Partie Rapide : Fallen Legion + et Endless Space 2 : Vaulters

Cette fois-ci dans Partie Rapide, Zali vous parle de Fallen Legion +, un étonnant action RPG Indonesien et Tritri vous parle d’Endless Space 2 : Vaulters, premier DLC du 4X spatial d’Amplitude.

Fallen Legion +

Fallen Legion PC

Le jeu vidéo d’Asie du Sud-Est se cherche, et parfois se trouve, comme en témoigne l’excellentissime Visual Novel philippin The Letter sorti l’an dernier. Souvent conçus avec des budgets minuscules, s’appuyant massivement sur Kickstarter et Patreon pour produire leurs projets, ces jeux témoignent souvent d’un amour sincère pour le jeu vidéo japonais tel qu’il se concevait dans les années 90. C’est ainsi qu’un projet comme Celestian Tales semble se situer à la frontière du spin-of des premiers Suikoden de chez Konami ou que le Fallen Legion + qui nous intéresse aujourd’hui est définitivement sous perfusion intense de Valkyrie Profile premier du nom. Les projets Indonesiens ne sont marqués ni par l’ironie ni le métadiscours auxquels les joueurs occidentaux sont désormais habitués. Et parce que les développeurs de ces régions ont été bombardés par l’imagerie et le gameplay de ces titres nippons des années 90, ils oscillent ainsi entre une forme de « pureté » assez rafraîchissante et une direction artistique et des mécaniques de gameplay qui semblent souvent un peu datées. Comme si l’industrie locale devait prendre son envol par le prisme des jeux Square et Konami des débuts de la Playstation. Mais au fond, pourquoi pas ?

Premier projet d’envergure du studio YummyYummyTummy jusque la cantonné aux jeux éducatifs pour les enfants car-il-faut-bien-manger, Fallen Legion est sorti une première fois en 2016 sous la forme de deux jeux séparés sortis respectivement sur PS4 et PS Vita. Le concept : deux itérations pour deux scénarios alternatifs d’une même histoire – de la fantasy classique mais efficace à base de démons, de royaumes usurpés et de magie ténébreuse. C’est pas gégé, mais ça se laisse suivre comme un bon roman médiéval fantastique avec 400 pages et une carte du monde entre le sommaire et le prologue. Un modèle un peu étrange que cette division en deux dans la mesure où il nécessitait d’avoir encore une Vita-petit-Ange et de s’intéresser à son fonds de catalogue. Mais un modèle aujourd’hui transcendé par l’arrivée de ce Fallen Legion +, disponible sur Steam et rassemblant les deux jeux en une seule et même expérience pour une trentaine d’euros. Une version ultra-GOTY-Deluxe-gogo-gadgeto-Switch est par ailleurs attendue dans le courant de l’année, car souvenez-vous : au train où vont les choses, même Half-Life 3 sortira sur Switch.

Fallen Legion Bagarre
Ce n’est pas vraiment plus clair, manette en main.

C’est donc à peu de frais que nous pouvons découvrir ce petit action-RPG sur PC et en parcourir l’ensemble du généreux contenu, divisé en une multitude de petites missions elles-mêmes rythmées par des phases de blabla destinées à nous instruire des divers tenants et aboutissants du scénario. Chaque partie est donc une série de combats au gameplay largement inspiré de Valkyrie Profile : on commande un groupe de combattants, et chaque bouton de la manette est attribué au coup spécial d’un des héros, le tout entrecoupé de QTE destinés à activer des compétences spéciales ou des capacités défensives. Entre le jeu de rythme et le jeu de stratégie, Fallen Legion + impose une cadence rapide et des sessions courtes, ponctuées par une note, chaque mission débloquant des récompenses diverses si effectuées avec classe et efficacité.

C’est cependant dans la concision de son concept que se niche le principal défaut de Fallen Legion +. L’expérience a très manifestement été conçue comme un jeu pour tablette ou téléphone mobile, l’absence (relative) de précision dans les commandes incluse. Le jeu est bourré de bonnes idées, la plupart ne fonctionnant hélas pas très bien une fois le pad en main. Parfois confus, souvent approximatif, Fallen Legion + est un poil trop complexe sous ses atours d’expérience épurée. Mais peu importe, au fond, tant l’ensemble du propos dégage une grande volonté de bien faire. YummyYummyTummy livre un jeu riche dont les qualités surpassent amplement les défauts. La marge de progression du studio est immense, et si leur prochain titre allie la même qualité de direction artistique à un gameplay amélioré pour devenir plus précis et calibré, aucun doute que les développeurs Indonésiens tiendront leur premier gros hit. En attendant, et puisque ce jeu est idéal pour quelques sessions rapides dans les transports, nous suivrons avec impatience le développement de la version Nintendo Switch.

Fallen Legion Artwork
Reste une direction artistique superbe et de belles intentions. C’est déjà bien, non ?

