Quantic Dream condamné mais pas trop

Ca y est Quantic Dream a été officiellement condamné à une amende de 5 000€. Mais le studio français s’en tire finalement plutôt bien. Et il n’a pas même pas hésité à le sous-entendre dans un tout récent communiqué.

L’information est sortie très récemment. Quantic Dream, mondialement reconnu pour ses jeux tels Beyond Two Souls et Detroit : Become Human (pas à raison, de mon point de vue) a écopé d’une amende par le Conseil des prud’hommes le 21 novembre dernier. Toutefois, la somme de 5 000€ reçue par le plaignant semble dérisoire au regard de ce que celui-ci demandait. En effet, le studio était poursuivi par un ancien employé qui s’estimait victime d’un photomontage le présentant en train de faire un salut nazi. Au-delà de ce comportement déjà problématique, le plaignant avaient souhaité un dédommagement (de 114 000€) car il estimait que différents facteurs liés à l’ambiance sur place l’avaient poussé à la démission. On attendait donc avec impatience le probable communiqué de Quantic Dream.

Et ce 3 décembre 2019, il a donc été publié. Le but pour le studio était de revenir rapidement sur la décision qui a été rendue. Un moyen pour la direction de donner sa version des faits et éviter un impact désastreux en termes de communication. Quantic Dream ne s’en cache pas d’ailleurs absolument pas (il suffit de lire la dernière ligne du communiqué) :

“Il nous semblait important de diffuser les informations exactes afin d’éviter toute désinformation due à une mauvaise interprétation des faits”.  Ce qui donne, en version non communication d’entreprise : « On a perdu notre procès, mais en fait ça va, on a pas payé grand chose donc ça veut dire qu’on avait un peu raison. Alors écoutez pas ce que disent les méchants journalistes ». Une tentative plus que bancale d’éteindre un possible incendie sur les réseaux sociaux et dans la presse où les gens vont, légitimement, assimiler Quantic Dream et condamnation aux prud’hommes.

Il faut dire que cela fait un certain temps que ce qui se passe au sein de Quantic Dream interroge (au-delà de la qualité des jeux eux-mêmes). En janvier 2018 sortait une enquête menée conjointement par Canard PC, Mediapart et Le Monde. Celle-ci mettait en cause des pratiques managériales toxiques, une culture d’entreprise malsaine et des licenciements aux motifs plutôt flous.

Près de 2 ans plus tard, la condamnation de Quantic Dream peut être vue comme une des conséquences de cette affaire. Mais cela reste assez maigre compte tenu des informations obtenues. En ressortant de cette affaire avec une image à peine écornée, Quantic Dream évite la disgrâce. Et le “fleuron du jeu vidéo français” a encore de beaux jours devant lui. Nous, face à ses futurs jeux, sûrement beaucoup moins.

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Veltar

Joueur de jeux vidéo qui aime la politique. Du coup j'écris surtout des trucs qui parlent des deux. Côté jeux : Stratégie, Metal Gear Solid et indés en pixel art. Consommateur régulier de séries TV et de films.

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