Game Awards : la rédaction revient sur les annonces de l’édition 2018

Embrassant désormais à plein bras son statut de nouvel événement mondial du jeu vidéo, bâti avec pugnacité, la cérémonie des Game Awards profite de cette tendance qu’ont, de réputation, les remises de prix grandiloquentes à être un poil chiantes pour rythmer les choses à grand renfort de trailers et annonces exclusifs. Entre les mêmes remerciements polis et les mêmes invités relous, l’attention des joueurs grandit donc au fil des années pour la soirée où est décerné, parmi trente catégories, le prix du meilleur jeu de l’année. Les votants étant des médias choisis par une poignée de têtes dirigeant les plus gros acteurs de l’industrie, on a quelques doutes sur le risque que ceux-ci prennent. Mais pleine de bonne volonté et n’avouant qu’à demi-mots suivre l’actualité de l’industrie avec autant de passion que les vidéos « choukies » de toutous, minous et autres grosses bêtes mignonnes, la rédaction du Pixel Post vous livre son ressenti sur les annonces qui, le temps de quelques battements seulement, ont redonné de la couleur à nos jolis coeurs. Et du fioul à notre mauvaise foi.

Si jamais vous venait l’idée saugrenue de regarder la cérémonie dans son intégralité, on vous renvoie vers le site des Game Awards où vous retrouverez la vidéo de la soirée ainsi que la liste des nommés et gagnants. Je n’ai personnellement regardé que le début, alors mini spoils en guise d’introduction : pour ouvrir les remises de prix, le studio Motion Twin a remporté le prix du meilleur jeu d’action pour Dead Cells, décerné par cette grande gueule overhypée de Josef Fares. Voulant tout à la fois surfer sur les moments de hype de la courte histoire de la cérémonie et cadrer les égos imprévisibles, les organisateurs lui ont dit de calmer le jeu après sa foire de l’an dernier. Résultat : aussi plat que les autres, et pour le coup, tant mieux. Peu de temps après, c’est Ryozo Tsujimoto, producteur de Monster Hunter World, qui montait sur scène pour recevoir le prix du meilleur RPG. Il a profité de son micro pour annoncer l’arrivée prochaine de nouvelles concernant la licence – ce qui s’est traduit par un trépignement de derrière sur ma chaise et l’arrêt de la vidéo : j’en avais vu assez.

Hades, de Supergiant Games

  • Fanny

L’annonce de ce titre a été l’une des meilleures surprises des Game Awards, que je regardais sans trop de conviction. Supergiant Games et la mythologie grecque ? C’est une rencontre que je n’avais pas prévue mais que je désirais ardemment sans le savoir. Peu importe que ce soit en Early Access et que ce soit un roguelike, deux choses qui ont tendance à vite me rebuter : c’est avant tout un jeu de Supergiant et j’ai plus que hâte de retrouver leurs histoires, leurs personnages toujours surprenants, leur patte graphique et bien sûr, l’extraordinaire talent de Darren Korb à la musique.

The Outer Worlds, d’Obsidian Entertainment

  • Un Rieur

Quand Obsidian lorgne chez Borderlands. Lorsque le trailer s’est lancé, je me suis dit : « Chouette, Obsidian met en avant son taf sur les Fallout pour présenter son nouveau jeu. ». Puis la vidéo a avancé, on me parle de planètes aux confins de l’univers, que de grosses entreprises contrôlent. Planètes sur lesquelles c’est l’anarchie, et qui abritent des gros monstres méchants… Ça vous rappelle rien ? Si on rajoute un certain humour noir et une esthétique assez post-apocalyptique, on ne peut pas nier la proximité avec la série de jeux de chez GearBox, et ça me remplit de joie.

