Partie Rapide : Macdows 95 et Something for Someone Else

Aujourd’hui dans Partie Rapide, Shift vous parlera de Macdows 95, un puzzle game prometteur mais parfaitement raté et Un Rieur vous fera découvrir Something for Someone Else, un petit jeu des plus curieux.

Macdows 95

Vous avez déjà passé une soirée en compagnie d’étudiants en programmation, réseau ou toute autre discipline dite de nerds ? Ayant enchaîné IUT et fac d’informatique, j’ai largement traîné et participé à ces réunions peu recommandables et, si l’alcool y coule à flots comme dans beaucoup d’autres soirées, un autre élément – plus désagréable – vient régulièrement s’y greffer. Il s’agit de la fameuse course à l’échalote de la référence, majoritairement ciné, jeu vidéo, memes et comics. Il faut en avoir non seulement beaucoup – si t’as pas la ref t’es quand même un peu un blaireau QUOI T’AS JAMAIS REGARDÉ JOJO’S BIZARRE AVENTURE – mais également de très pointues, histoire d’être plus un connaisseur que les autres. Bon alors je parle de soirées, mais soyons honnêtes, c’est souvent comme ça le reste de la journée aussi. Et cet aspect UN PEU irritant a une répercussion assez relou, qui est l’humour référencé à outrance. Tout le monde connait cette personne ou ce groupe de personnes qui ne s’expriment qu’en répliques de Kaamelott, La classe américaine ou OSS 117. Et il va falloir se mettre au clair sur ce point tout de suite. Non. Répéter en boucle des répliques drôles ne fait pas de toi une personne drôle, navré. Attention, je ne dis pas que l’humour référencé c’est nul et qu’il ne faudrait jamais citer d’œuvres ou de répliques, mais un semblant de dosage me paraît tout de même nécessaire.

Terminator Star Trek ? Final Fantasy Yoshi Gameboy

Si je crache ma bile comme ça, c’est car je viens de jouer à Macdows 95 et que le pauvre titre de Yunus Ayyildiz se trouve être ce pote relou qui te jette douze références à la minute en pleine face, sans que tu n’aies rien demandé. Et comme ce pote, Macdows 95 m’a gavé en à peine 15 minutes. La présentation du jeu m’avait pourtant plutôt bien saucé, me promettant énigmes et puzzles drôles et satiriques, au sein d’un système d’exploitation fictif. Je me voyais déjà faire un deuxième Hypnospace Outlaw, avec moins de kitsch et plus de casses-tête. Sauf que vraiment pas du tout. Si le concept en lui-même est chouette et se tient jusqu’au bout – vous venez d’installer Macdows 95, un nouveau système d’exploitation, et il va s’agir de le paramétrer petit à petit, une énigme pour se logger, une pour activer le Bluetooth, et ainsi de suite – l’exécution se trouve être proprement désastreuse.

Macdows 95 présente : le very best of des références éculées cultes

Et j’en reviens à ma longue râlerie. Car le « puzzle game absurde rempli de parodies et de satire » n’est finalement qu’un long, très long étalage de références. Vas-y que je te balance des gifs connus, des répliques essorées, des vannes sur le BSoD et les mises à jour de Windows et, dans ses pires moments, des montages abominables mêlant plusieurs références d’un coup, sans le moindre sens ni bon goût. Et oui, je sais, c’est volontaire. Mais non, ça n’en fait pas de bonnes vannes. Pardon pour ce moment péremptoire, mais non, faire un dessin moche – et juste un dessin moche, sans autre blague derrière que « haha, c’est très raté » – et appeler ça du second degré, ce n’est pas de l’humour, c’est de la paresse. Non, faire de l’absurde c’est pas juste coller des gros yeux à la Joconde et lui mettre un handspinner dans les mains, ça demande un peu plus que ça. Alors certes, perdu au milieu de tout ça, on a effectivement la satire des OS de Microsoft et Apple qui tient environ la route, ça ne vole pas bien haut, mais ce sont au moins des vannes. Certaines m’ont même arraché un ou deux sourires, wow.

Oui, la Joconde au handspinner c’était un vrai exemple. Désolé.

C’est bon, j’en ai eu macdows

Tout cela pour dire que faire un jeu humoristique est finalement bien plus compliqué qu’il n’y paraît, et que si un bon nombre de titres jouent régulièrement la carte de l’humour dans leurs dialogues, quêtes annexes ou arrières-plans, il ne s’agit généralement que d’ajouts, la cerise sur un gâteau qui s’en sortirait quand même bien sans. Le genre de la comédie est finalement très peu présent dans le jeu vidéo : on trouve des jeux drôles, mais peu de titres dont l’objectif premier est de faire rire et encore moins qui atteignent cet objectif. La faute peut-être à des vannes plus souvent centrées sur l’écriture et la narration que sur une utilisation humoristique du gameplay. C’est ce que semblait vouloir tenter Macdows 95, c’est du moins ce que j’en attendais et c’est sur ce terrain qu’il s’est lamentablement croûté sous mon regard d’abord ébahi, puis très vite blasé par la fréquence et l’aspect systématique de ses échecs.

