Maneater – La panique à la plage, graou shark shark shark

Toute cette histoire de confinement (Vous avez vu cette intro qui donne envie tout de suite? Ça change de d’habitude, n’est-ce pas ?) m’a donné envie de deux choses. La première est de disparaitre dans l’eau loin de tout. N’ayant qu’une trop petite baignoire et la bien trop verte Marne à côté de chez moi, je vise plutôt la mer. La seconde, c’est de gifler (avec des gros gants) toute cette population qui a continué de faire la fête un peu partout dans le monde, mais surtout aux USA. Autant vous dire que Maneater était fait pour moi.

Sans aucun doute, Maneater, à la manière d’un Animal Crossing New Horizons, est tombé au bon moment. Pourtant c’est il y a 2 ans, lors du PC Gaming Show de 2018 (oui je sais compter) qu’il a pointé pour la première fois le bout de sa nageoire dorsale et qu’il a fait battre mon cœur. Oubliez Willy, Flipper ou encore Ecco ! Tripwire Interactive a décidé de faire place à la vraie terreur des océans : le requin.

Baby Shark doo doo doo doo

Ce qui est bien avec Maneater, c’est qu’il donne le t(h)on dès le début. Le nom du jeu est en réalité celui de l’émission de télévision américaine (comme on en voit tellement redoublées sur nos chères chaînes de la TNT) qui suit la lutte féroce entre des pêcheurs et toutes sortes d’animaux sauvages qui n’ont rien demandé. Cette émission, que l’on situe sur la côte Est dans une zone fictive qui ressemble beaucoup à la Floride avec une pointe de Louisiane, se concentre sur Pete l’écailleux, pêcheur de l’extrême qui a suivi les traces de son père et qui essaye tant bien que mal de transmettre sa passion sanglante à son fils.

Et l’histoire commence plutôt bien pour lui puisqu’il attrape rapidement un beau spécimen de requin-bouledogue femelle adulte (que le joueur a eu l’occasion d’incarner le temps d’un petit tutoriel), et qu’il procède à son éviscération face caméra avant de découvrir qu’elle était enceinte (instant déjà classé moment traumatisant de l’année 2020… en termes de jeu vidéo je veux dire…). Manque de bol pour lui, à force de jouer avec sa proie, le bébé requin sorti dans la joie va réussir à s’échapper, non sans lui avoir au préalable arraché un bras (toujours face caméra).

Image du jeu Maneater
Pete l’écailleux, un homme qu’on aime détester

Vous l’aurez sans doute compris, c’est ce bébé requin femelle que vous allez incarner tout au long du jeu dans ce qui s’annonce rapidement comme étant l’adaptation vidéoludique du film live Bambi avec Dwayne Johnson.

Bien évidement, la vengeance étant un plat qui se mange froid, vous ne pourrez pas tout de suite partir à la recherche du chasseur amputé, d’autant plus que vous n’êtes encore qu’un bébé requin. Heureusement pour vous, le monde du jeu est rempli d’éléments qui vous permettront de grandir, au-delà même des limites de la nature pour vous aider à accomplir votre tâche. Et c’est ici que l’on trouve un des points forts du jeu, à savoir ses décors et son ambiance.

Le jeu sent l’Amérique qui n’a pas de limites avec ses citoyens armés, ses fêtes façon spring break, ses golfs où un président pourrait passer son temps et son manque profond de respect pour la nature qui essaye d’y survivre. À part la première zone du jeu, sorte de bayou où la nature fait encore plus ou moins la loi, le reste des zones constituant le monde ouvert que vous aurez à parcourir sont des lieux que vous allez aimer détester. Et ça tombe bien, puisque vous allez pouvoir vous défouler.

Une répétitivité à s’en rendre (requin) marteau

Dans Maneater, personne ne vous aime, humains comme animaux. Mais ça tombe bien, vous n’aimez personne non plus et comme toujours, c’est la loi du plus fort qui prime. Chacune des 8 zones du jeu est l’occasion pour votre requin d’affronter les espèces marines locales (allant du simple mérou jusqu’au cachalot en passant par l’alligator ou l’espadon), mais aussi bien sûr les humains, qu’ils soient simples vacanciers ou chasseurs voulant une photo à côté de votre cadavre. Mais pourquoi tant d’affrontements ? Déjà parce que le jeu serait moins fun sinon, et surtout parce que c’est l’occasion pour votre requin de récupérer les ressources nécessaires pour muter et devenir plus fort, plus rapide et plus résistant mais aussi obtenir des pouvoirs moins conventionnels comme une couche osseuse vous permettant de briser les bateaux des pêcheurs ou encore des ailerons bio-électriques permettant de paralyser momentanément vos proies.

Image du jeu Maneater
N’est-elle pas magnifique, toute pimpée comme ça ?

