The Elder Scrolls Online : Summerset – Une bonne extension pour un MMO imparfait

Ca faisait un certain temps que je n’avais pas touché à The Elder Scrolls Online. Pour plusieurs raisons : déjà par désamour des MMORPG en général mais aussi car il ne m’avait pas tant marquée que ça. Sans être mauvais, le jeu comportait plusieurs défauts et bugs qui avaient tendance à gâcher l’expérience. Est-ce que les choses ont changé plusieurs années après ? On va voir ça.

Cette nouvelle extension se déroule sur le continent de l’une de mes races préférées de la série The Elder Scrolls, les hauts-elfes ou Altmers. J’y peux rien c’est comme ça, c’est mon côté un peu cliché : j’aime bien les elfes, surtout quand ils sont arrogants, insupportables et qu’ils vivent dans de jolies régions. Alors il n’y avait pas meilleur moment pour moi pour donner une deuxième chance à The Elder Scrolls Online, que j’avais acheté à sa sortie et parcouru seulement quelques mois.

Un nouveau début

La grosse nouveauté de The Elder Scrolls Online par rapport à sa sortie, c’est le fait de pouvoir aller dans n’importe quelle région sans se soucier de son niveau, depuis One Tamriel et le passage du jeu en buy-to-play sans abonnement. Histoire de rester dans le thème, j’ai donc fait une Altmer et je me suis immédiatement retrouvée propulsée dans le Couchant, lieu de la nouvelle extension. Même si c’était assez pratique pour moi, vu que j’étais là pour tester cette région, je pense que c’est assez frustrant : peut-être est-ce à cause des habitudes que j’ai prises sur World of Warcraft mais j’aime bien faire les choses dans l’ordre et pour moi, une nouvelle extension = nouveau late game. Se retrouver à faire ces quêtes en premier équivaut à commencer par la fin pour moi et c’est assez perturbant d’aller dans les autres régions après pour continuer sa montée en niveau. Surtout que certains personnages font des références à des événements de l’extension précédente, Morrowind, ce qui renforce cette sensation de ne pas vraiment être au bon endroit au bon moment.

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Un peu déconcertée donc, j’ai pris mes premières quêtes avec mon elfe niveau 1 qui m’ont très vite fait comprendre les thèmes de cette extension : l’immigration et le racisme. Un décret de la Reine a été mis en place, ouvrant pour la première fois les frontières de cette région aux étrangers. Autant dire que l’idée n’est pas au goût de tout le monde et que plusieurs Altmers de haut-rang manigancent pour faire comprendre aux nouveaux venus qu’ils ne sont pas franchement les bienvenus, par exemple en les enfermant de force et en leur faisant passer des tests de « culture altmer ». Je ne vais pas vous faire l’insulte de vous expliquer le sous-entendu évident dans cette histoire : quand Bethesda parle d’actualité, ils ne sont pas très subtils. D’autres sujets de société sont également abordés : l’acceptation de l’autre, avec un personnage transgenre, l’homosexualité aussi… Puis soudainement, des invocations bizarres, un complot contre le royaume, des Princes Deadra. Oubliez tout ce que je vous ai dit avant, on s’en fiche maintenant, on tape du méchant et peu importe qu’on soit haut-elfe ou étranger.

Je me moque mais les quêtes sont assez intéressantes, même les secondaires, et fort heureusement car le jeu se rapproche de plus en plus du RPG solo : ce qui est appelé donjon est faisable seul sans trop de souci, il y a souvent assez de gens directement sur place pour faire l’équivalent des World Boss de WoW (de gros monstres faisant très très mal et qui sont au coeur de quêtes journalières) et les Epreuves (des raids à 12 joueurs) n’ont l’air d’être faites que pour les joueurs qui sont prêts à s’investir dans le jeu, ce qui n’est pas du tout mon cas. En gros, une nouvelle extension dans The Elder Scrolls Online n’a l’air d’être que quelques heures d’une aventure plutôt de qualité mais assez courte et de quêtes journalières répétitives pour un joueur occasionnel. A voir si c’est suffisant pour vous.

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La subtilité légendaire de Bethesda

Un gameplay familier

Pour ceux qui n’ont jamais joué à The Elder Scrolls Online, le principe est simple : comme dans tout MMO, vous choisissez une race et une classe. La différence est que vous n’êtes ni limité dans les armes, ni dans les armures et que vous pouvez faire à peu près ce que vous voulez, un peu comme dans les RPG solo de la même licence. J’ai décidé de rester très classique et de faire une Gardienne, classe apparue avec l’extension Morrowind et qui est un espèce de mélange entre un chasseur et un druide de WoW, avec un arc et de l’armure moyenne. Oui, je ne suis pas très fun. Summerset n’introduit pas de nouvelle classe mais un nouveau métier, joaillier. Un ajout ordinaire dans une extension de MMORPG.

