L’indé matin : Adios

C’est un nouveau lundi miteux qui se dessine, et pour ne pas céder à la morosité du début de semaine, l’indé matin met en lumière un jeu indépendant, tout juste ou bientôt sorti, qui nous a tapé dans l’œil. De quoi repartir du bon pied, avec curiosité en bandoulière et foi en l’humanité. Bottes crottées et fricassées de malfrats, cette semaine, dans Adios.

Annoncé en avril dernier à l’occasion d’un ID@Xbox consacré aux indés et particulièrement touffu, Adios avait le mérite d’interpeller. Difficile, en effet, de se rappeler avoir déjà joué un éleveur louant ses services, ou plutôt l’appétit de ses cochons, à la mafia locale afin qu’elle bazarde ses encombrants organiques. Parce qu’un business, ça demande des sacrifices, mais si ce sont ceux des autres, c’est quand même plus pratique.

Sauf que rendre service, ça va bien un moment, et vous avez décidé de raccrocher votre tablier – au moins la partie « recyclage de gigots de Toby, le dealer récalcitrant ». Vous profitez du passage d’un vieil ami, assassin au service des mêmes employeurs, pour lui annoncer la nouvelle. Sachant pertinemment qu’il ne peut prendre le risque de vous laisser cafter, il décide de passer la journée avec vous afin de vous faire changer d’avis. Auquel cas il n’aura pas à servir vos petons à vos propres cochons.

Ce synopsis inhabituel fait un peu plus sens dès lors qu’on apprend la présence de GB « Doc » Burford derrière Mischief, studio développeur du jeu. Non pas que celui-ci ait travaillé, à notre connaissance, sur nombre de jeux (il est passé, par exemple, sur Hardspace : Shipbreakers) mais il semble être de bon conseil puisqu’on le retrouve dans les crédits du mystérieux Frog Fractions et remercié dans ceux de Disco Elysium, rien que ça. Surtout, il a fait partie du trio de développeurs qui a développé le non moins intriguant Paratopic, court jeu d’horreur aux graphismes évocateurs d’une bizarrerie intrinsèque et applaudi pour son ambiance unique. Adios semble être une deuxième tentative d’emmener le walking simulator sur d’autres chemins, un genre que l’intéressé n’aime, de base, pas, considérant qu’on n’y fait souvent qu’écouter des fichiers audios, qu’il a tout de même repris car peu cher à développer.

Qu’attendre, alors, d’Adios ? Un dérivé de ces déambulations introspectives, déjà, qui seront certainement un peu plus concrètes grâce à la présence d’un interlocuteur direct ; des actions contextuelles qui nourriront l’échange entre les personnages ; et une direction artistique encore une fois étrange, tendant doucement vers le photoréalisme mais surlignée par un effet façon cel shading. Des choix qui traduisent autant un besoin de restrictions financières que d’une volonté d’arriver à en tirer quelque chose d’inédit. Comme son personnage principal, Adios cache encore sa véritable nature mais il a déjà toute notre attention.

Adios sera disponible le 17 mars sur Steam et Xbox.

Bonus. Et comme c’est dur de faire un choix excluant, on vous signale également les sorties d’Ecosystem, un simulateur de vie sous-marine où les poissons évoluent d’eux-mêmes (et sont donc super bizarres), Red Ronin, un tactical à la limite du jeu d’action où les ennemis se tranchent d’un coup de sabre net, et de Space Otter Charlie, dans lequel une loutre moustachue joue du blaster dans l’espace. Les deux premiers se lanceront sur Steam les 16 et 17 mars. La loutre de l’espace, prévue au 18 mars sur la plateforme de Valve, fera également son show sur Switch, PS4 et Xbox. C’est l’avantage d’être mignon – et d’avoir un éditeur.

Seastrom
Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave. Possibilité de l'amadouer en lui parlant Dreyer et Digimon.

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