Google plonge dans le turfu avec Stadia et ça promet

Pour les deux du fond qui ne suivaient pas l’actualité vidéoludique ces derniers temps (on ne vous juge pas c’est pas notre style), Google a tenu hier à 18h sa très attendue conférence à la Game Developers Conference de San Francisco, censée présenter le futur du jeu vidéo. Le géant américain a étalé pendant une petite heure son nouveau concept appelé Stadia. Et oui, on a clairement fait un bon dans le futur.

Stadia qu’est-ce que c’est donc ? On va la faire simple pour les joueurs : c’est une plate-forme de cloud gaming, qui permettra potentiellement, en pressant juste un bouton, de jouer à n’importe quel jeu, sur n’importe quel appareil (avec possibilité de passer sur un autre support facilement), sans temps de chargement, sans devoir l’installer et jusqu’en 4K 60 fps. Pour illustrer le concept, qui a mis un peu de temps à devenir clair dans ma petite tête, nous avons eu le droit à une mini démo en temps réel sur Assassin’s Creed Odyssey. L’homme sur scène a commencé à jouer au titre d’Ubisoft sur un ordinateur portable tout ce qu’il y a de plus basique via… le navigateur Chrome ! Il est ensuite passé sur un téléphone portable, puis une tablette, pour enfin terminer sur une télé via la Chromecast. Imaginez un peu, pas de temps de chargement et pas d’installation ! Là je pense pouvoir parler pour mes estimés collègues qui ont aussi suivi la conf en disant qu’on a été soufflés par cette présentation technique.

Les développeurs (rappelons que cette conférence s’adressait surtout à eux) et les joueurs passeront donc par le cloud de Google et ses data centers, hyper puissants. Pour les développeurs, cela représente un gain de puissance extrêmement conséquent, puisqu’ils auront accès à des CPU dédiés que Google a mis à disposition en partenariat avec AMD. Les GPU apporteront 10,7 teraflops de puissance (oui le retour des fameux teraflops aka la nouvelle unité de mesure pour montrer que la tienne est plus grosse que la leur, mais quand même ça reste impressionnant), soit presque deux fois plus que pour la Xbox One X. Pour les joueurs, eh bien vous n’avez qu’à relire le paragraphe de dessus pour vous rendre compte de ce que ça change pour eux. Toujours côté dev, le Style Transfert ML utilisera le machine learning afin d’apporter des textures au jeu en construction en un temps extrêmement court. En gros, la puissance de l’intelligence artificielle, énorme tendance de ces dernières années dans la tech et au delà. Google a aussi montré ses partenariats avec des acteurs importants et on y retrouve notamment des moteurs tels que Unity, Unreal Engine, Cryengine ou encore Havok. Un sacré panel.

Plus tard dans la conférence, et je vais rester sur l’expérience joueur parce que c’est ce qui nous intéresse le plus ici, on nous a parlé de multijoueur. Eh oui, passer par le cloud permet un certain nombre d’avantages non négligeables pour bénéficier d’une expérience aux petits oignons. Evidemment, l’exemple du battle royale nous a été sorti. « Imaginez un battle royale qui n’a plus 100 joueurs, mais des milliers ». Oui, on imagine bien oui. Le cheat ? Quoi quel cheat ? Bah non, plus de cheat ou de hacking (ça on verra mais c’est Google quand même, c’est pas des branques niveau sécurité). On nous a montré quelques images d’une démo multijoueurs d’un jeu Stadia dans lequel on peut absolument tout détruire. Si vous suiviez l’actu du jeu, c’est à peu près ce à quoi voulait ressembler Crackdown 3 lorsqu’il avait été annoncé en fanfare par Microsoft, avec cette promesse d’utilisation du cloud pour obtenir un univers destructible et persistant même en multijoueur. Le cross plate-forme sera même autorisé. On nous a dit et montré également que le split screen marcherait bien mieux grâce au cloud. Peut-on donc rêver de retrouver des jeux jouables avec nos amis PRÉSENTS CHEZ NOUS ? Je l’espère car personnellement je regrette l’absence progressive de ce genre de titres.

Si on veut, on pourra jouer avec la manette Stadia. Je suis pas fan mais chacun ses goûts

Fonctionnalité intéressante, le State Share de Stadia. Je vais prendre l’exemple que tout le monde a dû ressortir depuis la fin de la conférence pour l’expliquer. Vous êtes bloqué sur Dark Souls (parce que ce jeu c’est l’enfer même si c’est bien), bim une petite activation de la fonctionnalité, on obtient un lien partageable de notre sauvegarde, et on peut l’envoyer à qui on veut pour qu’il puisse nous aider. Simple et efficace il faut le dire.
Pour rester sur les fonctionnalités, évidemment, YouTube fait la part belle à l’échange entre les « créateurs de contenus » et leurs fans mais tire aussi profit de l’interopérabilité entre Google et la plate-forme de vidéo. Lorsqu’on regardera une vidéo d’un jeu, ou une pub d’un jeu, ou un streamer, Stadia mettra à disposition un petit bouton qui nous permettra d’acheter et de lancer directement (en 5 secondes comme ils l’ont bien répété) le jeu que l’on regarde. En regardant un streamer on sera même lâché dans le jeu pile poil au moment où il se trouve. Pour le multi c’est pareil. Le streamer joue à un jeu multi, le spectateur voudra le rejoindre, il n’aura qu’à appuyer sur un bouton et, s’il se trouve assez haut dans la file d’attente (bah oui y aura sélection hein, on fait pas tenir 2000 joueurs dans une partie de FIFA), il rejoindra directement son idole.

Enfin, Google nous a annoncé qu’ils développeraient des jeux en first party à travers Stadia Games and Entertainment, dirigé par THE Jade Raymond. Ça ne nous étonne pas plus que ça, on s’y attendait un peu. Plus qu’à voir ce qu’ils auront à nous proposer (Google devrait apporter des précisions cet été). Et en parlant jeux d’ailleurs, on sait déjà que Assassin’s Creed Odyssey et DOOM Eternal tireront parti de Stadia lorsque la plate-forme sera lancée au cours de cette année. Ici, on mise sur possiblement une fin d’année 2019. Ah oui et on a vu la manette Google dédiée. Bon perso je la trouve pas ouf mais c’est parce que j’aime pas les joystick posés façon PlayStation, je préfère la manette Xbox.

Ah par contre, si vous vous demandiez combien ça peut coûter tout ça et quel genre d’internet il faudra pour pouvoir l’utiliser pleinement… on ne le sait pas encore. Voilà. On peut déjà dire que si vous n’avez pas la fibre ça va être chocho.

Pour finir, la présentation nous a bel et bien impressionné. Mais n’oublions pas qu’il s’agissait d’une conférence bien officielle, à destination d’abord des développeurs, pour présenter un projet, avec beaucoup d’arguments marketing. Il convient de rester alerte parce que d’une part, il s’agit de Google, pas forcément les grands gentils de l’Histoire, mais surtout parce que les informations bien précises pour les joueurs manquent cruellement. On gardera des pincettes quant à la tenue de cette grande promesse.

Si vous voulez en savoir plus sur les points techniques, nous ne pouvons que vous conseiller la lecture de cet article de Digital Foundry.

Benjamin
Benjamin "Noodles"

Faire des jeux de mots c’est mon dada. J'aime bien tous les jeux aussi. Sauf les mauvais ou ceux qui nous prennent pour des glands.

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