Guide tout à fait imparfait des jeux vidéo du mois de Novembre 2018

Une fois par mois, j’essaye de vous raconter à quoi on va jouer pendant les prochaines semaines.  On va être clair : après le tapis de bombes nommé Red Dead Redemption 2 qui devrait accaparer une bonne partie du public, les gros bonnets ne se bousculent pas au portillon pour sortir des gros titres, à part un gros jeu à base de gros flingues pour faire des grosses bagarres avec vos amis. Ce qui laisse un peu de place à tout un tas de bizarreries et de petits projets farfelus qui pourraient créer la surprise. Voici donc un guide pour vous y retrouver à peu près.

1er Novembre : The Quiet Man, le kitsch du film interactif façon Square Enix

The Quiet Man

Je ne sais pas à quoi ressemblera The Quiet Man, étrange tentative de film interactif, mode revenue au goût du jour de manière très étrange depuis quelques années (on pense au très sympathique Late Shift, à l’étrange Shibuya Scramble ou encore au prochain Man of Medan largement inspiré de ce concept so nineties). Mais j’ai l’impression que Square Enix semble presque s’excuser à l’avance, à base de communiqués vaguement patauds en mode « oui ça ne durera qu’une heure mais vous verrez ça sera bien quand même ». En tout cas, cette histoire de grosse bagarre rétro-punk sur fond de héros privé d’une partie de ses sens semble à la fois extrêmement kitschouille et trop étrange pour ne pas mériter un peu de considération. Garanti sans cowboys.

Ils sortent en même temps (1 au 4 novembre)

The Crown of Leaves

Avis aux fans de visual novel et d’animaux anthropomorphes (on ne vous juge pas les Sonickins), The Crown of Leaves arrive un poil en retard sur son planning initial, mais avec de belles promesses de direction artistique très enlevée, et beaucoup de bonnes intentions en terme de lore et d’intrigue. Ceux qui préfèrent éviter de réfléchir et préfèrent agiter leurs joystick Switch comme des gros débilous pour faire comme s’ils étaient une vraie batteuse/lycéenne japonaise pourront le faire avec l’édition internationale de Gal Metal. 

Quant à nos amis les vieux cons grincheux (j’ai le droit, j’en suis un), notez que vous aurez le choix entre l’itération annuelle de Football Manager et l’austère Xenonauts 2, mais, si, vous savez, « Xcom-mais-pour-les-vrais-durs-comme-en-1994 ».

7 Novembre : l’étrange retour de Leisure Suit Larry

leisure-suit-larry-wet-dreams-don-t-dry

La nouvelle avait tout pour inquiéter jusqu’aux esprits les plus placides : des allemands ont mis la main on ne sait comment sur la très, très ringarde et oubliée série Leisure Suit Larry, ce point and click vaguement érotique et absurde qui a eu de nombreuses itérations dans les années 80-90. Pour les plus jeunes, il était question d’y incarner un certain Larry Laffer, dragueur un peu minable qui vivait des aventures absurdes à base de drague de filles qui le faisaient tourner en bourrique, mais finissaient quand même par récompenser le joueur avec des pantyshots et autres videogame tiddies en pixel art. Une série certes rigolote, mais à l’humour particulièrement daté, très ancré dans une esthétique oscillant entre Woddy Allen, Jerry Seinfeld et Eddy Murphy, pas vraiment des références de l’humour post #metoo, vous en conviendrez.

Aussi, voir une équipe de développeurs inconnus annoncer un Leisure Suit Larry : Wet Dreams Don’t Dry avait tout pour annoncer une catastrophe nucléaire, dans la mesure où les premiers communiqués annonçaient un machin de type « c’est Larry mais il est projeté dans une société woke avec les problématiques des hipsters et des féministes de 2018 ». Et puis il y a quelques semaines, les développeurs, visiblement conscients que le projet avait tout pour inquiéter, ont publié en vidéo une note d’intention étrangement rassurante : ils sont jeunes et ouverts sur le monde, ils semblent avoir vraiment soigné l’écriture, et vraiment pris en compte le fait que sortir un jeu sur un harceleur obsédé sexuel quadragénaire qui veut niquer tout ce qui bouge avait aujourd’hui un poil plus de conséquence qu’il y a dix ans. Le jeu semble assez bien fichu, plutôt joli, avec une écriture travaillée et un vrai recul critique sur ce qui constitue l’ADN de Larry, qui, en 2018, semble à peine plus fréquentable qu’un vieux frotteur du métro parisien aux heures de pointe. Mais on ne sera pleinement rassurés qu’une fois qu’on aura eu le bidule en main.

