Resident Evil 2 (2019) – Mon GOTY survival-horror (de 1998)

Vous voulez que je vous dise ? Je ne suis même pas certain que le remake de Resident Evil 2 sorti par Capcom en tout début d’année soit un si bon jeu que ça. Du moins, en y repensant, j’y vois mille défauts derrière la poudre aux yeux qu’il déploie sans cesse. Mais à l’heure où la plupart des remakes et des suites spirituelles sont soit des portages complètement laqués avec des polices de caractères illisibles, soit des jeux Dreamcast portés à la va-vite avec un lissage des textures douteux, Resident Evil 2 m’a fait du bien.

Propulsé par le très, très impressionnant moteur graphique RE Engine également à l’œuvre sur Devil May Cry V, Resident Evil 2 2019 aurait pu n’être qu’une claque graphique, comme l’ont été d’une certaine façon les différents remakes du premier épisode de la série. Mais forts de l’expérience acquise sur le septième épisode, et sur les différents exercices de conversion des autres épisodes de la série, Capcom nous prouve être l’un des éditeurs nippons les plus avancés sur la question de ce que doit être un bon jeu en 2019.

Il s’avère que peu de temps avant de faire le bilan de l’année, j’ai joué consécutivement au portage Vita de Resident Evil 3 et du légendaire Forbidden Siren. L’un comme l’autre s’avèrent très, très difficiles à apprécier manette en main aujourd’hui. Si l’esthétique et l’ambiance de ces jeux restent au top, leur gameplay a quant à lui pris vingt ans dans la vue. Déplacements rigides, caméra complètement flinguée, interface balourde… Jusqu’aux instructions in game, tout est confus. On ne sait jamais exactement ce que le logiciel attend du joueur.

Resident Evil 2 balaye tout cela. En adaptant à la perfection les souvenirs collectifs des joueurs d’il y a 20 ans et, très rapidement, en leur disant qu’ils ne sont pas si importants que cela (ainsi plusieurs scènes mythiques de l’exploration du commissariat de Raccoon City deviennent anecdotiques). Et ce, au profit d’une façon d’envisager le game design totalement modernisé, fluidifié. Garder l’intention originelle, l’adapter aux attendus de l’époque, n’est-ce pas la définition de ce que devrait être un remake ? À mon sens, en la matière, seule la série Yakuza parvient à faire mieux.

Resident Evil 2 commisariat

Vous n’avez jamais touché à un Resident Evil ? Foncez, et prenez-vous le remake du deuxième épisode. Vous êtes nostalgique de vos frissons d’enfance ? Faites pareil. Excellent cadeau de Noël, aussi. Vraiment, faites-moi confiance.

Mais puisque vous me faites confiance, restez juste une minute de plus pour que je vous parle des petits trucs qui pourraient ne pas vous plaire, quand j’y repense un an après. D’une part, il y a cette notion de « scénario B » qui saute un peu au montage. RE2, c’était aussi quatre façons différentes de faire le jeu (sans compter les modes bonus où vous incarniez un tofu géant), en fonction de votre personnage de départ. Dans le remake, ce chiffre tombe à deux, et pas franchement avec un souci de cohérence narrative très poussé. Votre deuxième run aura peut-être un peu un goût de flotte, voire un très léger parfum d’arnaque, d’autant que sous son emballage absolument somptueux, Resident Evil 2 reste un joyeux nanar un peu trop premier degré.

Et puis il y a ce dernier tiers des deux scénarios proposés, que les efforts démesurés de Capcom n’ont pas réussi à rendre beaucoup plus intéressants que dans l’original. De Resident Evil 2 1998 on se souvient du commissariat, de Mr.X le boss invincible, et des énigmes bizarres à base de médaillons à insérer dans des statues. Pas tant des égouts et du laboratoire. Hélas, Resident Evil 2 laissera la même impression : cinq ou six heures brillantes suivies de deux zones un peu moyennes, qui se résolvent en pilote automatique. Bah, qu’à cela ne tienne, ça reste de très loin le meilleur Survival Horror de l’année. Oh, et puis si vous avez la version PC, elle regorge de Mods hilarants.

Bref : Resident Evil 2 version 2019 est le premier très bon jeu que j’ai critiqué pour ce site en 2019. Triomphe critique et commercial, il m’a réconcilié, comme tant d’autres, avec une franchise passée par pertes et fracas depuis dix ans et dont le septième épisode, un peu marginal, n’aurait pu être qu’une excellente surprise au milieu du gâchis généralisé. Et vous savez quoi ? Resident Evil et moi, on n’a pas fini de prendre du bon temps.

zalifalcam
zalifalcam

J'aime les jeux double A, les walking simulateurs prétentieux et les JRPG, et plutôt que de me soigner, j'écris à leur propos.

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