Cette fois-ci dans Partie Rapide, BatVador s'ennuie sur les routes de Keep Driving et illumine les ténèbres dans Dawnfolk.
Keep Driving
Quand j’étais à la fac, j’ai eu un cours dont je ne me souviens pas de l’intitulé exact, mais qui portait sur l’imaginaire géographique. En gros, les caractéristiques dans l’imaginaire commun qu’on associe à certains lieux ou milieux, même si ça ne reflète pas la réalité. Lors du premier cours, le prof nous a fait lire un poème et nous a demandé où il se passait. Le poème décrivait des palmiers, un désert et je ne sais plus quoi. Ma voisine a répondu avec une certitude absolue que c’était en Égypte. Il se trouve qu’à la troisième ou quatrième strophe ce poème mentionnait spécifiquement l’Himalaya. Le prof n’aurait pas pu être plus ravi d’avoir un si bel exemple de ce qu’on allait voir en cours. Bref, si je repense à ce cours de fac, c'est parce qu’après ma première partie de Keep Driving, j'aurais juré que le jeu se passait aux USA et qu’en fait pas vraiment. Et ça en dit beaucoup plus long sur moi que sur le jeu, si vous voulez tout savoir, mais ce que je peux moi dire sur le jeu, c’est que sur le papier il m’a enchantée et que dans les faits, je me suis surtout ennuyée.
Rétro Piloting Game
Keep Driving se présente comme un RPG de gestion. Dans la peau d’un ou une jeune adulte, nous voilà au volant d’une voiture pour un, probablement, dernier été de liberté. La destination : un festival à l’autre bout du pays et quatre semaines pour y arriver. D’étape en étape, de ville en ville au gré de nos envies, on va donc prendre des auto-stoppeurs, gérer des incidents sur la route et travailler un peu pour mettre de l’argent de côté, réparer la voiture et acheter de quoi manger.
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Visiblement, dans mon esprit, on me dit road trip et on met les prix en dollars et je suis sûre que ça se passe aux USA alors que les consonances des noms et les paysages qui défilent sont clairement inspirés de la Scandinavie. Donc au final, aucune idée d’où ça se passe, mais ça n’a pas vraiment d’importance. Le problème de Keep Driving, c'est qu’il est monotone comme un road trip dans le Midwest. Les événements sur la route se succèdent et se ressemblent, leur gestion sous forme de combats est plutôt ennuyeuse et répétitive. Les interactions dans les villes se ressemblent et les phases d’exploration donnent l’impression de se perdre vaguement dans un économiseur d’écran de Windows 95. Certaines quêtes nécessitent en plus de faire des allers-retours sur les mêmes routes et il n’est pas possible de décider de passer une étape, ce qui rend le tout super fastidieux. Ceci dit, j’aurais pu trouver ça ennuyeux, mais pardonnable s’il y avait eu une narration quelconque, des choix à faire, des interactions avec les auto-stoppeurs, mais rien du tout.
Chaque auto-stoppeur a une quête et veut aller quelque part ou faire quelque chose, mais à part décider de le faire ou pas, il n’y a que très peu d'interactions. On en apprend à peine plus sur eux et ils servent principalement à prendre de la place dans la voiture et pendant les combats.
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Keep Driving a été testé sur PC via une clé fournie par l'éditeur.
Pour être vraiment enthousiasmant, il manque à Keep Driving au choix un système de combat vraiment intéressant, une vraie narration ou un système de gameplay narratif (et dans l'idéal les trois à la fois). C’est d’autant plus frustrant que la base est présente et qu’il y a de bonnes idées, j’imagine que si on aime écouter de la musique indie et regarder des paysages en pixel art défiler, ça peut être une expérience relaxante, mais en l’état, je serais bien en peine de savoir à qui le recommander.
Dawnfolk
Il arrive de lire le résumé d’un jeu, d’y jouer et de se sentir floué. Ou parfois de ne pas jouer à un jeu à cause du résumé puis de se rendre compte que ce n’est pas du tout ça en entendant les retours dessus. Dawnfolk appartient à la troisième catégorie, les jeux qui sont précisément ce qu’ils promettent d’être, pas plus, pas moins. Dans le cas présent : « Un jeu de survie minimaliste et relaxant, parfait pour de courtes sessions de jeu. Reconstruisez et gérez votre royaume, collectez des ressources et décidez du destin de votre peuple. » Si je devais pinailler, je remplacerais « survie » par gestion ou puzzle game dans la première phrase, mais c’est bien tout. C’est donc un jeu de gestion/puzzle game, facile à prendre en main et fonctionnel.
Puzzle game.exe
Dawnfolk est donc fondamentalement bien plus un petit puzzle game qu’autre chose. Chaque carte est composée de carrés dont certains sont cachés par les ténèbres. En construisant des bâtiments pour produire de la population, de la nourriture et de la lumière, il est possible de révéler les carrés cachés et d’agrandir la ville et de produire davantage de ressources. Le reste n’est qu’un jeu de placement pour optimiser la production.
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Je dois avouer que je ne sais pas trop quoi dire de plus tant Dawnfolk est précisément ce qu’il promet d’être : un jeu relativement simple à prendre en main, avec des parties courtes, un fonctionnement très intuitif et différents modes de jeu. Le mode histoire est sympathique sans être très original et permet de débloquer les modes puzzles, défis, bac à sable et sans fin et quelques autres options. Il possède aussi plusieurs niveaux de difficulté et évidemment quelques défauts. Les événements sont répétitifs, les solutions aux problèmes sont toujours les mêmes, les références à la pop culture un peu faciles, mais rien de fondamentalement rédhibitoire. Le seul vrai défaut de Dawnfolk, s’il faut lui en trouver un, c'est qu’il se donne tellement de mal pour être facile à prendre en main, minimaliste et jouable en petites sessions qu’il en oublie un peu de développer des caractéristiques saillantes qui lui permettraient de se démarquer vraiment.
J’ai failli dire qu’on aurait pu comparer Dawnfolk à une copie de lycée notée d'un 13/20. C’est bien, les bases sont acquises, il n’y a pas d’erreur majeure, mais on n'a pas fait de zèle non plus, il n’y a pas plus de connaissances que demandé et pas particulièrement d’inventivité. Mais ça serait injuste, parce que si Dawnfolk ne se démarque effectivement pas particulièrement par l’inventivité de son univers ou par son gameplay, on voit bien que le développeur est réellement impliqué et qu'il donne toute l’énergie du monde à être jouable en courtes sessions, à tout moment, sur PC ou Steam Deck, et ça mérite plus qu’un vague "ok vu". Je suis bien contente de ne pas être prof, parce que c’est une copie que je ne saurais pas comment noter.
Il faut cependant signaler que j'ai joué à une version pré-sortie et qu'il est possible que certains événements ou certaines mécaniques changent lors de la sortie. Je doute que ça change fondamentalement l'expérience, mais il est possible que ça en gomme les aspects les plus répétitifs ou moins fluides.
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Dawnfolk a été testé sur PC via une clé fournie par l'éditeur.
Premier jeu de Darenn Keller, Dawnfolk est un honnête puzzle game très sympathique prévu pour être joué par petites sessions. Il fait bien ce qu’il promet de faire et s’il manque peut-être un peu de personnalité, j’ai personnellement hâte de voir ce que fera le développeur par la suite.
BatVador
Traductrice ascendante topiaire qui aime les city builders, les dystopies et les jeux avec des gens déprimés dedans.
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