Obsidian a su prouver à maintes reprises ses talents d’écritures, et The Outer Worlds sonne pour moi comme la promesse d’un jeu de rôle à la sauce Borderlands, ce qui a tout pour me satisfaire. J’aime beaucoup la série de GearBox, pour son ambiance, et pour les longues parties en coop que j’ai pu faire avec mon frère ; mais j’ai toujours regretté le manque de développement de son univers (du moins en surface). Espérons que malgré le manque de charisme apparent des personnages et créatures montrés dans l’annonce de The Outer Worlds, le soft saura avoir une identité marquée et la même intelligence d’écriture que ses aînés. En attendant ce fut une bonne surprise, et je garde dans un coin de la tête que je pourrais, peut-être un jour, avoir un jeu de rôle dans un univers futuriste presque post-apo.

  • Fanny

Obsidian avait teasé cette annonce quelques jours auparavant sur leur compte Twitter et leur site, et c’était l’une des raisons principales pour lesquelles j’ai décidé de passer la nuit à regarder ce show dont je me moque en temps normal. Et comme prévu, ils se placent bien en concurrent direct de Fallout, licence qui n’a cessé de décliner sous l’égide de Bethesda, et avec en plus le concours de ceux à l’origine de celle-ci, avec un côté un peu plus science-fiction et « in space ». Même si je m’attends à d’horribles bugs et un gameplay moyen, je m’attends aussi à une très bonne histoire et à un monde riche et j’espère bien qu’Obsidian ne décevra pas de ce côté-là.

  • Veltar

Pour plusieurs raisons assez évidentes. Déjà l’équipe derrière le projet. Alors oui, Obsidian est passé chez Microsoft, mais quand t’as des anciens de Fallout et de Arcanum, ça hype. Et aussi, parce que le jeu lui-même a l’air bien foutu. On a un FPS-RPG dans un univers original, un truc futuriste dystopique avec un petit peu d’humour. Et je ne sais pas pour vous, mais je trouve que ça fait un bail qu’on n’avait plus de bon client pour ça.

L’Epic Games Store

  • Noodles

Les Game Awards ont été l’occasion pour Epic de communiquer un peu plus sur sa nouvelle plateforme de téléchargement. Un objectif à peine dissimulé : concurrencer Steam en attirant les développeurs dessus grâce à une politique de partage des revenus ambitieuse. Les développeurs toucheront en effet 88% de ce que les joueurs payeront à l’achat, contre 70% chez Steam.

  • Fanny

Assurément l’un des gagnants de la soirée. Les annonces de jeux indépendants se sont enchaînées et souvent, le sigle de Steam a laissé la place à celui du nouveau store d’Epic Games, qui semble frapper fort pour ses débuts. Si je n’ai pas une totale confiance en l’entreprise, il est sympathique de voir une première alternative un peu crédible à Steam, qui a longtemps profité paresseusement de son monopole. A voir si ça se confirmera dans la durée, les consommateurs étant généralement un peu hésitants à télécharger plusieurs logiciels pour leurs jeux. Mais une prise de conscience sur les conditions de travail et de rémunération des développeurs semble être née cette année et j’ose espérer que la perspective de pouvoir soutenir plus justement ces derniers saura passer outre les réticences. Je suis cependant plus inquiète pour GoG, qui risque d’être le premier à pâtir de cette concurrence.

Mortal Kombat 11, de NetherRealms Studios

  • Murray

Les jeux vidéo et la politique c’est pareil. Tout marche sur un système d’alternance, et après un Injustice 2 il fallait le retour de Mortal Kombat, on ne peut rien y faire c’est la fatalité (vous l’avez ?). Raiden et toute sa bande de Kombattants (n’oubliez pas de bien accentuer le K quand vous prononcez le mot) vont pouvoir à nouveau faire couler le sang et trancher plus de parties du corps que nécessaire avec un tout nouveau moteur de jeu et une nouvelle histoire digne des meilleurs nanards (mais pour autant toujours agréable à jouer et regarder). Et comme chez NetherRealm Studios on ne passe pas par quatre chemins, le jeu, qui sort le 23 Avril prochain, se voit déjà doté d’un Kombat Pack rajoutant des personnages et des variations de ces derniers, une feature qu’on espère mieux implémentée que dans le dernier volet.

