Murder by Numbers – Son compte est bon

Ça y est, on est enfin arrivé au bout du voyage dans le Picrossverse ! Murder by Numbers, le dernier né des jeux permettant de montrer l’évolution du Picross ces dernières années est sorti en ce début de mois de mars. Attendu par certains des fidèles du nonogramme comme un nouvel apôtre, il promettait au joueur un subtil mélange entre le Picross et le jeu d’enquête. Alors, promesse tenue ? On dirait bien qu’une réponse de Normand s’impose…

Je me souviens que tout a commencé de la meilleure des manières : une annonce surprise d’un jeu par Mediatonic, à qui l’on doit notamment Hatoful Boyfriend mais aussi le grand classique… Bookworm, un jeu d’enquête accompagné de musiques par Masakazu Sugimori (Ace Attorney, Ghost Trick et Viewtiful Joe, excusez du peu) et en plus de tout ça, du Picross partout, tout le temps. Demandez donc aux personnes de la rédaction si je n’ai pas été casse… bonbons à attendre la sortie du jeu (ne le faites pas ils sont assez énervés comme ça). Et puis mars est arrivé et j’ai lancé directement le jeu en intraveineuse.

Un Picross entre tradition et manque de modernité

Tout commence en 1996 à Los Angeles, alors que Honor Mizrahi (aucun lien avec le comique français) vient de se faire virer de la série dans laquelle elle tenait pourtant l’un des rôles principaux. Non, nous ne sommes pas face à une bonne vieille série américaine dans laquelle le personnage principal va remonter la pente et finir superstar bien au contraire… mais nous y reviendrons. Honor donc, vient de se faire virer salement par un showrunner qu’elle pensait être un ami et qui va rapidement être la victime d’un meurtre, l’occasion pour le joueur de mener la première des 4 enquêtes que va lui proposer le jeu.

Heureusement, Honor n’est pas seule puisqu’elle va rapidement croiser la route d’un sidekick inhabituel, le (très) adorable S.C.O.U.T., un robot amnésique qui va permettre de rajouter aux enquêtes d’Honor l’élément de gameplay central du jeu, à savoir le Picross. En effet, vous allez pouvoir vous balader de pièce en pièce, à la manière d’un Ace Attorney, pour dénicher des indices et preuves grâce à un système assez anecdotique de radar. Mais c’est une fois les objets trouvés que le fun commence, puisqu’il vous faudra alors résoudre une grille de Picross, plus ou moins grande (en général du 10×10 ou du 15×15), pour pouvoir ajouter l’indice/preuve à votre inventaire.

Concentrons-nous sur cette partie Picross justement, puisqu’elle reste centrale au jeu. Si elle est réussie, elle est un peu trop simple aussi bien sur sa forme que sur son fond. En effet, ne vous attendez pas à beaucoup d’originalité dans les grilles proposées : pas de color Picross, ni de mega Picross ou autres joyeusetés du genre. Tout juste le jeu propose-t-il occasionnellement des grilles en temps limité et pendant lesquelles le joueur ne peut qu’obscurcir les cases sans pouvoir cocher celles qu’il sait vides.

Image du jeu Murder by Numbers
Les grilles en temps limité sont toujours du 5×5

C’est dommage car, non seulement on sent que le jeu aurait pu s’ouvrir à plus de diversité dans ses grilles tout en justifiant la chose dans la logique des enquêtes du jeu, mais même le principe de ces grilles en temps limité et avec handicap aurait sans doute pu être plus développé (grilles plus grandes, bugs faisant disparaitre momentanément des chiffres, etc).

Ne reste alors pour les fans de challenge que le principe des points à accumuler à chaque grille réalisée, sachant que, si le joueur veut en avoir le maximum, il ne devra pas utiliser les indices proposés par le jeu ainsi que la vérification de ses possibles erreurs. Ses points permettent pour chaque enquête de débloquer des grilles supplémentaires et ainsi d’en apprendre un peu plus sur notre ami S.C.O.U.T. (et de rajouter un peu de durée de vie au jeu).

