Paper Mario: The Origami King – Comme un air de mercredi matin

Avant l’arrivée de Paper Mario: The Origami King, j’avais une relation très contrastée avec cet art du pliage. Je me souviens avoir voulu en faire étant petit pour arrêter, tout énervé, 15 minutes plus tard parce que je n’étais pas foutu de faire une pliure droite. Ensuite, j’ai le souvenir de la première et incroyable (et en vrai unique…) saison de Prison Break. Plus récemment, ça me fait penser à la jaquette d’Heavy Rain, provoquant chez moi un mélange de gros rires et de désespoir…

Ce Paper Mario: The Origami King avait donc deux objectifs à mes yeux : être un jeu au moins correct et si possible proche du niveau de certains de ses prédécesseurs (oui je pense à toi La Porte Millénaire) et me faire oublier Heavy Rain, pour que je ne tremble plus à la moindre cocotte en papier devant moi. Verdict ? Bah lisez la suite, ça marche comme ça les critiques vous savez.

Un Sup(er Mari)o et Olly

Tout va pour le mieux au Royaume Champignon. Toadville, située aux abords du château de la Princesse Peach, est même en train de préparer le festival d’origami. Mais c’était sans compter sur Olly, un être fait de papiers pliés (contrairement au reste des personnages que l’on connait déjà et qui ne sont qu’en 2 dimensions), qui a décidé de prendre possession des lieux, littéralement puisqu’il kidnappe le château, et d’origamiser le monde, y compris ses habitants comme notre chère Princesse.

Heureusement, Mario ne sera pas seul face à ce redoutable adversaire et ses origuerriers, puisque vous serez accompagné par Olivia, soeur d’Olly qui cherche à arrêter (et comprendre) les désirs macabres de ce dernier et qui va servir notamment d’intermédiaire douée de parole pour compenser le célèbre quasi-mutisme du plombier moustachu.

Image du jeu Paper Mario : The Origami King
Les fans du plombier moustachu reconnaitront ce soleil

À partir de là, l’objectif est assez simple : libérer le château des 5 rubans géants qui l’entourent, en allant à la source de ces derniers pour les détruire. On ne va pas se mentir, la structure du jeu est assez classique : on arrive dans une nouvelle zone à explorer, on finit par y découvrir un temple abritant un espli (un esprit origami mais j’imagine que vous aviez déjà compris cet habile jeu de mots) à récupérer, espli qui vous permet d’obtenir un pouvoir pour accéder au « donjon » de la zone et ainsi affronter le boss et détruire le ruban.

Au delà de cette quête principale, Paper Mario: The Origami King vous propose de chercher un certain nombre d’éléments dans les différentes zones que vous allez traverser, allant du simple bloc avec son point d’interrogation aux trésors contenant des petits trophées symbolisant les personnages et éléments du jeu, jusqu’à la recherche d’une multitude de Toads cachés un peu partout. Si cette Toad-do list est amusante au début tant ils trouvent des moyens farfelus de se dissimuler dans le décor pour fuir l’envahisseur, elle peut devenir rapidement lassante. Mais elle reste aussi nécessaire pour vous aider dans la partie combat du jeu… mais nous y reviendrons.

Heureusement, pour briser cette impression de répétition pendant les 25 heures qu’il vous faudra pour voir le bout de l’histoire, Paper Mario: The Origami King va vous faire voyager dans des niveaux vraiment différents les uns des autres, allant du désert à l’escapade en mer en passant par le parc d’attractions aux inspirations nippones. Chaque zone apporte son lot de découvertes et de bonnes idées, à tel point qu’on en oublie parfois la structure assez linéaire de l’aventure.

Image du jeu Paper Mario : The Origami King
C’est dur… mais juste… mais dur quand même

Les combats, c’est pa(le)pier

Mais Paper Mario: The Origami King est avant tout un RPG avec des combats au tour par tour… enfin il faut reconnaitre qu’à ce niveau, il s’éloigne énormément de la formule classique, même si on peut être amené à le regretter, la formule hybride proposée n’étant clairement pas la plus intéressante.

En effet, les combats auxquels vous allez devoir faire face sont divisés en deux moments distincts, une séparation due au choix de mise en scène des affrontements. Le terrain consiste en un cercle, avec Mario au centre, divisé en cases où vos ennemis vont se placer. La première étape du combat consiste donc, en un nombre défini de mouvements, à déplacer ces cases (en faisant tourner ces dernières autour de Mario ou en les approchant/éloignant de lui) de telle sorte que vos ennemis se retrouvent soit alignés, soit groupés par 4. De quoi, dans un second temps plus classique de tour par tour, vous permettre soit de sauter sur vos adversaires à l’aide de vos bottes, soit des les écraser d’un coup de marteau.

Image du jeu Paper Mario : The Origami King
Remettre les ennemis en place au début reste assez facile

Si l’idée n’est pas mauvaise sur le papier (vous l’avez?), elle souffre d’avoir deux systèmes trop distincts et pas assez exploités. Le système de roue à manipuler pour mettre correctement en place ses adversaires est intéressant, mais il ne va pas assez loin. D’ailleurs, c’est dans un petit jeu annexe vous proposant de ne résoudre que ces « puzzles », que l’on réalise que plus poussée, cette mécanique pourrait transformer ces combats en sorte de puzzle games bien plus intéressants. À côté de cela, la partie combat est elle trop rudimentaire, Mario disposant d’assez peu d’attaques (marteau, bottes et quelques objets dont on oublie facilement l’existence pendant un combat). En plus, une bonne mise en place de vos adversaires sur le terrain vous permet d’obtenir un bonus d’attaque qui entraîne souvent une élimination rapide de vos adversaires. Seul petit twist (que je maudis toujours) : les bottes et marteaux récupérés (ou achetés en boutique) ont un nombre d’utilisations limité….

