Partie Rapide : Abriss et Toodee and Topdee

Cette fois-ci dans Partie Rapide, Zali vous parlera du simulateur de destruction d’infrastructures Abriss et Murray du puzzle platformer Toodee and Topdee.

ABRISS

ABRISS, première création du studio (pardon, de la coopérative) Randwerk a commencé son accès anticipé. Avec un but pour le moins simple, précis et efficace : vous faire construire des structures étranges pour dégommer des trucs.

Casser la baraque

Le concept d’ABRISS est si simple que j’avais initialement un peu peur de m’en lasser au bout de quelques minutes, mais il n’en a heureusement rien été. Chaque niveau se construit sensiblement de la même manière : depuis une plateforme de départ, vous devez construire un édifice avec pour objectif de le faire s’écrouler sur un ensemble de cibles. En gros, de défoncer le bâtiment d’en face de la manière la plus efficace possible, si possible en éradiquant 100 % des blocs de construction du niveau.

Si la physique réaliste simulée par ABRISS est très amusante, avec ses blocs s’effondrant joyeusement les uns sur les autres, les premiers tableaux du jeu laissent l’impression qu’on va assister à quelque chose de très, voire trop répétitif. On empile un tas de blocs de manière déséquilibrée, on appuie sur « play » et boum, tout s’écroule avec les explosions de rigueur qui vont bien. Heureusement, ces premiers niveaux font uniquement office de tutoriel, et le principe se complexifie rapidement.

Aux « simples » blocs présents au début du jeu n’ayant pour caractéristique que la sensibilité à la gravité (ils tombent, quoi), ABRISS ajoute rapidement des blocs agissant comme de la colle, d’autres comme des rotors pour faire pivoter vos structures, d’autres encore comme des propulseurs, des catapultes ou des explosifs. Bref, plus on avance et plus les structures que l’on nous demande de fabriquer gagnent en profondeur. Pour le moment, cinq ensembles de niveaux figurent dans le jeu, qui devrait être progressivement enrichi en contenu au fil des prochains mois. Il y a cependant déjà de quoi s’amuser pendant quelques heures sans tourner en rond.

ABRISS buildings
Ici j’ai fait une grue qui tourne. Plutôt efficace pour tout casser.

La machine infernale

Attention cependant : loin d’être un simple défouloir, ABRISS va rapidement vous demander beaucoup de patience et de tâtonnement pour comprendre la logique de certains tableaux parmi les plus complexes de la campagne. Si par exemple la création d’une catapulte destinée à envoyer un bloc sur le pilier d’un pont ne pose pas de difficulté particulière, vous devrez très vite mettre des lanceurs de fusée sur pilotis avec des rotors destinés à augmenter votre propulsion, le tout sans faire tomber une bombe attachée à votre structure, etc.

Bref, vous aurez besoin de plus en plus de logique et de compréhension de la physique du jeu à mesure que vous progressez, avec un vrai gap de difficulté qui pourra rebuter les esprits les moins organisés. Randwerk a cependant pensé à implanter les désormais habituelles options d’accessibilité et de difficulté pour vous faciliter la vie : possibilité de désactiver les tremblements, mode daltonien, option pour sauter un niveau, bac à sable d’entrainement, etc. Un confort appréciable.

Au rang des petits problèmes qui rendent l’expérience d’ABRISS parfois un peu heurtée, signalons tout de même le contrôle de la caméra, assez approximatif et empêchant parfois de placer une pièce correctement. Soulignons aussi la manière un peu fastidieuse proposée par le jeu pour annuler le placement d’un élément ou pour recommencer un puzzle : on aimerait quelque chose d’un peu plus instinctif et d’un peu plus fluide lors des prochaines mises à jour.

ABRISS canon
Plus le jeu avance et plus les machines à construire sont complexes (ici relier un pont à un canon pour faire exploser un mur, par exemple).

ABRISS a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

ABRISS est un jeu prometteur, avec déjà pas mal de contenu disponible dans son accès anticipé. Bien entendu, il faudra adhérer au délire de créer des machines infernales à la physique réaliste de plus en plus compliquées, et avoir un petit goût pour la mécanique pour s’y intéresser plus que quelques instants. Mais si vous avez par exemple passé beaucoup beaucoup trop de temps sur Besiege, ce jeu est vraiment fait pour vous.

