Alerté par un utilisateur de Twitter, le monde du jeu vidéo a appris mardi que l’éditeur Nicalis a fait jouer le Digital Millenium Copyright Act (DMCA) pour faire supprimer d’Internet la version freeware (donc gratuite) de Cave Story et toutes ses versions modifiées par des fans. Un nouveau scandale qui vient entacher encore plus la réputation de cet éditeur spécialisé dans les indés.
L’utilisateur de Twitter Buttons Montgomery a publié un statut accompagné d’une capture d’écran montrant que Nicalis avait fait jouer le décrié DMCA pour faire retirer la version originale et gratuite de Cave Story sortie en 2004 des sites la proposant. Une annonce qui a fait bondir de leur chaise bon nombre de personnalités de l’industrie du jeu vidéo et de joueurs tant le ridicule de la chose est fort. Depuis quelques jours donc, il n’est plus possible de se procurer la version gratuite, disposant du code open source de Cave Story ou de ses mods. Par exemple, le site cavestory.org qui propose de télécharger différentes reproductions du jeu à partir de son code source ne peut plus distribuer la version CSE2.
So @nicalis has decided to start DMCA'ing the freeware versions of Cave Story and fan made rebuilds of the freeware version that supported mods while also largely not even using the original source code.
— Buttons Montgomery (@HBJohnXuandou) November 24, 2020
Remember:
Fuck Nicalis. Do not support Nicalis. Do not buy Nicalis games. pic.twitter.com/RP3LPN5pXp
Nicalis est l’éditeur du jeu depuis 2010 et a produit des portages et versions améliorées du jeu sous différentes plateformes, notamment chez Nintendo. Ces versions sont vendues, contrairement au jeu original de Daisuke « Pixel » Amaya. Si les joueurs veulent jouer à Cave Story, ils ne peuvent donc plus que passer par les versions payantes. Un véritable scandale quand on apprend que Cave Story n’appartient pas à Nicalis mais bien toujours à Amaya. Comme le dit le site Nintendolife, Nicalis a donc outrepassé les termes du contrat d’édition passé avec le créateur de Cave Story.
Ce n’est pas la première fois que Nicalis, qui a édité et porté sur consoles notamment The Binding of Isaac : Afterbirth ou 1001 Spikes, est pointé du doigt pour des pratiques douteuses. En septembre 2019, Jason Schreier publiait une enquête sur la société dans Kotaku. On y apprenait que Tyrone Rodriguez, le président de l’entreprise, avait ignoré à de nombreuses reprises des développeurs avec qui il avait signé des partenariats de publication, faisant perdre à celles-ci des semaines voire des mois dans leurs plannings de sortie. Enter the Gungeon ou encore Furi font partie des victimes et leurs développeurs ont décidé de ne plus avoir affaire à Nicalis. Edmund McMillen lui-même a décidé de mettre fin à son partenariat avec l’éditeur lorsqu’il a appris ses agissements. Mais ce n’est pas tout.
If you are a small indie and consider working with Nicalis and want an opinion about them, please don't hesitate to DM me. It's a small industry. Actions have consequences.
— Emeric Thoa (@EmericThoa) July 5, 2019
Rodriguez est aussi décrit par d’anciens et actuels employés comme un patron exploiteur, ayant une propension aux « blagues » et commentaires racistes, antisémites ou homophobes dans ses échanges Skype ou encore obligeant ses employés à faire ce qu’il veut, ce qui inclue de boire des quantités importantes d’alcool. Celles et ceux qui ont l’audace de lui dire non sont souvent punis par un licenciement. Il aurait même fait boire des développeurs à un meeting avant de parler affaires avec eux.
Bref, Nicalis est une société problématique dans le paysage vidéoludique, du fait qu’elle est gérée par un homme que l’on peut qualifier de dangereux. Espérons que ce scandale déliera les langues des personnes qui avaient trop peur de parler et apportera une justice nécessaire.

Benjamin "Noodles"
Faire des jeux de mots c’est mon dada. J'aime bien tous les jeux aussi. Sauf les mauvais ou ceux qui nous prennent pour des glands.
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