Un choix entre les deux systèmes aurait sans doute été plus judicieux, les rares combats vraiment intéressants étant ceux des boss. Ces derniers nécessitent parfois une réelle gymnastique intellectuelle, puisque cette fois-ci, c’est le boss qui est au centre de l’arène et c’est à Mario de modifier les cases pour parvenir à trouver un chemin jusqu’à lui ou jusqu’à une case permettant d’invoquer des attaques spéciales, ces derniers n’hésitant pas en plus à répandre sur le terrain divers malus bloquant vos manipulations ou vous barrant certains chemins.

Image du jeu Paper Mario : The Origami King
À vous de réussir à trouver un chemin jusqu’au boss en récupérant quelques bonus

Autre composante d’un classique du RPG qui a été chamboulée avec les combats : la montée de niveaux. Oubliez l’expérience, il n’y en a pas ici. Les seules améliorations que vous pourrez avoir sont vos armes et des cœurs qui augmenteront votre santé maximum et par la même occasion votre force. Des cœurs que vous trouverez notamment en sauvant certains Toads ou dans des coffres (je vous avais dit que la recherche de ces éléments était parfois nécessaire…). De quoi éviter le farming en dehors des combats obligatoires (même s’ils ont pour intérêt de faire gagner des pièces permettant d’acheter des armes, des objets de type vie supplémentaire, champignons de soin et autres améliorations pour vous aider en combat).

J’ai une blague sur l’origami… elle est pliante

Un déroulé du jeu assez linéaire, un système de combat qui aurait pu être très intéressant, mais qui se retrouve bloqué entre deux systèmes manquant de complémentarité : ce Paper Mario: The Origami King serait-il finalement un mauvais jeu? La réponse est non, car s’il y a bien quelque chose qui rattrape les défauts de ce jeu, c’est son univers et ses personnages.

La série des Paper Mario a souvent été l’occasion d’aller plus loin que le simple « allons sauver la princesse en traversant des niveaux » et The Origami King ne déroge pas à cette règle. Votre quête vous fera croiser la route d’un certain nombre de personnages, du Bob-omb amnésique jusqu’aux sbires de Bowser en manque de reconnaissance, en passant par le Toad archéologiste.

Image du jeu Paper Mario : The Origami King
En plus d’être méta, cette scène introduit le meilleur personnage du jeu

Ils ont tous une histoire à raconter, que ce soit sur la durée ou lors de petites scènes dans un des nombreux cafés cachés où viennent se reposer des Koopas et Goombas après une dure journée de boulot. Ces situations sont souvent très drôles, parfois aussi surprenamment émouvantes et c’est le moment d’en profiter pour féliciter les personnes en charge de la localisation qui ont dû multiplier les blagues et autres jeux de mots à base de papier (et qui ont réussi avec brio).

Je ne voudrais pas vous gâcher la surprise, mais les boss aussi sont intéressants. Non seulement ils ont le mérite de sortir de l’ordinaire, mais en plus ils apportent au scénario un côté assez méta qui devrait plaire notamment aux amateurs du film La Grande Aventure Lego.

En général, je suis plutôt pour laisser aux gens la liberté dans leur manière de jouer à un jeu. Mais je pense que ce Paper Mario, avec ses différentes zones et personnages s’apprécie encore plus à doses réduites. Comme si chaque passage constituait un épisode d’un dessin animé (oui, celui qui ne passait qu’une fois par semaine et que l’on attendait impatiemment avec des tartines et un bol de chocolat chaud). En tout cas, si quelqu’un chez Nintendo veut se lancer un jour dans un tel projet, on devrait passer un bon moment.

Image du jeu Paper Mario : The Origami King
L’humour est toujours là où on ne l’attend pas

Paper Mario: The Origami King a été testé sur Switch via une clé fournie par l’éditeur. Il est aussi disponible chez vous si vous avez du talent en découpage, coloriage et origami bien sûr, ainsi que beaucoup d’imagination.

Paper Mario: The Origami King ne réinvente clairement pas la roue. Sa seule prise réelle de risque se trouve dans un système de combat à priori intéressant, surtout lors des combats de boss, mais qui n’a pas osé aller au bout de son idée pour conserver un tour par tour plus classique et assez limité. Reste néanmoins un univers réussi et des personnages attachants qu’on aimerait voir encore plus développés, pourquoi pas sur un autre format que celui vidéoludique ?

Le Bon

L'univers et sa variété

L'humour

Les combats de boss

Le Pas Bon

Des combats coincés entre deux systèmes trop différents

La partie "combat" des affrontements, trop facile

Une structure trop classique

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Murray

J'aime me prendre la tête, mais uniquement quand c'est dans un jeu vidéo. Sinon j'aime aussi la vie, mais ce n'est pas un amour réciproque.

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