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Force est de constater que The Elder Scrolls Online n’a pas changé niveau gameplay depuis sa sortie : votre barre des sorts ne peut contenir que cinq sorts et un ultime, à vous de choisir soigneusement ce qui vous convient. Les points de compétence sont toujours gagnés en montant de niveau et en trouvant des éclats célestes dans le monde. Ceux-ci servent aussi bien pour vos sorts de classe et d’arme que pour vos métiers ou encore pour des passifs avec vos armures ou des compétences particulières liées aux différentes guildes. C’est un gros bazar et je vous conseille de bien réfléchir avant de les utiliser, même s’il est possible de les redistribuer. Autre bazar, le fait que votre inventaire sera pollué par des récompenses de connexions journalières et autres bonus selon l’édition que vous avez acheté. Les potions et poisons surpuissants fournis n’ont aucun intérêt à petit niveau et je ne savais qu’en faire, surtout que ma banque était remplie par les composants d’artisanat de mes autres persos, vu qu’elle est commune au compte. Pour augmenter la place, il faut payer avec de la monnaie en jeu et comme je vous en parlerai plus loin, il n’est pas franchement facile de se faire de l’argent. Ou il y a une autre solution, l’abonnement premium qui vous permettra d’avoir un sac dédié à l’artisanat et du coup de vider un peu votre banque. Forcément. Bien que je comprenne qu’il soit dans leur intérêt de pousser à l’achat, des changements étaient selon moi nécessaires pour rendre le jeu un peu moins frustrant qu’il ne l’a été et c’est dommage de voir que rien n’a été fait dans ce sens.

 

Des défauts rédhibitoires

Si The Elder Scrolls Online n’a pas changé dans son gameplay, il n’a malheureusement pas modifié son plus gros défaut selon moi : le fonctionnement des guildes. Vous pouvez rentrer dans 5 guildes au maximum, qui sont toutes liées à votre compte de jeu et non à votre personnage. Ce qui est déjà une aberration pour moi, j’aime bien que mes personnages soient séparés et ne pas être forcément pistée par mes camarades à chaque fois que je joue, si un jour je n’ai pas envie de lire des discussions à rallonge ou de partir à l’aventure avec des gens. Mais bon, je suis assez asociale alors peut-être suis-je minoritaire sur ce point. Mais il y a un autre problème, car ce fonctionnement est rendu obligatoire par l’idée la plus stupide sur un MMORPG : l’Hôtel des Ventes interguilde. Impossible de vendre sur tout le royaume, si vous voulez vous faire un peu d’argent, il faudra rejoindre une guilde dédiée, ce qui ouvre la porte à de nombreux abus : si c’était assez facile au début, maintenant les guildes demandent un minimum d’achat dans un temps donné pour pouvoir rester.

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La boutique à couronnes, mal nécessaire dans un free-to-play

Et rien que pour cette raison, je ne pourrais jamais m’investir totalement sur The Elder Scrolls Online. J’ai toujours trouvé que les Hôtels des Ventes étaient la base de tout MMO. Pourquoi continuer à jouer si on doit vendre le résultat de notre dur labeur à un prix dérisoire à un marchand ou devenir esclave d’une guilde qui fixe ses propres règles ridicules ? Quel est le fun dans le fait de devoir dépendre d’un petit groupe de personnes pour trouver l’objet ou le composant rare pour votre artisanat ? Et ne parlons pas de la vente directe, qui en plus d’être irritante et compliquée au milieu du spam du canal général, n’a aucun sens économiquement parlant parce que les prix ne sont pas fixés sur le royaume. Malheureusement, tant que The Elder Scrolls Online n’aura pas fait un effort de ce côté-là, le jeu restera un RPG solo divertissant mais un mauvais MMO.

Alors, est-ce que ça vaut vraiment le coup de se remettre à The Elder Scrolls Online maintenant ? A vous de voir. J’ai apprécié le temps que j’ai passé à rattraper mon retard sur Morrowind et Summerset et il me reste encore beaucoup de quêtes principales à faire. Cependant, si vous souhaitez jouer avec des inconnus et faire de belles rencontres, oubliez : le MMO de Bethesda est à l’image de tous les MMO aujourd’hui et le social est réduit au minimum syndical, avec un outil de recherche de groupe qui vous propulse en donjon avec des gens qui vous adressent à peine la parole. Pareil si vous n’aviez pas été conquis par le jeu à sa sortie. Il y a beaucoup moins de bugs mais trop peu de changements pour vous faire changer d’avis. Cependant, si vous aimez l’univers, je vous le recommande assez, il n’est pas très cher, il n’y a plus besoin d’abonnement et le nombre de quêtes et leur durée justifient assez le prix que vous allez y mettre. Summerset est une bonne extension mais The Elder Scrolls Online en lui-même manque encore de quelque chose.

Le Bon

Une région très jolie

Des quêtes intéressantes

Un nouveau métier sympathique

Le Pas Bon

Les changements nécessaires n'ont pas été faits

L'obligation d'être dans une guilde pour avoir un hôtel des ventes

Fanny Dufour
Fanny Dufour

Passionnée de politique et maniaque de l'orthographe appréciant les jeux qui ont du sens et les indés.

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