L’infernal mini-jeu de récupération d’indices

Oui car, et je terminerai de m’acharner sur ce pauvre Macdows 95 après cette remarque, ses tentatives de vannes ne se trouvent pas que dans son écriture lourdingue et sur-référencée, elles se retrouvent aussi et surtout dans son gameplay. Beaucoup d’énigmes prennent le contre-pied de la supposée fonctionnalité de l’OS pour en faire quelque chose de fondamentalement différent. Recharger la batterie ou lancer Paint deviennent des mini-jeux d’adresse, certaines mises à jour détruisent littéralement le bureau, d’autres fonctions nécessitent d’empiler les icônes, tout ou presque est prétexte à un court mini-jeu, souvent surprenant au regard de la fonction normalement concernée. Et ça aurait pu fonctionner – malgré son ton exaspérant – si la très grande majorité des contrôles et la physique n’étaient pas complétement pétées. On se retrouve, dépité, face à trois types d’énigmes : celles dont on comprend la solution immédiatement (et n’ont donc aucun intérêt), celles qu’on comprend mais qui ont une physique si dégueulasse que leur résolution devient un calvaire et celles si obscures qu’elles nécessitent un ou plusieurs indices pour les achever. Lesdits indices se récupérant en refaisant en boucle le même mini-jeu horripilant. Joie et félicité dans le cœur des hommes. Après trois longues heures, Macdows 95 m’a enfin annoncé que j’étais arrivé au bout de l’aventure – à l’aide d’un faux BSoD contenant des répliques de Still Alive et Super Mario, ce serait quand même dommage de ne pas poncer le concept jusqu’au bout. Ou peut-être que ce n’est pas la fin et qu’un ultime easter egg nous attend ? Je me suis posé la question après cette fin abrupte, les gens sur les forums également, et si ces personnes ont toujours l’air de chercher, moi j’ai clairement jeté l’éponge.

La délivrance

Macdows 95 a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

Macdows 95 aura au moins tenté. Tenté de se la jouer méta en mettant le joueur face à un énième système d’exploitation fictif. Tenté de faire un jeu humoristique, autant avec son écriture qu’avec son gameplay. Tenté de proposer des énigmes et puzzles surprenants. Et l’intention était parfaitement louable. Malheureusement, ni son écriture, ni ses blagues, ni sa finition, ni ses énigmes – ni quoi que ce soit finalement – ne tiennent à un quelconque moment la route et les quelques heures passées devant se résument à observer un accident au ralenti.

Something for Someone Else


Something for Someone Else, voilà un jeu dont je vais avoir beaucoup de mal à parler. J’ai même beaucoup de mal à le considérer comme un jeu, mais son créateur Lorenzo Biagini le définit ainsi, alors je vais respecter son choix. Le titre a été développé par une toute petite équipe appelée 4H StudioLab, mais il vient surtout d’une volonté de monsieur Biagini.

Sachez que le temps que vous mettrez à finir le jeu ne sera pas très long. J’y ai passé 35 minutes, mais sans forcément en être enrichi en terme d’expérience de jeu. Cependant, c’est au niveau humain que Something vient taper. Je n’en dirai pas beaucoup sur l’expérience à proprement parler, car je ne veux pas trahir la volonté du jeu, cependant lorsqu’on le lance, plutôt qu’une activité personnelle, c’est un service que l’on rend à quelqu’un.

something for someone else gameplay

Tout n’y est pas excellent, ou forcément bien écrit, mais on y ressent une certaine sincérité dans l’expérience. Je me suis senti gêné au début, car j’avais l’impression que le créateur parlait de choses qui ne me regardaient pas. Puis j’ai compris qu’il ne souhaitait pas tant que ça que ces « choses » deviennent publiques, mais plutôt qu’il voulait tourner la page sur une étape de sa vie, et que pour l’y aider, je pouvais jouer à son jeu.

Je n’ai pas appris grand-chose sur moi-même, ni même de grande leçon de vie en donnant mon temps à ce titre. Au mieux, j’ai appris que certaines personnes gèrent les séparations plus difficilement que moi. Cependant, là n’est pas le but du jeu, l’idée est plutôt d’offrir une oreille attentive à quelqu’un qui la demande, un peu comme proposer à un pote dans une mauvaise passe de venir boire un café chez soi. On donne un coup de main à un collègue, on l’écoute, on réfléchit à ce qu’il dit, et au final, on lui a plus rendu service en le laissant vider son sac qu’en lui disant que tout va s’arranger.

C’est pour tout ça qu’il est dur de parler de Something, c’est une expérience très personnelle, et qui dépend du niveau d’empathie du joueur. Je me suis pas mal ennuyé pendant ces 35 minutes, mais au fond, ce n’est pas vraiment mon avis sur le jeu qui compte. Ce qui compte, c’est que vous sachiez qu’il existe, et que vous y jouiez si l’envie vous en prend.

Je n’ai pas grand chose d’autre à dire, à part vous recommander de jouer à Something for Someone Else. Il est gratuit, court, et assez atypique pour valoir le détour. Par contre, comme je l’ai dit plus haut, c’est surtout un jeu parce que son créateur souhaite que c’en soit un.

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Un Rieur

J'aime tout les jeux, surtout les jeux un peu nazes ou cassés. C'est pas parce que c'est nul que c'est pas bon, et puis j'aime aussi la bouffe, et le JDR

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