Ils sortent en même temps (5 au 11 novembre)

the-shapeshifting-detective

Tu l’as raté à l’époque ? Tu es tellement accro à Final Fantasy qu’il te les faut tous ? Eh bien rassure toi, Square Enix t’a mitonné la version ultime de son hit (non) de 2016 : World of Final Fantasy Maxima, improbable croisement entre Final Fantasy et un pokémon-like avec des personnages chibi-kawai qui doivent collecter des bidules. Très axé sur les combats et le grind, mais mignon. Un peu moins mignon, Overkill’s The Walking Dead est au moins un truc Walking Dead qui n’est pas mort, mais pas spécialement rassurant pour autant. Le monde n’a pas besoin d’un autre pseudo Left4Dead tout cassé si vous voulez mon humble avis. On s’intéressera davantage au Shapeshifting Detective de Wales Interactive, encore un film interactif. Sorte de Her Story où vous pouvez incarner différents acteurs dans une narration pas tout à fait linéaire, mais avec un twist :  le coupable est choisi aléatoirement dans le casting en début de partie.

DéracinéNotons aussi la sortie d’early access de Hellsign (pour citer notre camarade Murray « ah oui le Luigi’s Mansion pour adultes »), le bizarroïde Steel Rats qui mélange plate-formes et jeu de moto (???), ou encore le très narratif 11-11 Memories Retold, jeu narratif français sortant à l’occasion des 100 ans de l’armistice, et qui a tapé dans l’oeil de Bandai Namco. Signalons enfin l’arrivée de deux projets étrange, le Déraciné de FromSoftware, jeu d’aventure ultra éthéré en VR, et Kursk, jeu russe à l’esthétique diablement russe qui va nous raconter à sa manière la tragédie (réelle et glauquissime) de ce sous-marin nucléaire ayant sombré dans les eaux glacées de la mer de Barents à l’été 2000, et condamnant une vingtaine de rescapés du naufrage à mourir asphyxiés au fond de la mer sans aucun secours possible.

14 novembre : le Fallout 76 que personne ne demandait vraiment

fallout-76-emote

Après une bêta qui a plongé la Terre entière dans un mélange de perplexité et d’hilarité, Fallout 76 arrive. Ce Fallout sans scénario, sans PNJ, en mode pseudo-MEUPORG, « à l’univers façonné par les joueurs », techniquement daté mais demandant un PC de la NASA pour tourner correctement. Ce Fallout 76 précédé de communiqués de presse rédigés par des chargés de com’ de Bethesda au bout de leur vie qui promettent « des bugs épiques ». Ce Fallout dont personne, pas même ses développeurs, ne semble savoir ce dont il s’agit exactement.

Mais c’est comme ça, Fallout. Une franchise qui semble depuis ses origines ne pas pouvoir se permettre le moindre épisode de repos avant que ses propriétaire successifs ne décident d’en faire un peu n’importe quoi. En ce qui me concerne, je n’avais pas tant détesté Fallout 4 que cela, malgré son écriture pauvre et sa version de Sim City post apo de Prisunic, mais force est de constater que même cette formule « Skyrim avec des flingues », clivante mais qui a le mérite d’être quelque chose, ne semble plus trouver grâce aux mains d’un Bethesda qui semble davantage encombré par cette franchise que fier de vouloir en faire quelque chose de remarquable. Bon courage à tous les développeurs qui triment là-dessus, on pense à vous, et on espère (malgré tout) être surpris en bien.

Ils sortent en même temps (12 au 18 novembre)

hitman-2

Les enfants des années 90 s’en souviennent, les marketteux de 2018 veulent vous en faire remanger : après Crash Bandicoot, Shenmue et Bubsy, et avant ToeJam and Earl et Battletoads, vous reprendrez bien une bonne grosse plâtrée de Spyro Reignited Trilogy. Les vrais adultes préféreront sans doute adulter sur ce Hitman 2, retour du fond de l’enfer pour une franchise à l’histoire au moins aussi chaotique que celle de Fallout.

Notons que la semaine du 12 au 18 novembre est un 100% fanservice pour les cool kids des années 90, puisque débarquera aussi la SNK Anniversary Collection (compile de jeux pour les 40 ans de l’éditeur japonais), la Settlers History Collection (le seul qui vaille la peine est Settlers II), les projets Pokemon Let’s Go Pikachu et Let’s Go Evoli, ainsi qu’un nouveau jeu de la franchise Ultima, avec un Underworld Ascendant qui vous donnera l’impression définitive que cet article aurait pu être écrit en 1997 en changeant juste deux trois virgules, ce qui n’est pas du tout déprimant.

