Calendrier de l’Après – Ageless décoche la Lune

En janvier, The Pixel Post fait son Calendrier de l’Après ! Chaque jour, retrouvez un jeu sorti en 2020 que nous avons adoré mais qui n’a pas tout à fait eu l’écho que nous espérions. Aujourd’hui, Seastrom en remet une couche à propos d’Ageless, le jeu de plates-formes à tendance puzzle de One More Dream Studios, disponible sur Steam et Switch.

2020 a été blindée de jeux indés et ça ne va pas aller en s’améliorant. On a beau être de plus en plus nombreux à jouer et la Switch de permettre aux plus petites productions d’avoir une chance de toucher le grand public, il suffit de jeter un œil à certains indices pouvant nous donner une idée du succès d’un jeu (le nombre d’évaluations laissées sur sa page Steam par exemple) pour constater qu’ils sont bien trop nombreux à être passés à l’as. Et si avoir un partenaire à l’édition aide grandement à la visibilité du projet, cela ne suffit pas forcément. C’est le cas, semblerait-il, d’Ageless.

Premier jeu du studio malaisien One More Dream, porté à l’édition par un Team17 qui multiplie les soutiens aux indépendants dans l’espoir de trouver sa nouvelle poule aux oeufs d’or (après Overcooked), Ageless mérite bien plus de louanges qu’il n’en a reçu. Si on devait trouver une explication à cet anonymat qu’on lui prête, c’est certainement du côté de l’artistique qu’on irait chercher. Il est vrai que visuellement, peu de choses agrippent le regard, et certains environnements sont même franchement fades. De même, son OST, adaptée à la réflexion, ne trouve pas d’équilibre entre son besoin de discrétion et une nécessité de caractère. Le résumer à ces faiblesses serait pourtant mettre de côté la grande réussite que recèlent ses mécaniques.

Par plusieurs aspects, notamment sa physique, Ageless peut rappeler aux bons souvenirs du binôme Towerfall/Celeste de Maddy Thornson – l’aspect narratif du deuxième plus en retrait, bien qu’on y retrouve tout de même certaines thématiques communes, notamment l’identité et la confiance en soi. Mais c’est dans ses particularités qu’il fait toutes ses preuves. Kiara, l’héroïne, manie un arc bien étrange qui lui permet d’altérer l’âge des formes de vie qu’elle croise. Chaque tableau va nous demander de trouver comment et à quel moment interagir avec les différents éléments pour arriver à le traverser. Évidemment, chaque animal ou plante a ses spécificités, différentes selon le moment de son existence choisi, et il va falloir jongler avec tout ce beau monde pour s’en sortir, auxquels s’ajoutent les pouvoirs de Kiara elle-même : un dash qui éjecte et fait rajeunir l’élément sur lequel elle s’appuie, le ralentissement et l’arrêt du temps.

La progression est douce et la complexité des puzzles commence vraiment à se faire sentir dans la 2e moitié du jeu (environ 15h en tout), à condition de s’en tenir au fil principal. Dès qu’on s’aventure dans les tableaux facultatifs, c’est une autre tisane, et il faut s’accrocher pour récupérer tous les éléments cachés. Pas besoin, pourtant, de se confronter aux défis les plus ardus pour prendre la confiance : Ageless a très bien compris ce que le game feel pouvait apporter à l’expérience. C’est dans la mise à exécution de son plan et l’enchaînement de ses différentes phases qu’on prend, avant tout, un plaisir jubilatoire. Prêt.e à entrer dans la salle suivante, on s’arrête juste le temps de se dire : « Quand même, c’était classe, ça ». Et vu le nombre de fois où ça arrive, on a là affaire à plus qu’un petit truc bien ficelé. Le prochain jeu de One More Dream Studios ne pourrait arriver assez vite.

Seastrom
Seastrom

C'est la Loire qui coule dans les veines de Seastrom, mélangée aux subtilités de la vaporwave. Possibilité de l'amadouer en lui parlant Dreyer et Digimon.

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