Tokyo Mirage Sessions #FE Encore : moins de culottes, plus de ouin ouin

Fait assez rare pour être signalé, Nintendo prévoit de rembourser des mécontent.e.s. Comment l’éditeur, qu’on connaît pourtant fort près de ses sous, en est-il arrivé à ce stade ? A cause d’une histoire de fesses, évidemment.

Ô injustice qui mène sans mot dire le monde, tu voles quotidiennement les petits plaisirs qui parsèment notre triste vie. Et cette fois, tu t’attaques à la plus pure des engeances : la « panty ». Tokyo Mirage Sessions #FE Encore, portage Switch du jeu Wii U sorti en 2016, est prévu pour le 20 janvier 2020, bénéficiant dans nos mornes contrées d’une localisation française toute neuve. Une partie des joueurs et joueuses japonais.e.s a pourtant eu la mauvaise surprise de découvrir que leur propre version du portage bénéficierait également d’un petit truc en plus que le jeu original leur avait épargné : l’affreuse, la dégoutante, l’abominable, la CENSURE. Cela s’explique par le choix de la version occidentale comme base au portage et non celui de la version japonaise. Ayant omis de préciser ce détail, Nintendo s’est décidé à permettre aux individus se sentant trahis de se faire rembourser leur précommande.

Tokyo Mirage Sessions #FE

Sonnez hautbois, résonnez nuisettes

Les différences entre versions portaient sur plusieurs points : l’ajout de tissu aux tenues les plus osées des personnages féminins, quelques flous et noirs ajoutés ici ou là, l’âge des protagonistes rehaussé d’une année – en rendant ainsi plusieurs majeurs -, l’impossibilité d’acheter un DLC ajoutant des maillots de bain et des scénettes prenant place dans des sources chaudes et, peut-être plus étonnant à première vue, le changement de thème d’un donjon. Rien qui n’expliquerait une telle levée de boucliers, d’autant que l’expérience du jeu vue d’Occident se tenait a priori assez bien pour en faire l’un des jeux à retenir de la ludothèque rachitique de la Wii U.

Ce contre quoi s’insurgent certain.e.s, criant à la déformation du discours à l’œuvre. Tokyo Mirage Sessions #FE, pour rappel, traitait de l’univers des idols, ces (parfois très) jeunes gens repérés et poussés par des agences spécialisées, qui concentrent l’attention sur l’idéal que renvoie l’image de leurs stars en puissance : beauté et kawaï, maîtrise du chant et de la danse… Le jeu est développé par Atlus, éditeur et studio de développement derrière les séries Shin Megami Tensei et Persona, habitué des thèmes matures, notamment lié à l’adolescence. Le fameux donjon de Tokyo Mirage Sessions #FE touché, qui traitait à la base du passé d’une gravure idol, tournée vers les photos de charme, concentre les frustrations, les détracteurs défendant un discours critique sur la sexualisation des modèles mineurs, remplacée par une défense des personnalités individuelles face aux pressions sociales, thématique plus universelle, moins spécifique.

Tokyo Mirage Sessions #FE
La version PS4 de Devil May Cry 5 s’était vu cacher les fesses d’un personnage féminin

Si certaines décisions récentes au sein de l’industrie peuvent sembler exagérées, bien que touchant à un érotisme pas bien fin (hu hu, des seins dans God of War), il ne faudrait pas oublier les réflexes parfois bizarres, voire franchement malsains, d’une partie, aussi réduite soit-elle, de la production érotique japonaise ciblant les mineures. Les torts concernant les deux versions de ce Tokyo Mirage Sessions #FE sont certainement à partager, l’éditeur ayant effectué des changements peut-être trop radicaux dénaturant la nature d’un discours auquel nous a habitué Atlus – les éditeurs et studios occidentaux ont eux aussi leur marge de progrès à rattraper concernant les questions de représentation des personnages féminins. Mais il serait peut-être temps pour quelques-un.e.s de revoir leur priorité de révolte, surtout lorsque cela touche à la défense de son droit à reluquer des gamines, bien à l’abri derrière l’argument de la spécificité culturelle japonaise, ou plus simplement à continuer à objectifier les femmes. Une pétition, appelant Sega, propriétaire d’Atlus, à défendre la version originale du jeu, circule. Vous faites ce que vous voulez de cette info, nous on préfère en rigoler – en soufflant un bon coup quand même.

Seastrom
Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave et à une tendance toujours plus prononcée pour la contradiction. Rajoutez un "j'aime bien tous les genres de jeux" et autant vous dire qu'avec ça, difficile d'affirmer avoir bon goût. Possibilité de l'amadouer en lui parlant Dreyer et Digimon.

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