Partie Rapide : Wartales et Grow : Song of the Evertree

Cette fois-ci dans Partie Rapide, Zali nous parle du début d’accès anticipé du tactical RPG en monde ouvert Wartales et Fanny de Grow : Song of the Evertree, un petit jeu relaxant mais très répétitif.

Wartales

Après les RPG rétro Evoland et Evoland II, le stratégique Northgard ou encore le jeu de survie en coop Darksburg, le studio bordelais Shiro Games change une nouvelle fois de registre, avec un tactical RPG en monde ouvert dans un univers de low fantasy désabusé et âpre. Et si le tout début d’accès anticipé de Wartales est prometteur, la version qui nous a été envoyée en est encore à un stade trop peu avancé de son développement pour donner un avis très poussé.

Moyen-Age, maxi problèmes

On peut imaginer que le contexte de Wartales sera bien mieux posé dans d’autres versions du jeu, mais pour l’heure, je le résumerai à « il y a un pays en crise, et vous êtes des gars. Voilà, partez à l’aventure ». Après avoir rapidement donné un petit background à votre troupe de gueux moustachus (ce qui déterminera quelques caractéristiques de base de vos avatars), vous commencez à explorer un bout de la map, toujours le même pour le moment, mais il semble qu’il sera possible dans des versions ultérieures de déterminer son premier point de chute. Votre objectif est triple : d’une part survivre, d’autre part progresser dans différentes voies possibles (le crime, la puissance, etc.), et enfin suivre ou non une série de quêtes qui vous donneront de plus amples informations et révélations sur le monde qui vous entoure.

Wartales carte
La carte sur laquelle vous allez passer une bonne partie de votre temps.

En pratique, votre petite troupe commence tout en bas de la chaîne alimentaire, et vos premières journées seront surtout consacrées à de la pure survie, entre apprentissage difficile de compétences de base et travaux divers pour les paysans du coin : livrer des poteries, transmettre des messages ou encore rosser des bandes de bandits, déserteurs et autres braconniers. Comme à peu près tout peut vous tuer en deux coups de cuiller à pot, ces premières heures sont assez décourageantes. Wartales ne quitte petit à petit son côté punitif qu’une fois que vous commencez à avoir gagné quelques primes et dépouillé quelques passants de matériaux nécessaires à crafter un équipement un poil moins nul que vos loques de base. Pour ça, il vous faudra encore arriver à sortir vivant de vos premiers combats, et on ne peut pas dire que le jeu vous accompagne beaucoup dans cette tâche.

J’ai pris cinquante flèches dans le genou

Quand vous ne serez pas sur la map principale, dans un village ou dans votre campement en train de crafter des trucs et des machins, Wartales vous proposera une série de batailles tactiques, constituant une grosse partie de ce que vous ferez dans le jeu. Ces batailles, un peu moches et un peu molles, ne sont cependant pas dénuées d’intérêt, si on passe outre le fait que le jeu ne vous propose quasiment aucune forme d’aide et d’accompagnement pour vous en dépatouiller. Il faut beaucoup tâtonner et multiplier les essais pour comprendre la logique des différentes classes et compétences, mais dès qu’on a fait passer deux ou trois niveaux de spécialisation à ses gugusses, Wartales propose des batailles assez variées et amusantes. On apprécie particulièrement le soin apporté au placement des unités et au système de « points de bravoure » permettant d’enchaîner les coups spéciaux et de retourner rapidement le cours d’une bataille qui semblait perdue.

Wartales bataille
Les batailles sont moches, mais gagnent vite en intérêt à mesure qu’on progresse et qu’on débloque des compétences.

On appréciera également le prometteur triple système d’expérience proposé par Wartales : les unités gagnent de l’expérience en se battant, mais peuvent également progresser dans un métier (cuistot, alchimiste, etc.), et votre troupe gagnera par ailleurs des compétences passives et actives en gagnant des « points de connaissance » récompensant votre exploration de la map. Bref, on est incité à toucher un peu à tout, même si pour le moment, un nombre élevé de tentatives (changer de job, crafter un objet…) se sont soldées par de méchants retours Windows : des problèmes que l’on souhaite en voie de règlement rapide pour que l’on puisse explorer un peu plus en profondeur les possibilités offertes par Wartales. Si tout fonctionnait correctement, on imagine que le jeu pourrait proposer des dizaines d’heures de montée en puissance et en compétence de vos compagnons.

Dommage que pour le moment, ces tentatives soient également plombées par un jeu dont l’équilibrage laisse à désirer et pousse à recharger plus que de raison sa partie : la zone d’arrivée actuelle du jeu vous permet trop tôt et trop vite de vous faire défoncer par à peu près tout ce qui se présente devant vous. Votre troupe se retrouve avec des blessures graves, des armures cabossées, sans nourriture, sans argent et le moral dans les chaussettes pendant des heures avant que vous puissiez un tant soit peu reprendre le dessus. Une bonne partie des quêtes proposées au début du jeu sont proprement infaisables sans de longues heures préalables de grind. Sans avoir à niveller son challenge global, Wartales mériterait une « vraie » zone de tutoriel vous permettant d’accomplir des choses plus modestes et plus faciles pendant quelques heures avant de vous lâcher dans le grand bain avec une troupe un peu moins novice.

Wartales compétences
A défaut d’être très claire, la progression des personnages et de la troupe est très fouillée.