Du côté de chez Annapurna

  • Noodles

Premier gros partenaire d’Epic, l’éditeur indépendant Annapurna Interactive a été bien mis en avant lors des annonces de la cérémonie et j’en suis très content. Tout d’abord, Annapurna c’est What Remains of Edith Finch et Gorogoa, deux excellents titres. Son catalogue va s’étoffer dans les jours et mois à venir avec notamment Ashen, Outer Wilds (donnez nous plus de nouvelles sur celui-là !!!!) ou encore le très rock The Artful Escape. Ça, c’est ce qui était déjà annoncé. Mais non content d’avoir un catalogue, certes encore peu fourni mais diaboliquement alléchant, Annapurna va en plus s’occuper du portage PC de Journey, le jeu d’aventure poétique sorti en 2012 sur PS3. Bref, je suis très heureux que les projecteurs se soient bien braqués sur Annapurna Interactive lors de cette cérémonie et je souhaite que leurs productions soient de plus en plus nombreuses dans les années à venir.

  • Veltar

Par les créateurs du très doux Abzû, et contrairement à ce dernier, The Pathless a l’air d’offrir de l’action et un rythme assez rapide. On retrouve quand même l’un des points forts d’Abzû, à savoir une direction artistique attractive. Le trailer montre en plus des affrontements contre des boss massifs, qui pourraient lui donner une « vibe Shadow of the Colossus », les déplacements relous en moins.

  • Seastrom

Commencer le flot des annonces attendues lors de la cérémonie par un titre aussi bizarre que Sayonara Wild Hearts relève d’une prise de risque certaine. Ou bien les organisateurs ont vu des lumières rigolotes et de la musique un peu forte et ce sont dit que c’était pas mal pour marquer le coup. N’empêche, il fait bon voir le studio Simogo sortir de sa grotte – certes bien éclairée au regard des joueurs aventuriers de l’étrange et avec des pointes de ventes sur mobile assez élevées, notamment grâce à Year Walk – pour se présenter au grand jour, vêtu de son plus bel apparat et d’une exclusivité Switch – au moins pour l’instant.

Le programme : un « pop album video game », où chaque niveau sera accompagné, sinon mené, par un morceau spécialement composé pour l’occasion, où de l’électro débordante de joie alimentera le moteur de grosses motos filant à toute berzingue et le cœur de danseurs lors de battles endiablées. S’appropriant une esthétique néon assez à la mode ces temps-ci, Sayonara Wild Hearts m’inquiète quelque peu : on ne sait pas grand chose à son sujet pour l’instant, mais une guerre de gangs (en tout cas ça y ressemble) pop et un game feel proche de l’arcade suffiront certainement à me gazéifier l’esprit. La vaporwave me manque.

Quand on parle d’annonces de jeu, c’est généralement qu’une date de sortie est prévue dans l’année à suivre. Chez Aurora44 (ce n’est pas le nom d’un skyblog – pas que, tout du moins), on a décidé, un peu par la force des choses, de faire autrement. Après l’avoir annoncé en 2015 et être passé par plusieurs phases de silence radio, le studio néo-zélandais a dévoilé la sortie immédiate d’Ashen sur les stores d’Epic Game et de Microsoft (PC et One). Avec l’impulsion de son éditeur Annapurna, j’espère que ce mystère de jeu répondra aux attentes que j’ai placées en lui, à la faveur d’une direction artistique à la fois désincarnée et haptique qui me tape dans l’œil et d’un système de rencontres entre joueurs rappelant Journey. Si la même expérience transcendante est au rendez-vous, il va falloir s’attendre à de grosses suées des yeux. Sinon, pareil.

