Cadence of Hyrule – Quand la musique de mon GOTY est bonne

Chaque génération de consoles possède son ou ses System Sellers, ces jeux qui justifient à eux seuls l’achat d’une machine. En 2017, Breath of the Wild entrait dans ce club très prisé en faisant écouler des palettes de Nintendo Switch. Bien que très tenté par la proposition, je n’avais pas osé sauter le pas, préférant rester sur PC avec mes jeux indés à 12€. Mais voilà qu’en juin 2019, par je ne sais quelle fourberie, arrive un autre jeu Zelda, lui aussi exclusif à la Switch et qui deviendra mon System Seller perso, mon Killer Game : Cadence of Hyrule. Et c’est ainsi les enfants, qu’après deux ans à me dire que bof, la Switch ça m’intéresse pas tellement, je me suis retrouvé à l’acheter sur un coup de tête pour un jeu indé.

Cadence of Hyrule est sous-titré « Crypt of the NecroDancer Featuring The Legend of Zelda », ce qui en fait déjà un titre bien trop long, mais surtout fournit un début d’explication sur mon cassage de tirelire. La vérité, c’est que je ne suis venu ni pour Zelda, ni pour le rogue-like rythmique de Brace Yourself Games ; le premier me plaisant mais sans plus, le second étant bien trop difficile pour la quiche que je suis. Non, je suis venu pour Danny Baranowsky.

Je ne le savais pas encore, mais ma première rencontre avec le travail du monsieur s’est faite sur le runner flash Canabalt et il fallut attendre la claque Super Meat Boy pour mettre un nom sur le compositeur de ces pistes. Danny Baranowsky, c’est ma première prise de conscience de l’importance d’une OST de jeu vidéo et de la présence d’une personne à la composition. C’est également ma première écoute d’un album de bande-son de jeu vidéo. J’ai depuis largement enrichi ma liste de compositeurs et compositrices à suivre à tout prix (Jim Guthrie, Darren Korb, Chipzel et Lena Raine en tête), mais Baranowsky garde une place particulière dans mes playlists. Et ce n’est pas tant la sortie de Cadence of Hyrule que celle de l’album de son OST qui m’a rendu dingue.

C’est même un unique morceau qui m’a convaincu qu’il ME FALLAIT Cadence of Hyrule et donc une Switch. Mon System Seller, c’est la piste Kakariko Crypt et elle est in-cro-yable. Incroyable car elle représente à elle seule l’essence du titre, ce mélange maîtrisé de Zelda et Crypt of the NecroDancer, en étant le seul mash-up de l’OST (Disco Descent x The Legend of Zelda Main Theme). Incroyable car elle dégage une énergie folle, avec ses beats efficaces et riffs de guitare passant allègrement des thèmes de NecroDancer à Zelda comme s’ils n’avaient toujours fait partie que d’une unique bande-son. Incroyable car en tant que musique de tutoriel, elle pose instantanément les bases, démontrant en quelques secondes que l’OST de Zelda est parfaite pour un jeu de rythme et que Baranowsky se l’est appropriée avec talent. Les pistes qui suivent n’ont pas à rougir à côté, mes préférences allant vers les cuivres absurdes du désert Gerudo et les claviers acides des montagnes de la mort.

Cadence of Hyrule Boss

Ma Switch n’était même pas encore dans ma boîte aux lettres que j’avais déjà poncé des dizaines de fois l’album, trépignant d’impatience à l’idée d’entendre ces pistes en jeu. Et d’ailleurs, comment il est ce jeu, outre sa bande-son cinq étoiles ? Hé bien il est pas mal, du moins c’est exactement ce à quoi je m’attendais, à savoir le gameplay de Crypt of the NecroDancer, adapté à la logique et aux mécaniques de Zelda. Cadence of Hyrule ne surprend jamais et ne contient que très peu de fulgurances, mais réussit à se maintenir au niveau de qualité élevé qu’il pose dès le didacticiel. Ça donne à la fois un jeu très agréable à parcourir, mais sans séquences particulièrement marquantes – du moins autrement marquantes que par leur thème musical.

En tant que jeu, Cadence of Hyrule aurait pu être plus profond, plus inspiré ; en tant que mash-up de NecroDancer et Zelda, il fait des merveilles ; en tant qu’album musical, il touche du doigt la perfection et c’est exactement ce que j’attendais de lui. Le titre de Brace Yourself Games est relativement court, bien plus facile à appréhender que son prédécesseur et bénéficie d’une rejouabilité sympa en coopération. Si vous possédez une Switch, faites du bien à vos oreilles et posez-vous seul ou à deux dans un canapé le temps d’un après-midi en compagnie de Link, Zelda et Cadence.

Shift
Shift

Camélidé croisé touche de clavier et militant pro-MS Paint. J'aime les jeux indés à gros pixels, les platformers sadiques et les énigmes.

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