Wartales a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

Wartales promet beaucoup de choses, mais manque pour le moment un peu de tout. La difficulté est très mal équilibrée, le rythme est complètement en dents de scie, l’interface est assez illisible, le système de craft pas encore franchement très clair… Il manque encore trop de choses pour qu’on s’amuse vraiment longtemps avec ce jeu. Il sera cependant très intéressant de voir ce qu’il donnera dans quelques mois. En l’état, l’achat de ce jeu est un pari sur l’avenir davantage qu’une garantie de s’amuser tout de suite.

Grow : Song of the Evertree

Nouveau jeu de Prideful Sloth, studio connu pour Yonder : The Cloud Catcher Chronicles, Grow : Song of the Evertree s’inscrit dans la tendance du moment des jeux mignons et relaxants. Et s’il ne révolutionne pas le genre, il s’avère être un divertissement tout à fait efficace, bien que très répétitif, et parfaitement accessible à toute la famille.

Une expérience basique mais plaisante

Pour justifier ses différents gameplay, Grow : Song of the Evertree nous déroule une histoire classique à souhait : le monde vivait en parfaite harmonie grâce à un grand arbre, ce dernier a été corrompu, tout a été détruit et tout le monde est parti sauf le personnage-joueur, qui possède bien entendu un talent unique pour faire revivre tout ça. En tant qu’alchimiste, il vous reviendra donc la tâche de tenter de guérir l’arbre en créant de nouveaux mondes sur ses branches et en prenant soin de ceux-ci, ainsi que de faire revivre la ville à ses pieds en accueillant de nouveaux habitants.

Nous sommes donc ici face à un jeu de jardinage/récolte, avec quelques éléments de gestion de vie et un peu d’aventure. Grow : Song of the Evertree arrive heureusement à éviter la pagaille grâce à un savant dosage de l’implication nécessaire pour chacun de ces éléments.  Le jeu est découpé en journées, et il faudra, durant chacune d’entre elles, prendre soin de vos mondes, de vos quartiers et avancer dans l’histoire. Pour les mondes, il s’agira de faire pousser des plantes, les arroser, récolter le résultat de votre labeur du jour précédent et nettoyer la corruption, jusqu’à ce que le monde soit totalement guéri. Du basique donc pour un jeu de récolte mais, si l’on est friand du genre, la boucle de gameplay est efficace. Le jeu y a ajouté la possibilité de se lier d’amitié avec des créatures mignonnes, qu’il est nécessaire de câliner, ce qui est toujours un plus. La gestion de la ville se montre tout aussi simple, avec la possibilité de construire des bâtiments, de décorer et de gérer où nos nouveaux habitants vont s’installer et travailler, en concordance avec leurs désirs. Ces PNJ nous donneront aussi parfois des quêtes, simplissimes mais permettant d’avoir des objectifs supplémentaires de récolte et de quoi gagner de l’argent facilement pour continuer le développement des quartiers.

Il ne fallait pas me laisser décorer des maisons.

Des mécaniques trop peu développées

Si ce résumé peut faire peur, il faut savoir que le titre se montre accueillant, débloquant les possibilités au fur et à mesure, sans jamais vous laisser vous perdre dans un nombre immense de tâches à accomplir. Un nouveau quartier ou monde se débloque quand vous avez fini le précédent, les nouvelles mécaniques apparaissent une par une et la partie aventure, qui permet de faire avancer l’histoire, se contente de présenter des puzzles et phases de plateforme basiques. Cependant, si vous attendez une progression permanente ou des interactions autres que des dialogues basiques avec les PNJ, ce titre n’est pas fait pour vous. Au bout de quelques heures, on a déjà fait le tour de ce que le jeu a à proposer et il s’agit juste de continuer sur la même lancée pour débloquer de nouveaux pans du scénario et des bâtiments supplémentaires. Il en est de même pour les habitants : à part pour ceux nécessaires au déroulé de l’histoire, ils sont assez anonymes et il ne faut pas s’attendre à apprendre quoi que ce soit sur eux à la façon d’un Stardew Valley. Ce sera une expérience malgré tout plaisante pour les amateurs de jeux répétitifs mais ceux qui en attendent un peu plus pourront être déçus.

Il est dommage aussi que les quelques mécaniques et propos intéressants ne soient pas plus développés que ça. L’alchimie vous permettra de créer de nouveaux mondes uniques en combinant des caractéristiques et si la mécanique est sympathique, on aurait aimé la voir utilisée pour un plus que ça. Il en est de même pour le propos écologique, qui ressort de temps en temps quand on nous demande d’être raisonnable dans l’utilisation des ressources, mais qui reste des paroles sans vraiment de conséquence si on décide de les ignorer.

Grow : Song of the Evertre a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur. Il est également disponible sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch.

Grow : Song of the Evertree ne révolutionne absolument rien. Son histoire est basique, sa boucle de gameplay est vue et revue, et il ne vous opposera aucune difficulté. Pourtant, le charme a réussi à opérer et on se prend à être sensible à ce petit monde pastel qui revit grâce à nos actions. Simplissime, il conviendra aussi bien aux joueurs acharnés souhaitant une parenthèse calme qu’aux novices et plus jeunes. Cependant, ceux qui ont besoin d’objectifs pour se motiver n’y trouveront pas leur compte : ce qu’on débloque en avançant reste anecdotique et le scénario n’est clairement pas assez passionnant pour être la motivation nécessaire. Mais si comme moi vous aimez les jeux répétitifs qui ne nécessitent aucune réflexion pour être appréciés, Grow : Song of the Evertree est une proposition tout à fait acceptable.

zalifalcam

J'aime les jeux double A, les walking simulateurs prétentieux et les JRPG, et plutôt que de me soigner, j'écris à leur propos.

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