20 novembre : Battlefield V, sa claque graphique, son battle royale.

Battlefield-V

Je suis un imposteur, je n’ai pas touché à un Battlefield depuis l’épisode 2142. Mais je sais que la série se démarque de sa principale concurrente aka Colof par une campagne scénarisée plus travaillée et plus écrite, qui essaye depuis l’épisode précédent de raconter des trucs un peu plus intéressants sur des destins de soldats dans les horreurs de la guerre. Et cette fois-ci, retour à la Seconde Guerre mondiale, car tout n’est qu’un éternel recommencement.

Mais outre les performances graphiques de ce Battlefield V, dont le photoréalisme et le niveau de détail ahurissant donnent presque la nausée (merci le Frostbite Engine), on suivra surtout les performances du mode multi, ce pour quoi l’essentiel des joueurs sont là. Et d’après ce que j’ai compris, oui, il y aura bien un mode battle royale et un mode zombie, de toute façon vous savez sans doute déjà tout ça et en vrai de vrai, j’y connais rien, y’a pas de JRPG bizarroïde qui sort en novembre, je me sens un peu abandonné.

Ils sortent en même temps (19 au 25 novembre)

Farming-Simulator-2019
désolé d’avoir un énorme tracteur

J’étais presque parti pour faire absolument chou blanc sur cette semaine, mais deux challengers ont finalement surgi du bois : Farming Simulator 2019, l’éternel et étrange succès de chez Focus qui promet encore plus de possibilités, encore plus de bestiaux, encore plus de tracteurs, et Storm Boy, petit jeu d’aventure narratif tout mignon inspiré d’un livre pour enfants.

30 novembre : il faut jouer à Katamari Damacy Reroll, jeune prince.

Karamari Damacy Reroll

Huit suites, une multitude de portages, une aura culte et un univers qui n’a encore pas trouvé son égal en terme de bizarrerie : c’est Karamari Damacy, ce jeu où le Prince de Tout le Cosmos doit rouler une boule pour agglomérer des trucs dessus pour faire une plus grosse boule pour agglomérer plus de trucs dessus, généralement parce que son étrange papa, le Roi de Tout le Cosmos, a détruit l’univers, alors il faut bien le recréer en agglomérant des clous, des gommes, des vaches et des Moaï. Voilà six ans qu’on attendait que la série se remette à rouler sa boule. Quelle ne fut pas la (petite) déception quand fut dévoilé le projet Katamari Damacy Encore devenu Katamari Damacy Reroll chez nous ! Pensez : un simple remaster HD du tout premier épisode, MAIS SUR SWITCH.

Qu’à cela ne tienne : Katamari Damacy, avec son univers insolite et coloré et son gameplay bizarrement addictif et simplissime, a été un grand événement dans l’histoire du jeu vidéo, et c’était il y a déjà quasiment quinze ans, puisque c’est en 2004 que cet épisode vit le jour sur PS2. Si cet épisode Reroll permet à une nouvelle génération de découvrir cette franchise et qu’un quelconque succès permet à Namco d’envisager de nouvelles bizarreries, on est clients.

Ils sortent en même temps (26 au 30 novembre)

darksiders 3

Faut-il attendre quoi que ce soit de Darksiders 3, le Zalda-pour-les-grosses-balloches de THQ Nordic ? Je ne sais pas, au moins il finit par sortir, après tellement de silence et de retard que le cinquantième remaster des deux premiers épisodes sur Playstation VI semblait finalement plus proche. En ce qui me concerne, je serai un peu plus client de Fimbul, autre action-aventure, plus modeste, mais à thématique nordique qui n’est pas pour me déplaire.

X4 FoundationsDe leur côté et dans des genres incroyablement différents, Nairi Tower of Shirin nous propose une aventure narrative incroyablement mignonne, tandis que X4 Foundation est la nouvelle tentative des allemands d’Egosoft pour réimposer la série X comme standard de l’aventure spatiale en monde ouvert avec des vaisseaux qui font pew pew. Ils ont fort à faire après le catastrophique X Rebirth de 2013, et la lourde concurrence sur ce marché très saturé des « gros machins spatiaux avec plein de trucs à faire et cent milliards de milliards de cailloux à visiter ».

Et sur ce, je vous donne rendez-vous dans un petit mois, où je vous présenterai les sorties de décembre, avec quelques petits machins attendus au tournant comme Just Cause 4, Mutant Year Zero ou encore Monster Boy and the Cursed Kingdom. A très vite !

 

zalifalcam
zalifalcam

J'aime les jeux double A, les walking simulateurs prétentieux et les JRPG, et plutôt que de me soigner, j'écris à leur propos.

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