Darksiders III – Fury’s Road

Que les aventures de Fury reviennent de loin ! La licence Darksiders, qui dévoile ici son troisième (et peut-être dernier on n’est plus sûr de rien maintenant) volet, était développée à l’origine par Vigil Games. Mais la fermeture du studio des suites de la faillite de THQ en 2013 nous a laissé penser que la licence s’arrêterait avec son deuxième volet. Heureusement, cela n’a pas empêché les anciens membres du studio de se retrouver, cette fois-ci sous la bannière de Gunfire Games (et sous le contrôle de THQ Nordic) pour enfin sortir un Darksiders III attendu depuis 2012. Pas de chance pour nous, le jeu est sorti en 2018.    

Petit résumé des épisodes précédents (je vous laisse prendre la voix adéquate allant avec la musique) : L’Apocalypse a eu lieu. Les anges et les démons sont arrivés sur terre pour voir qui était le meilleur au combat de pouces mais ça a quelque peu dégénéré. Au final, les démons ont gagné. Les humains dans tout ça ? Ils n’ont pas tellement eu leur mot à dire. Si le premier épisode nous laissait incarner Guerre, l’un des cavaliers de l’Apocalypse en charge de maintenir l’équilibre de tout ce beau monde, mais qui était accusé d’avoir déclenché tout ce bordel un peu trop tôt, le second nous permettait d’incarner Mort, qui se donnait comme mission de prouver l’innocence de son frère d’armes. Vous l’avez déjà compris, il est temps avec ce troisième opus d’incarner un autre cavalier, en l’occurrence une cavalière puisqu’il s’agit de Fury (oui son nom n’a pas été traduit, peut-être par peur d’être confondu avec une ancienne émission d’Arthur ou un célèbre moustachu…).

Fire and Fury

Des quatre cavaliers (en tout cas des trois que l’on a pu incarner), Fury représente la grande gueule. Toujours prête à se moquer (notamment de son frère Guerre emprisonné), à partir au combat pour prouver sa valeur ou pour simplement détruire ses adversaires, elle ne désire qu’une chose : devenir la chef des cavaliers. Heureusement pour elle, le Conseil Ardent, entité qui gère “l’équilibre”, décide de l’envoyer sur Terre pour partir à la recherche des 7 pêchés capitaux, êtres puissants récemment libérés et semant le chaos.

Envie, Orgueil, Paresse, Luxure, Gourmandise, Avarice et Colère seront vos cibles tout au long de la grosse quinzaine d’heures qu’il vous faudra pour terminer le jeu. L’occasion pour le joueur d’explorer une Terre en à peine plus mauvais état qu’elle ne l’est aujourd’hui (à quelques monstres près) et de voir évoluer le personnage de Fury.

Photo de Fury
Entre deux combats, rien de tel qu’une petite baignade dans une source chaude

Car oui, le voyage entrepris par Fury va lui permettre de passer d’un personnage très arrogant à une cavalière plus érudite, maîtresse de ses émotions et de son destin. Chacun des péchés qu’elle va affronter va la mettre face à ses propres défaillances pour lui permettre d’évoluer même s’ils ne sont pas tous aussi réussis les uns que les autres : à titre d’exemple, la Luxure, non limitée à son côté sexuel, est bien plus réussie que la Gourmandise qui souffre en plus d’un combat raté. A noter que l’évolution de Fury va être aussi bien psychologique que physique puisqu’en plus de son fouet dévastateur, elle va récupérer tout au long de son aventure des armes secondaires (marteau, lance, épée longue et j’en passe) accompagnées de pouvoirs qui vont faciliter ses capacités de combats mais aussi ses déplacements.

 

Furyonetta Souls Prime

Si Darksiders premier du nom rendait un hommage réussi à The Legend of Zelda et si sa suite penchait plutôt vers le Hack’n’Slash pour un résultat plus mitigé, les aventures de Fury continuent d’avancer dans l’histoire des jeux vidéo en reprenant, ou tout du moins en essayant de reprendre, les principes de Dark Souls (oui pour une fois on peut vraiment le dire, il s’agit du Dark Souls des Darksiders, s’il vous plaît ne me faites pas de mal j’ai une famille et des amis).

Plus de donjons avec un boss à retrouver dans la plus grande salle, place au monde ouvert ! Enfin, c’est l’idée puisqu’en réalité, on a quand même souvent l’impression de suivre un couloir, que ce soit celui d’un métro délabré ou d’un immeuble éventré, jusqu’à arriver au péché capital suivant.

Le jeu ne se fait pas pour autant qu’en ligne droite puisque Fury obtient au fur et à mesure de son aventure des pouvoirs spécifiques lui permettant de revenir dans des zones déjà visitées pour ouvrir de nouveaux passages à la manière cette fois-ci d’un Metroid Prime. Une plateforme trop haute ? Equipez-vous de votre pouvoir de flammes pour vous propulser plus haut. Un bloc trop lourd à faire bouger ? Un bon coup de marteau chargé de votre pouvoir de force l’enverra à l’autre bout de la pièce.

