Calendrier de l’Après – Visage, l’horreur en pleine face

En janvier, The Pixel Post fait son Calendrier de l’Après ! Chaque jour, retrouvez un jeu sorti en 2020 que nous avons adoré mais qui n’a pas tout à fait eu l’écho que nous espérions. Aujourd’hui, Elitchu vous parle de Visage, un jeu d’horreur à la première personne développé par le studio québécois SadSquare.  

Octobre 2020 aura gâté les fans du genre horreur : sorti en fin d’année de son early access peu de temps après Amnesia Rebirth, Visage saura glacer le sang des joueurs regrettant l’annulation de Silent Hill P.T.
Si vous êtes un·e fan du genre, je vous conseille très vivement de vous lancer dans l’aventure. Cependant, si vous êtes phobique du noir comme moi, je vous conseille tout de même de prendre un doudou ou une vraie personne à proximité pour vous calmer.  

Nous incarnons donc un personnage complètement inconnu, introduit dans une très grande maison, tandis qu’une vieille dame nous passe un coup de fil pour demander si tout va bien. Elle n’a en effet vu personne sortir de la maison depuis trois semaines et semble s’inquiéter. Il survient rapidement quelques événements paranormaux, de type ampoules qui pètent ou radio qui s’allume seule, qui nous serviront de tutoriels pour apprendre à utiliser les fameux calmants pour rester plus ou moins serein (c’est faux, vous allez hurler plus d’une fois dans ce cauchemar, croyez-moi). Sans savoir qui nous sommes, même si on peut présumer qu’on est l’enfoiré qui a tué une famille dans la toute première cinématique, le jeu nous explique qu’il faut ramasser des objets parsemés dans la maison pour lancer les chapitres.  

Visage nous prévient directement : c’est un jeu difficile, et il va falloir s’accrocher. La difficulté ne se trouve pas foncièrement dans le gameplay, étant basiquement un walking simulator. Ne pouvant pas vous défendre ou courir, aucun skill ne sera demandé de votre part : juste un cœur très, très accroché. C’est cette pression constante que le jeu nous impose, la peur de mourir, ou de voir un truc immonde apparaitre sur notre écran à n’importe quel moment qui rend le tout ardu. Littéralement à n’importe quel moment : c’est la plus grande force de ce jeu puisque la plupart des scripts sont déclenchés aléatoirement. Chaque partie sera donc unique et procurera une expérience différente, et c’est ce détail qui rend le jeu si terrifiant. On ne sait jamais si on est face à un script aléatoire ou si on est face à la suite de l’histoire avec un événement totalement prévu par les développeurs à la suite d’une action. Si les ennemis peuvent être parfois faciles à éviter, il n’y a quasiment aucun safe spot (hors ligne droite d’intrigue, qui permettent franchement de souffler cinq minutes). La maison n’aide absolument pas dans son architecture : attendez-vous à vous perdre et à vous re-perdre tant elle est immense, et il est très stressant d’errer en sachant parfaitement qu’il n’y a aucun moyen de se défendre ou se cacher.  

Screamer vieille dame, Dolores. Visage
C’est un script ou elle va se barrer ? C’est bon je t’ai vu là, dégage… S’il-te-plait…

On le comprend très rapidement : Visage traite des problèmes psychologiques et des phobies mentales. Le jeu comporte trois chapitres (voire quatre, si on pousse plus loin pour chercher qui est notre personnage à la fin du jeu), et chacun traite d’une peur différente. Le premier chapitre nous introduit Lucy, une petite fille qui a peur du noir. Par conséquent, le gameplay de ce dernier se résume à un appareil photo que l’on doit récupérer, et notre personnage plongé dans le noir total devra s’en servir afin de progresser dans les différents environnements (cette mécanique de gameplay nous rappelle d’ailleurs le jeu Project Zero). Le second met en scène Dolores, une vieille dame atteinte de paranoïa, persuadée que son mari souhaite la tuer. Et le gameplay nous retranscrit bien cette ambiance glaciale : on a le sentiment qu’on est observé, poursuivi, et pourtant c’est le plus calme de tous les chapitres. Enfin, le dernier nous présente Rakan, un mystérieux personnage atteint de scopophobie (la peur constante d’être vu ou observé). Il vous faudra donc braver de longues courses-poursuites (le seul chapitre où l’on peut courir) à travers les couloirs d’un hôpital psychiatrique, parsemés d’yeux incrustés dans les murs… De par ces différents aspects des trois chapitres aux différents gameplays, le joueur sera donc confronté aux mêmes angoisses que celles du personnage dont l’histoire nous est racontée. Il est réellement appréciable que les développeurs aient à ce point réussi à nous glacer le sang sans nous coller des jumpscares toutes les trois minutes. 

Maison distordue Visage
Une jolie maison, où il fait bon vivre.

N’étant pas friande de jeux d’horreurs, j’ai vraiment failli lâcher plusieurs fois Visage (la plupart du temps en hurlant que vraiment, là c’est trop je n’en peux plus…). Mais le jeu est si intrigant, on a tant envie de savoir qui on incarne et pourquoi on est bloqué dans cette maison qu’au final, on continue. Il faudra explorer la bâtisse de fond en comble pour comprendre l’histoire, découvrir quelques easter eggs clins d’œil à des classiques de l’horreur, tant dans le cinéma que dans les jeux vidéo. Au final, Visage m’aura fait passer quelques soirées à hurler dans mon oreiller mais je continue à croire que c’était une expérience intéressante, malgré le gameplay un peu chaotique lorsqu’il faut poser ou récupérer un objet. L’inventaire serait vraiment à revoir : étant très peu ergonomique, il peut vite pénaliser dans un moment déjà bien tendu quand une vieille bique nous poursuit avec sa hache, par exemple. Malgré ce bémol, les énigmes restent bien pensées et le jeu nous donne suffisamment d’indices pour ne pas rester bloqué dans la progression. 

Elitchu

Après un passé trop sombre composé de MMORPG et de MOBAs, je me repens désormais en essayant plein de types de jeux, et en chassant leurs trophées/succès.

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