Dragon Age 4, de Bioware

  • JoK

#TheDreadWolfRises. C’est avec ce hashtag mystérieux que se termine le teaser du prochain Dragon Age. On imagine qu’il suivra la mode de la non numérotation avec un mot pour compléter le titre (si possible un truc qui fait un peu sérieux), afin d’éviter un 4 alors que parmi les 3 premiers, un seul a eu droit à un numéro, et c’est loin d’être le meilleur.

Mais que révèle cette vidéo ? Pas grand-chose pour ceux qui ont fini le DLC avec la vraie fin du troisième épisode. Pour ceux qui n’auraient fait que la fin du jeu sans repasser à la caisse (attention, je vais divulgâcher), on entend la voix de Solas, l’un des compagnons de notre personnage, lors d’une rencontre avec celui-ci à la toute fin du DLC lorsqu’il nous révèle être le Loup Implacable, et qu’il a tout manigancé depuis le début pour détruire le monde tel qu’il est. Ce qui explique le hashtag, The Dread Wolf étant le Loup Implacable en VF. On peut supposer que cet épisode sera donc consacré au plan de destruction du monde par Solas pour rétablir le royaume des elfes. Intriguant tant le personnage est une réussite et méritait un peu plus de développement. Il reste à savoir de quel côté le jeu nous permettra de jouer.

Avec un jeu Electronic Arts se pose aussi la question des pratiques commerciales et j’ai hâte de savoir quelle nouvelle méthode ils vont trouver pour ruiner leur jeu : DLC abusif ? Lootboxes ? Abonnement ? Autres nouveautés encore pires ? On le saura assez vite. On notera également que Bioware existe toujours après avoir enterré leur licence Mass Effect et qu’un échec sur cette autre franchise serait sans doute la fin pour eux.

Marvel United Alliance 3 : The Black Order, de Team Ninja

  • Zali

Absolument personne ne semble avoir capté que cette annonce a été faite au coeur de la nuit des Games Award, mais la Switch a choppé une exclusivité Marvel, suite d’une franchise en sommeil profond depuis si longtemps que le MCU n’existait même pas à l’époque de la sortie du précédent épisode (c’était reposant).

Et voilà que patatras, Nintendo nous balance un trailer et une promesse d’arrivée en 2019 pour un beat them all décérébré reprenant, en gros, l’esthétique et la trame générale du MCU pour voir tous les personnages connus de l’univers Marvel se tataner avec Thanos. Avec, bien entendu, la présence des mutants des X-Men dans leurs tenues traditionnelles. On n’est pas au ciné : moins de problème de licences. En résulte un trailer à l’esthétique… bizarre, mélangeant diverses influences graphiques (les Gardiens de la Galaxie des films y côtoient le Wolverine en jaune fluo des BD des années 90), et un gameplay qui a l’air d’avoir absolument aucune patate.

Ceci dit, on en est juste au stade d’un embryon d’annonce, puisque le jeu n’a même pas encore de développeur annoncé [on a appris entre-temps que c’est Team Ninja, à qui l’on doit Ninja Gaiden et actuellement au travail sur la suite de son beau succès Nioh, qui est derrière tout ça] et les infos qu’on a à son sujet se résument à une minute de note d’intention en vidéo. Il n’en reste pas moins que c’est une exclusivité de poids que récupère là la Switch, signe s’il en fallait encore un, que Nintendo a le vent dans le dos.

Le prix de la meilleur photo de famille ?

Membres du fameux comité sélectionnant avec soin ceux qui voteront pour élire les meilleurs jeux de l’année, les trois représentants américains des géants de l’industrie vidéoludique célèbrent leur unité : « When everybody plays, we all win ». Bah tiens.

Seastrom
Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave et à une tendance toujours plus prononcée pour la contradiction. Rajoutez un "j'aime bien tous les genres de jeux" et autant vous dire qu'avec ça, difficile d'affirmer avoir bon goût. Possibilité de l'amadouer en lui parlant Dreyer et Digimon.

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