Et c’est malheureusement ici que Maneater va connaître ses plus gros problèmes. Prenons déjà le choix du monde ouvert. Lors de votre quête de vengeance, vous allez en réalité passer de zone en zone en accomplissant les différentes missions demandées par le jeu. Le problème c’est que ce sont toujours plus ou moins les mêmes : manger un certain nombre d’un type de poisson particulier, terroriser les êtres humains à 3 endroits différents, battre l’animal prédateur de la zone, augmenter votre indice de recherche (oui, à la manière d’un GTA) ce qui vous permet de tomber sur certains mini-boss). Tout ça pour pouvoir assister à la scène cinématique de fin de zone, mettant généralement en scène un Pete partant de plus en plus en vrille, avant de passer à la zone suivante et ainsi de suite. Pour un jeu qui ne dure qu’une grosse dizaine d’heures (disons 15 pour le 100%), la répétitivité est malheureusement à son maximum.

Et les choses ne vont pas en s’arrangeant puisque, si pour récupérer les ressources nécessaires à votre transformation en machine de guerre, vous pouvez tuer des petits poissons ou des humains un peu partout, il est bien plus avantageux de récupérer les nombreux collectibles disséminés partout dans les différentes zones : caisses abandonnées au fond de l’eau, plaques d’immatriculation parfois situées sur la terre ferme et points d’intérêts. Et attention quand je dis partout, je veux bien dire PARTOUT. Je dois reconnaître que je n’avais pas vu une carte aussi chargée depuis la dernière fois que j’ai touché à un Far Cry.

Image du jeu Maneater
Ça manque juste de plumes d’assassins à trouver

Il en devient parfois difficile d’apprécier le jeu tant tout semble se répéter jusqu’à la nausée. Heureusement, pour aider à faire passer la pilule, Maneater a eu l’excellente idée de se doter d’un narrateur en la personne de Chris Parnell. Si le nom ne vous dit peut être rien (malgré la déjà belle carrière du monsieur), vous connaissez sans doute plus sa voix puisqu’il double notamment Cyril dans la série Archer mais aussi Jerry le père de famille dans Rick and Morty. Votre héroïne n’étant pas douée de parole (elle a bien d’autres avantages bien plus utiles), c’est Chris qui a la charge de commenter le jeu, vos exploits comme les différentes découvertes que vous aurez l’occasion de faire, des découvertes d’ailleurs ultra-référencées, puisque l’on passe de Bob l’éponge à Pacific Rim en passant par Titanic et le mythe de Cthulhu. Et autant vous dire que Chris Parnell s’en sort à merveille avec humour et la pointe de cynisme qu’il faut.

Manger 5 pêcheurs et nageurs par jour

Est-il difficile d’être un requin dans le monde de Maneater ? Oui et non. Les débuts sont difficiles, notamment parce que vous n’êtes au départ qu’un simple bébé requin orphelin, sans réelle capacité sinon celle de croquer vos adversaires. Et en plus il vous faudra gérer une caméra parfois capricieuse, et un système de lock d’ennemis pas toujours fiable, mais vous allez devenir rapidement (et à force d’un grind laborieux, je le dis encore mais ça reste moins répétitif que dans le jeu) une vraie machine de guerre. Plus grand chose ne pourra vous arrêter, les différentes améliorations vous permettant de faire face à toutes les situations, que ce soit face aux bateaux des pêcheurs qui se briseront sous vos coups de nageoire caudale, ou bien les autres prédateurs du monde marin qui seront empoisonnés ou même ralentis, le temps pour vous de les croquer à pleines dents.

À tel point que l’on en vient à se demander si notre quête de vengeance n’a pas fait de nous le monstre que des chasseurs comme Pete veulent tuer. Une sensation d’autant plus forte quand le jeu nous demande de dévorer une dizaine de tortues qui n’ont pourtant rien fait. Et je ne parle même pas des phoques si mignons… heureusement que l’on peut sécher ses larmes rapidement en mangeant des humains à la chaîne (je conseille ceux sur des bouées licornes parce qu’elles explosent au premier coup de dents, c’est plus festif).

Image du jeu Maneater
Désolé petite tortue mais tu as le nutriment qu’il me faut…

Maneater a été testé sur PS4 via une clé fournie par l’éditeur.

Maneater est l’exemple typique du jeu avec beaucoup de bonnes idées mais qui a voulu trop en faire sans savoir vraiment comment. Le monde ouvert n’était sans doute pas la meilleure solution pour lui et je ne peux que vous conseiller, si vous plongez dedans, d’en profiter par petites doses, histoire de ne pas vous lasser. Reste cela dit ce décor américain, parfait bac à sable défouloir pour des tueries qui n’attendent que vous… et qui font un bien fou en ce moment.

Le Bon

Un concept original et qui permet de se défouler

L'ambiance Amérique qui mérite ce qu'on lui fait

La voix de Chris Parnell

L'humour et les références

Le Pas Bon

Le monde ouvert était-il vraiment le bon choix ?

Qui a foutu du collectible Ubisoft dans mon jeu de requin ?!

Une répétitivité extrême dans les missions

Une maniabilité et un verrouillage des ennemis parfois à l'ouest

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Murray

J'aime me prendre la tête, mais uniquement quand c'est dans un jeu vidéo. Sinon j'aime aussi la vie, mais ce n'est pas un amour réciproque.

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