missions est souvent répétitive, proposant rarement autre chose qu'aller voir A, aller avec lui vers B, tirer sur des vagues de méchants, repartir. Mais ce n'est pas grave. Car à côté de ça, Red Dead Redemption 2 propose une fresque tragique que peu de jeux réussissent à gérer, tout en représentant les USA d'une manière lucide et sans compromis, mais également sans l'ironie lourde qui dilue le message des Grand Theft Auto.
Zali : Mafia Definitive Edition
Une de mes bonnes résolutions d'il y a un ou deux ans, c'était de faire en sorte que tous mes abonnements numériques soient utilisés et rentabilisés. Quitte à le mettre dans mon calendrier personnel à échéance régulière. Je me réserve ainsi des sessions "fond de catalogue du PlayStation Plus", histoire que cet abonnement ne me serve pas qu'à récupérer trois jeux mid-tiers en début de mois pour ma bibliothèque PS5. Et vous savez quoi ? J'ai bien raison de faire ça, parce que même s'il est moins médiatisé que le Game Pass de Microsoft, le PS Plus contient une pelletée de classiques (des AAA comme des indés) loin d'être déshonorante. Bref : bien que pas très familier de la série des Mafia, je me suis dit que mes pauses déjeuner étaient l'occasion d'y passer quelques heures. J'ai lancé le Mafia: Definitive Edition de 2020, remake d'un classique du GTA-like de 2002, et j'ai eu raison, car j'ai passé un très chouette moment.

Mafia premier du nom n'est, en fait, pas un GTA-like du tout. Il en reprend 100% de la grammaire (les caisses à piquer, la grande ville modélisée en entier, les objectifs sur la mini map, les fusillades, les radios...), mais son déroulé s'en écarte complètement. Oubliez les événements aléatoires et les missions annexes à gogo, ici il n'y a STRICTEMENT rien d'autre à faire que la vingtaine de missions principales. Non pas que la ville soit vide : elle fourmille au contraire de vie et de détails, reproduisant à merveille l'ambiance des films américains représentant la violence et le bouillonnement de l'ère de la Prohibition. Mais en tant que personnage, vous n'avez qu'une chose à y accomplir, à savoir suivre les missions, dans l'ordre chronologique.
Une approche loin d'être barbante : le peu que fait Mafia, il le fait plutôt bien. Les chapitres sont variés, allant du braquage à l'infiltration en passant par l'escorte de personnage ou encore la bonne vieille course-poursuite. Et si le scénario (un très classique Rise and Fall mafieux) accuse parfois son âge à coup de poncifs un peu naïfs et que sa conclusion est précipitée de manière presque comique, il tient tout de même franchement la route. Bref, pas du tout une expérience inoubliable, mais simplement un bon moment passé à combler ce gros trou dans ma culture vidéoludique.
Retrouvez nos avis sur d'autres jeux du mois de mars







Shift
Camélidé croisé touche de clavier et militant pro-MS Paint. J'aime les jeux indés à gros pixels, les platformers sadiques et les énigmes.
follow me :
Articles similaires
Le Backlog de TPP : chaos, draugars et fondations
mars 06, 2025
À la compo' : Miki Higashino
mars 06, 2025
Le Backlog Musical Vol.2 : Du froid, des avions et du cinéma
févr. 11, 2025