Toodee and Topdee

Prenez 2 frères, Gonen et Ori. Faites leur faire des game jams, histoire qu’ils s’entrainent à trouver des concepts originaux rapidement, et finissez par un thème du style « mélanger deux genres incompatibles ». Et voilà comment vous obtenez Toodee et Topdee, un jeu malin, exigent, mais qui sait aussi s’ouvrir à tous les types de joueurs.

Super Mario 2.5D World

Tout allait bien dans l’univers créé par Aleph. Les planètes étaient séparées et maintenues en place par le point-virgule (oui oui), chacune avec ses spécificités. Et puis le point-virgule (non mais si je vous jure c’est bien ce que vous pensez) fut enlevé et les planètes devinrent instables, certaines fusionnant. C’est ainsi que Toodee, personnage d’un monde de platformer 2D classique, a rencontré Topdee, personnage d’un monde de puzzles en vue du dessus. Et c’est ensemble qu’ils vont parcourir le jeu pour retrouver le point-virgule (non pas le théâtre vraiment je parle d’un « ; ») et régler tout ce bordel.

Vous l’aurez compris, l’histoire de Toodee and Topdee a un sens que l’on qualifiera de… relatif. Mais elle a le mérite d’être remplie de bons traits d’humour et de quelques brisures du 4ᵉ mur. De quoi souffler durant la centaine de niveaux du jeu qui vont mettre à l’épreuve votre cerveau et vos réflexes (et votre amitié/amour si vous décidez de jouer en coop).

L’objectif de chaque niveau du jeu est assez simple : emmener vos 2 personnages dans le portail vers le niveau suivant. Mais chacun a des spécificités dues au monde d’où il vient. Toodee est un erzast de Mario. Il avance de gauche à droite avec la possibilité de sauter, et c’est à peu près tout. Topdee lui vit sur le mur du niveau (enfin si vous lui demandez il dira que c’est Toodee qui vit sur le mur). Si lui ne peut pas sauter, il peut en revanche aller un peu partout et pousser des caisses lui permettant ainsi de combler les trous l’empêchant de passer.

Image du jeu Toodee and Topdee
Si vous ne déplacez pas cette caisse entre chaque saut de Toodee, c’est une mort certaine qui l’attend.

Mais voilà, chacun des 2 héros ne peut pas que faire l’aventure dans son coin, et rapidement vous aurez à utiliser les capacités de l’un pour aider l’autre. Ainsi, par exemple, une caisse bien placée par Topdee se transformera en plateforme utilisable par Toodee. C’est une gymnastique mentale que vous allez devoir maitriser pour passer des niveaux de plus en plus complexes.

Attention cependant, Toodee and Topdee n’est pas qu’un puzzle game, c’est aussi un platformer qui n’hésitera pas à vous demander beaucoup de précision et de vitesse pour en venir à bout. Que ce soit dans ses niveaux qui multiplient les pièges, les ennemis et les actions à effectuer dans un timing précis ou que ce soit dans ses quelques boss, le jeu pousse son concept très loin et on finit par se demander qui de notre cerveau ou de nos réflexes a le plus de mal à suivre.

Heureusement, les frères de chez Diet Zribi ont tout prévu en termes d’accessibilité : vos personnages meurent trop vite ? Vous pouvez leur donner 2, 3, 4 vies ou même les rendre invincibles. Vous avez peur de manquer de précision dans vos sauts ? Activez l’option pour que Toodee puisse sauter plusieurs fois en l’air vous permettant de rattraper une erreur. Le jeu regorge d’options permettant de ne pas se prendre la tête avec certains aspects qui pourraient vous rebuter et, en plus, l’activation de ces options ne bloque en aucun cas l’obtention des niveaux suivants ou des quelques bonus à récupérer.

Image du jeu Toodee and Topdee
Les niveaux finissent par mélanger eau, flammes, piques, téléporteurs, ennemis et clés à récupérer.

Toodee and Topdee a été testé sur Nintendo Switch via une clé fournie par l’éditeur. Il est aussi disponible sur PC.

Toodee and Topdee a tout du bon puzzle plateformer, avec son concept original qu’il pousse dans ses derniers retranchements grâce à des niveaux variés et de plus en plus complexes (vraiment accrochez-vous bien sur la fin). Rajoutez à cela qu’il est un exemple en termes d’accessibilité et vous obtenez un jeu qu’il m’est impossible de ne pas vous recommander.

zalifalcam

J'aime les jeux double A, les walking simulateurs prétentieux et les JRPG, et plutôt que de me soigner, j'écris à leur propos.

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