PS5/Xbox Series X : un point sur les promesses de rétrocompatibilité

« Euh.. peut-être, on sait pas encore », « OUI, tous les jeux du MONDE et encore plus ! », « Bon, une petite centaine, ça vous irait ? », « Alors finalement, on va partir sur un peu moins que ça… », « 4000, c’est mieux ? », « JE SAIS PAS, LAISSEZ-MOI »… On rassemble les informations disponibles à l’heure actuelle autour de la rétrocompatibilité et autres offres de portages que proposera le duo PS5/Xbox Series X.

Avec le report de Cyberpunk 2077 à novembre s’est posée la question de la disponibilité du RPG de CD Project RED sur la prochaine génération de consoles. Attendues pour la fin de l’année sans plus de détails pour l’instant, la PS5 et la Xbox Series X prennent une place de plus en plus importante dans l’actualité, à mesure que Sony et Microsoft avancent dans leur calendrier des révélations concernant les caractéristiques respectives aux deux machines.

Concernant la rétrocompatibilité, les discours se sont multipliés, à grands renforts d’appellations fumeuses et de déclarations pataudes, masquant, au choix, une stratégie de communication bien ficelée ou une navigation à vue. Et si Microsoft paraît avoir pris l’ascendant dans la course à la fidélisation de son public d’une machine à l’autre, les plans qui se dessinent aujourd’hui chez les deux constructeurs ne diffèrent, au final, que peu.

À l’image de ce trailer diffusé lors de l’EA Play Live dans la nuit de jeudi à vendredi, la rétrocompatibilité, pour l’instant, c’est surtout un gros stock de poudre de perlimpinpin.

Pour plus de clarté, on va distinguer deux pratiques placées sous le sceau de la rétrocompatibilité qui nous attendent à la sortie des prochaines consoles de salon. La première concerne a priori et en particulier les jeux les moins récents (sortis il y a plus d’un an et demi, deux ans grand maximum) et qui ne sont pas des blockbusters, donc la très grosse majorité de la production. On nous assure pour l’instant, chez Microsoft comme chez Sony, que les jeux des précédentes générations tourneront mieux sur PS5 et Series X que sur leur plateforme d’origine, à condition d’avoir reçu un feu vert à l’issue de tests actuellement effectués chez l’un et l’autre constructeur. Une fréquence d’images par seconde plus élevée, une plus grande stabilité ou résolution sont donc à prévoir.

Sur ce point, Microsoft profite de sa plus grande expérience : sur l’actuelle Xbox One X, un peu plus de 600 jeux sortis du catalogue de la Xbox et de la Xbox 360 seraient jouables, parmi lesquels 65 auraient été optimisés pour la One X. La Series X accueillerait donc tout ce beau monde et plus encore, étalé sur 4 générations de machines, soit un beau chiffre à mettre en avant, quand la PS5 se contentera, sauf surprise, des titres sortis sur PS4 et PS VR – ce qui constituerait tout de même une bibliothèque potentielle de plus de 4000 titres, selon les dires du constructeur japonais. Il s’agit, dans les deux cas, de faire une place centrale aux nouvelles machines, quitte à rendre caduque leurs grandes sœurs ; celles-ci seraient-elles seulement destinées à ne faire tourner que les titres n’ayant pas eu la possibilité de faire le saut de plateforme ? Quid, dès lors, de la question de leur recyclage ?

La deuxième pratique consiste moins en une question de rétrocompatibilité que de « simple » mise à jour, mais les constructeurs l’abordent avec une approche radicalement différente. Microsoft met le paquet sur ce qu’il appelle le Smart Delivery et qui consiste tout bonnement en la mise à niveau (des graphismes, performances…) d’un jeu sorti sur One X sur Series X, sans frais supplémentaires, avec une suite de services annexes (la màj automatique, version physique comprise…). Beaucoup de bruit pour rien, on est tenté de dire, autour d’un concept qui entretient la confusion sur ce qui est délivré en fin de compte. Car si la firme américaine centralise les offres, la décision d’une telle mise à jour reste dans les mains de l’éditeur du jeu. Au hasard, même si la question ne se posera sûrement pas, on serait bien étonné de voir Atlus proposer un portage gratuit de Persona 5 Royale, sans même une petite douille derrière la tête.

Les jeux concernés par ce Smart Delivery sont donc avant tout sortis des studios de Microsoft et ceux proposés par les éditeurs tiers, qui se multiplient jour après jour, feront également leur petite transformation technique de la PS4 à la PS5 – sauf si Microsoft est allé jusqu’à négocier l’exclusivité d’une màj, ce qui reste hautement improbable. Il en va ainsi de Cyberpunk 2077 (qui verra une version encore PLUS adaptée, si c’est possible, sortir en 2021), Destiny 2, et de Madden 21 et FIFA 21, pour lesquels la mise à niveau sera gratuite seulement pour un an – EA, fidèle à ses principes d’entubage. Face à la stratégie très agressive de son concurrent, Sony a mis du temps à se prendre en main et paraît encore assez flou sur sa stratégie. On ne sait pas encore si les services annexes du concept trop smart de Microsoft seront également de mise sur PS5. Reste, à n’en pas douter, que la liste des jeux tiers optimisés pour Series X s’appliquera à la machine de la marque japonaise. En attendant confirmation, on retrouvera sûrement Assassin’s Creed Valhalla, DiRT 5, Scarlet Nexus et autre Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2 dans des versions adaptées sur PS5. À noter également que Sony a rendu obligatoire la disponibilité sur sa prochaine console de tout jeu qui sortira sur PS4 après le 13 juillet, accompagnant les équipes de développement dans la démarche.

En attendant qu’elles sortent, ces nouvelles machines dopées aux SSD du futur ne doivent pas faire oublier qu’aujourd’hui, les jeux sont déjà très beaux et que tout comme leur architecture interne se place dans la continuité des consoles actuelles, les évolutions de gameplay ne sauraient évoluer que dans une marge réduite et ne vaudront peut-être pas leur coût écologique. On a personnellement assez de jeux actuellement pour tenir des années sans plonger tête la première dans cette génération aux gros muscles et on va très certainement s’en tenir là pour un moment. On est, même si c’est difficile à croire, parfois raisonnable.

Seastrom
Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave. Possibilité de l'amadouer en lui parlant Dreyer et Digimon.

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