Plus Watson que Sherlock

Un jeu Picross un peu trop classique bien que réussi… mais peut-être que la partie enquête de Murder by Numbers pourra permettre de faire ressortir le jeu de la masse des jeux Picross de ces dernières années ? Ici encore, il y a des choses à redire.

Image du jeu Murder by Numbers
Oui en général vous pouvez m’acheter avec du Picross et/ou du chocolat

Bon, il faut que je commence par vous dire que le jeu est en anglais… mais honnêtement ce n’est pas un anglais très compliqué (à deux/trois jeux de mots près), donc n’ayez pas peur, il ne va pas vous faire de mal. Ensuite, si le jeu vous promet des enquêtes à résoudre, disons qu’il s’agit plutôt de suivre le cours d’une enquête et de se laisser porter par l’histoire que d’en être un acteur principal.

Pas de game over dans Murder by Numbers, tout au plus lors de certaines discussions impliquant un choix, une remarque désobligeante avant de vous inviter à choisir une autre réponse (si possible la bonne). Entre deux grilles de Picross, vous allez passer votre temps à parler aux différents protagonistes et à leur présenter les preuves découvertes. Jamais vous n’aurez le sentiment d’être coincé. C’est d’autant plus dommage que les enquêtes sont plutôt réussies, vous faisant passer d’une cérémonie de récompenses à une fête sur un bateau en passant par un cabaret de drag queens, des enquêtes distinctes mais liées par un fil rouge. Mais quand vous naviguez tranquillement dans votre enquête, il est difficile de s’extasier quand vous découvrez enfin l’identité du coupable ou que vous arrivez à le confondre (chose qu’arrive si bien à faire un Ace Attorney). Et malheureusement, même la musique de Masakazu Sugimori n’arrive pas à relever la chose, manquant d’épique dans les moments forts des enquêtes et étant sans doute un peu trop énergique dans les instants Picross, pouvant même déconcentrer à certains moments.

Image du jeu Murder by Numbers
Le jeu propose quelques bonnes répliques

Reste alors les personnages qui eux relèvent le niveau, malgré le côté caricatural de certains. Honor est une héroïne comme on en voudrait plus souvent : blessée par un mariage raté et un sal***** d’ex-mari (oui je prends parti), en plein doute mais déterminée à aller au bout des choses. S.C.O.U.T. lui, est un sidekick auquel on s’attache vite, surtout quand il désamorce certaines situations tendues ou fait preuve de naïveté. Reste le détective Cross, une sorte de commissaire Gordon de Batman (moustache comprise) qui n’aurait pas eu le même succès et K.C, meilleur ami de Honor et à la base caricature du coiffeur comme même la télévision française n’oserait plus en faire, mais qui se dévoile petit à petit pour sortir de cette simple image.

Cette petite bande de personnages forme au final un bel ensemble, en plus des autres protagonistes que l’on découvre lors des différentes enquêtes, et ça serait un plaisir de pouvoir les retrouver dans un nouvel épisode… bon avec des nouvelles grilles de Picross et un peu plus d’épique si possible merci !

Murder by Numbers a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur

J’ai l’impression d’être dur avec Murder by Numbers. Pourtant c’est un jeu qui vaut tout à fait son prix d’une dizaine d’euros. Un Picross très correct, doublé d’une série d’enquêtes plaisantes à suivre et c’est une entrée en matière très réussie pour toute personne qui voudrait se lancer dans le genre du nonogramme, mais qui a peur des jeux présentant des successions de pages remplies de grilles à résoudre. Mais le fan de Picross que je suis ne peut s’empêcher de penser qu’il y avait moyen de faire plus que ça, de varier plus les plaisirs des grilles tout en offrant aussi plus de jouabilité lors des phases d’enquêtes. Plus qu’à attendre une suite avec plus de folie…

Le Bon

Du Picross dans un joli paquet cadeau

Des personnages attachants

Le Picross/piratage

Le Pas Bon

Du Picross trop classique (et facile)

Des enquêtes qui manquent d'épique

Une impression persistante qu'il y avait plus à faire... peut être pour une suite ?

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Murray

J'aime me prendre la tête, mais uniquement quand c'est dans un jeu vidéo. Sinon j'aime aussi la vie, mais ce n'est pas un amour réciproque.

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