L’indé matin : Unfolded : Camellia Tales

C’est un nouveau lundi miteux qui se dessine, et pour ne pas céder à la morosité du début de semaine, l’indé matin met en lumière un jeu indépendant, tout juste ou bientôt sorti, qui nous a tapé dans l’œil. De quoi repartir du bon pied, avec curiosité en bandoulière et foi en l’humanité. Ce matin, relecture d’une tragédie coréenne avec Unfolded : Camellia Tales.

Développé par le studio indépendant Cosdots, composé de Haemin Kim à l’écriture et la programmation et Jaeryeong Jaeong à l’animation, Unfolded : Camellia Tales revient sur un événement historique sanglant de la Corée du Sud : le soulèvement des habitants de l’île de Jeju en 1948 et le massacre qui a suivi.

Alors que le pays, conduit par les États-Unis, est sur le point d’élire son premier gouvernement après le départ de l’armée d’occupation japonaise, le Parti du travail s’élève contre un vote qui ne concernerait que la moitié Sud du pays, l’Union soviétique ayant refusé la résolution des Nations Unies qui a entériné la tenue de l’élection. Sur Jeju, où le comité populaire est en majorité communiste, l’élection est empêchée à la suite d’une action violente visant la police et les groupes paramilitaires anticommunistes de la Ligue de la jeunesse du Nord-Ouest. Alors que le gouvernement et l’administration états-unienne dépêchent leurs forces armées sur la côte, les insurgés et une partie de la population se réfugient au centre de l’île où il est plus aisé de se cacher.

Dans Unfolded : Camellia Tales, on incarne Herman, un garçon témoin de ces événements qui s’est lui aussi abrité dans la montagne. Notre progression sera faite de rencontres avec la population et d’exploration, afin de venir en aide à ceux qui en auraient besoin. Les mécaniques du point’n click, avec son lot de puzzles, se mettent ainsi au service de la narration, des témoignages qu’Herman ne manquera pas de consigner dans son carnet. Pour dépeindre ces événements, qu’on nous promet agrémentés de moments légers et humoristiques, Cosdots s’est porté sur un style dessiné fourmillant, en noir et blanc, afin de faire ressortir au mieux les quelques couleurs croisées, à l’instar du rouge des fleurs de camélia ; une direction artistique régulièrement adoptée lorsqu’une période violente de l’Histoire est abordée, comme dans My Memory of Us. Reste à voir comment le gameplay sera associé à l’exercice de mémoire, qu’une encyclopédie en jeu viendra étayer, mais la perspective de découvrir un passage méconnu et honteux (les excuses officielles du gouvernement ont eu lieu au début des années 2000) de la Corée attise déjà notre intérêt. Un prologue est disponible gratuitement pour les intéressé.es.

Unfolded : Camellia Tales sera disponible le 24 mars sur Steam. Un DLC sera disponible en mai et une sortie sur Switch est prévue d’ici la fin d’année.

Bonus. Et comme c’est dur de faire un choix excluant, surtout en cette période chargée en jeux indépendants, on vous signale également les sorties de Landlords of the Woods, un court point’n click pastel entre osselets et herbiers, Pile Up! Box by Box, jeu coloré orienté multi par le jeune studio français Seed by Seed, Derelict Void, rogue lite où il faut gérer ses ressources dans l’espace et enfin Dandy Ace, rogue lite d’action au contrôle d’un magicien à haut-de-forme. Les trois premiers sont disponibles depuis la semaine dernière sur PC (Pile Up! devrait être porté sur d’autres plateformes), les deux suivants le seront les 22 et 25 mars.

Seastrom
Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave. Possibilité de l'amadouer en lui parlant D&D (Dreyer et Digimon).

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