Endless Space 2 : Vaulters

Endless Space 2 est, probablement, mon plus gros coup de coeur 4X de l’année dernière. Sorti d’early access en mai, le jeu a profité d’un nombre conséquent de petites mises à jour gratuites rajoutant plein de choses. Mais il était temps pour Amplitude de commencer à sortir l’artillerie lourde et de dévoiler leur premier DLC conséquent payant. C’est chose faite avec Vaulters. Pour la première fois dans un jeu Amplitude, nous profitons donc du lien tissé à travers leurs productions, qui se déroulent toutes dans le même univers rappelons le, puisque ce DLC rajoute une race originairement issue de (l’excellent) Endless Legend : les Vaulters/Exilés. Après avoir quitté Auriga (la planète d’Endless Legend donc) les Vaulters errent à travers la Galaxie à la recherche d’une nouvelle maison, et ça sera à vous de les mener vers la victoire.

Endless Space 2 Vaulters quête

Détaillons un peu cette nouvelle race, très rigolote à jouer. Les Vaulters sont des nomades. Ils commencent la partie avec un super vaisseau de colonisation, qui vous suivra tout du long. Votre première tâche sera donc de trouver une planète viable pour poser votre civilisation et commencer à vous développer. Tant que vous n’avez rien colonisé vous ne pouvez rien faire : pas de recherche, pas de construction, pas d’exploration, rien. Heureusement la génération aléatoire est généralement gentille et vous met un système cool à portée. Le vaisseau des Vaulters, l’Argosy de son petit nom, colonise instantanément les planètes. C’est-à-dire que vous ne passez pas par la case « Avant-poste » mais directement à « Colonie » que vous pouvez donc immédiatement gérer. Sans compter que toute colonisation déclenche un âge d’or qui vous donne des bonus pendant un nombre limité de tours. Une fois que vous avez utilisé le vaisseau il doit rester au hangar quelques tours, avant de pouvoir à nouveau coloniser, toujours instantanément. Si vous patientez 15 tours, cette colonisation sera gratuite, mais vous pourrez débourser quelques menue monnaie et ressources pour le faire avant.

En plus de tout ça les Vaulters profitent également de portails. Cette amélioration de système, qui ne coûte pas énormément en plus, permet à vos vaisseaux de voyager instantanément entre vos colonies, facilitant ainsi les défenses de votre Empire, même s’il est très éclaté. C’est d’ailleurs comme ça que les Vaulters sont censés être joués. Ici, ne cherchez pas à unifier votre Empire pour faire une grosse tâche de votre couleur sur la map, vous devriez plutôt penser à rusher les planètes intéressantes : peu importe leur position dans la Galaxie, les portails vous permettront de défendre tout ça très facilement. Les Vaulters profitent également d’un bonus de science et d’une nouvelle stratégie de bataille : aborder les vaisseaux ennemis pour les capturer. Cette nouvelle race est vraiment amusante à jouer, bien que quelque peu pétée, soyons honnête. Ils seront probablement nerfés d’ici quelques patchs, vu qu’ils peuvent s’étendre très rapidement, et surtout répondre à une vitesse rare aux soucis dans leur empire avec les portails. Sans compter que les alliés peuvent profiter de votre réseau de stargate portes et vous obtenez une race bien fichue pour faire des guerres éclairs. Votre monde mère est assiégé ? Pas grave, sautez à l’opposé de l’empire ennemi et foncez vers SON monde mère. Il lâchera vite l’affaire et le temps qu’il arrive sa planète ne sera plus qu’un tas de cendre.

Endless Space 2 Vaulters dlcc
Un Empire, avec plein de petites bulles

Ce DLC peaufine également les pirates. Auparavant simple nuisance, au même titre que les barbares d’un Civ, vous pouvez désormais négocier avec eux. Moyennant finance vous pourrez cibler une planète rivale pour leur prochain raid. A l’inverse, toujours moyennant quelques deniers, vous pourrez éviter qu’une de vos planètes soit attaquée par les forbans. Et pour ceux qui sont vraiment pétés de thunes, vous pourrez même vous allier avec eux, vous mettant à l’abri des raids, et vous permettant le passage sécurisé sur leur territoire. J’avais peur que ce soit comme dans ce bon vieux Sins of a Solar Empire, complètement déséquilibré, permettant à quelqu’un de riche de gagner sans faire un vaisseau, mais non, les Pirates rajoutent juste un moyen de titiller vos adversaires sans leur déclarer officiellement la guerre. Vous pourrez également transformer vos flottes en corsaire, pour jouer aux pirates en toute discrétion. En plus de tout ça, nous avons notre lot habituel de héros, factions mineures (les Soeurs de la Clémence) et autres petites choses qui rendent Endless Space 2 encore meilleur qu’à la base. Cerise sur le gâteau : si vous faites une partie multi avec quelqu’un qui possède le DLC vous pourrez en profiter sans l’avoir acheté.

Endless Space 2 Vaulters Sisters of Mercy
Les Soeurs de Clémence qui vous offrent de sacrés bonus militaires

En bref, Vaulter est un excellent DLC. Pour un prix raisonnable vous profiterez d’une race très amusante à jouer et de nouvelles mécaniques qui multiplient vos chances d’embêter vos voisins en toute discrétion. Le seul petit défaut étant que les Vaulters sont quelque peu pétés, nul doute qu’ils souffriront d’un gros nerf d’ici quelques patchs, comme nos amis les Luméris (qui roulaient sur tout le monde à la sortie).

zalifalcam
zalifalcam

J'aime les jeux double A, les walking simulateurs prétentieux et les JRPG, et plutôt que de me soigner, j'écris à leur propos.

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