On regrettera tout de même l’absence d’une carte : si celle-ci s’inscrit dans cette envie de monde ouvert des développeurs, l’intégration de nombreux éléments qui ne peuvent être débloqués dans le jeu qu’avec l’obtention tardive de pouvoirs rappelle l’importance d’avoir la possibilité de placer des marqueurs plutôt que d’avoir à tourner en rond jusqu’à trouver enfin une corniche autrefois inaccessible.

Photo de Ulthane
On retrouve Ulthane, très utile pour améliorer ses armes

Mais revenons à Dark Souls puisque chaque ennemi vaincu permettra à Fury de récupérer des âmes, monnaie du jeu qui lui permettra d’améliorer ses compétences (santé, attaque et puissance de ses contres) auprès de Vulgrim, personnage régulier de la franchise. Ce dernier fait ici office de feu de camp pour notre héroïne, qui pourra même en profiter pour se rendre d’un point à un autre du monde en quelques instants.

Parlons un peu des combats, bien différents de ceux des précédents volets. Ici le maître mot est l’esquive puisque c’est par un bon timing lors d’une attaque ennemie que Fury pourra effectuer un contre dévastateur durant un laps de temps ralenti (bonjour Bayonetta). Attention cependant à ne pas se rater car chaque coup encaissé va faire baisser drastiquement la barre de vie de Fury. Le jeu est dur comme un Dark S exigeant, même dans son niveau de difficulté moyen. Est-il utile de préciser qu’une mort implique la perte des âmes que vous avez sur vous mais que vous avez la possibilité de les récupérer si vous retournez à votre dernier trépas (enfin sauf si vous décédez une seconde fois avant) ?

 

Victime du péché de Paresse

Jusqu’à présent, Darksiders III n’a pas trop à envier à ses (fortes) inspirations, même s’il n’atteint pas leur niveau d’excellence. Son principal problème va venir d’une technique parfois (souvent) datée. Si le monde apocalyptique dans lequel évolue Fury avec ses différents monstres est agréable à parcourir, il rappelle un peu trop dans ses textures les heures de gloire de la génération Xbox360/PS3, et plus particulièrement celles du tout premier Darksiders. Alors oui, cela renforce la cohérence du monde, mais on aurait aimé en voir plus tout de même parce que les immeubles détruits et les stations de métro, ça commence à manquer d’originalité. Par contre, on se serait bien passé de certains bugs qu’on espérait ne plus voir en 2018, notamment du type à revenir au point de sauvegarde précédent (qui n’était pas récent qui plus est…). Et ce n’est pas la musique de Cris Velasco (God Of War, Mass Effect 3), très belle mais bien trop peu exploitée, qui arrive à rattraper cela.

Photo du Metro
La RATP va gueuler… Vulgrim dépasse la ligne jaune

Les combats eux, bien qu’un des points forts de cet opus, souffrent parfois sur PC de ralentissements quand les ennemis sont un peu trop nombreux, mais surtout d’une caméra capricieuse, notamment quand Fury se retrouve à affronter 3 ennemis dans une zone restreinte et avec un système de visée qui fait parfois des siennes.

Des ennemis d’ailleurs qui posent de réels problèmes quand ils sont trop nombreux : je ne compte plus les enchaînements de coups sans pouvoir faire quoi que ce soit sinon espérer une fenêtre pour pouvoir esquiver à nouveau avant que ma barre de vie ne disparaisse. Du coup, on en vient à essayer de les appâter les uns après les autres dans un coin pour les occire discrètement d’un claquement de fouet.

Enfin, si l’histoire est intéressante en elle-même, elle manque d’intérêt au sein de la mythologie Darksiders. Si cela permettra aux nouveaux arrivants de ne pas être perdus, le jeu se déroulant un peu avant le premier épisode et à peu près en même temps que le deuxième, on se retrouve au final avec un troisième opus qui fait peu avancer l’histoire principale des Darksiders, sans savoir si l’hypothétique prochain épisode, centré sur le dernier cavalier, Discorde, apportera plus de réponses (et s’il vous plait Gunfire Games, si vous comptez vous inspirer d’un autre type de jeu à la mode, merci d’éviter d’en faire un Battle Royale…).

Darksiders III a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur

J’aurais adoré jouer à Darksiders III à l’été 2013. Le jeu représentait un très beau pot-pourri de ce qui s’était fait de mieux sur la génération de consoles de l’époque. Manque de chance pour lui, il est sorti 5 ans trop tard. Cela n’en fait pas pour autant un mauvais jeu et j’ai pris beaucoup de plaisir à me balader sur une terre désolée en compagnie de Fury, réelle réussite de cet opus. Un jeu à conseiller aux fans de la série ainsi qu’à celles et ceux qui veulent un univers plus coloré, mais pas plus joyeux, que celui d’un Dark Souls.

Le Bon

Des péchés capitaux réussis...

Fury, badasserie à l’état pur

Exigeant juste comme il faut

Le Pas Bon

...certains plus anecdotiques

L’absence de carte et de marqueurs

La caméra capricieuse

Des bugs plus ou moins importants

Murray

J'aime me prendre la tête, mais uniquement quand c'est dans un jeu vidéo. Sinon j'aime aussi la vie, mais ce n'est pas un amour réciproque.

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