Partie Rapide : Industries of Titan et Merchant of the Skies

Cette fois-ci dans Partie Rapide, Tristan vous parle d’Industries of Titan, le city-builder cyberpunk titanesque de Brace Yourself Games, et Fanny de Merchant of the Skies, un petit jeu de gestion d’un empire commercial.

Industries of Titan

Cela fait déjà un certain temps que Brace Yourself Games (Crypt of the Necrodancer) ont annoncé Industries of Titan. Le jeu de gestion cyberpunk sur la lune de Saturne est sorti en early access le 14 avril 2020 sur l’Epic Games Store, l’occasion de jeter un oeil au potentiel du titre.

Titan t’a-t-il ôté ta toux ?

La réponse est non. Dans Industries of Titan la vie n’est pas facile. Non seulement l’atmosphère d’ammoniac de la lune géante de Saturne est un peu toxique, mais en plus le Conseil, l’organe qui vous envoie construire votre colonie à la surface désolée de la lune, ne se soucie guère des problèmes de pollution qui rendraient encore plus irrespirable l’air. Le jeu se présente comme un city-builder de type Banished : ici, pas de zones à faire qui se construisent toutes seules, mais des bâtiments à poser et des citoyens à gérer au niveau quasi individuel en décidant des priorités des jobs.

Là où Industries of Titan se démarque de bon nombre de city-builders, c’est par son modèle de construction : vous construisez des bâtiments, certes, mais vous devez aménager l’intérieur avec les accommodations nécessaires à votre colonie. Sur une grille, vous devrez placer générateurs, logements, et « unité de monétisation » pour gagner de l’argent en faisant regarder des publicités à vos habitants qui ne travaillent pas actuellement, une certaine idée de l’utopie post-scarcité. Le reste, c’est du classique : des ressources à amasser, de l’énergie à gérer, et une carte à explorer, car la surface de la planète est recouverte de ruines de précédents colons qu’il vous faudra exploiter à leur maximum pour en tirer les secrets.

Industries of Titan partie rapide

Silence, moteur, Saturne, ACTION

Comme je le disais plus haut : c’est pas la joie sur Titan. En plus de l’atmosphère toxique susmentionnée, les colons doivent aussi gérer les attaques de rebelles contre l’autorité du Conseil, qui vous attaqueront régulièrement avec des vaisseaux. Il faudra gérer vos défenses et décider, ou non, de cliquer sur le bouton permettant d’enterrer votre cité pour éviter les dégâts sur les bâtiments. Pour l’instant cet aspect est très peu développé, mais plus tard, vous pourrez construire vos propres vaisseaux et les envoyer s’occuper de ces pourritures de rebelles.

« Peu développé ». Voilà qui résumerait à la perfection l’état actuel d’Industries of Titan. On en fait très vite le tour, la sélection de bâtiments et d’options disponibles dans le jeu est simpliste et très restreinte (basiquement : trois tiers d’améliorations dans vos bâtiments, et un tiers des mêmes bâtiments encore plus efficaces à poser à l’extérieur). En une bonne heure de jeu on en a fait le tour. Bien sûr la direction artistique est sublime et encore une fois Brace Yourself Games profite du talent de Danny Baranowky à la BO, mais en l’état le jeu n’est qu’une excellente preuve de concept, la suite s’annonçant bien plus intéressante.

Industries of Titan partie rapide

Industries of Titan a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

Il est toujours difficile de donner une réponse définitive à la question « ce jeu mérite-t-il mon temps ? » avec les Early. Industries of Titan est l’exemple typique : pas fini, contenu très léger, et des bugs qui m’ont empêché de jouer pendant trois jours (le jeu freezait et entrainait mon PC avec), mais néanmoins, il a un potentiel intéressant et j’ai hâte de m’y replonger une fois terminé.

Merchant of the Skies

J’ai une passion pour ces petits jeux simples où l’on nous fait gérer quelque chose, un restaurant, un studio de développement de jeux vidéo, ou comme ici, un empire commercial. Au point où j’ai tendance à m’acharner après avoir « fini » : j’ai par exemple passé beaucoup trop de temps sur Game Dev Tycoon, au point de connaître par coeur toutes les « recettes » pour faire des jeux bien notés, alors même qu’il n’y avait plus trop d’intérêt au jeu. Avec son pixel-art plaisant agrémenté de couleurs douces, Merchant of the Skies, sorti d’early access après moins d’un an le 17 avril, avait le potentiel de faire partie de ces titres. Malheureusement, c’était sans compter sur des défauts irrémédiablement agaçants.

Un petit jeu simple et relaxant…

Le titre ne s’embarrasse pas de grande explication pour son tutoriel : apprendre à recharger son bateau, à chopper des marchandises pas chères pour les refourguer pour un profit ailleurs et prendre une quête dans une guilde commerciale pour au début livrer des lettres dans d’autres villes puis petit à petit, livrer des marchandises. C’est simple, clair, concis, avec une progression organique. Plus les villes vous demandent des marchandises particulières, généralement à peu près les mêmes dans le même secteur, plus vous ressentez la nécessité de vous pencher sur les îles achetables, qui proposent chacune une ressource exploitable, et sur lesquelles vous pouvez construire des bâtiments pour transformer ces ressources. Globalement, on rencontre à peu près deux grands points de progression dans le titre : quand on doit commencer à investir dans plusieurs îles pour créer tous les matériaux nécessaires à la construction des bâtiments et lorsque l’on se décide à investir dans les caravanes.

Une espèce de « permadeath » est présente, qui survient lorsque vous vous retrouvez sans argent. La première fois, la banque vous fait un prêt qui, s’il n’est pas remboursé et que vous vous retrouvez de nouveau en négatif, conduit au game over. Cependant, en faisant un peu attention, il est très facile d’éviter ça, surtout que l’argent ne tardera pas à s’accumuler. Globalement, Merchant of the Skies est un jeu assez relaxant et répétitif, où il s’agit de faire des allers retours entre les villes et vos îles de production, en remplissant des commandes et en vendant des ressources. Il y a une petite histoire, rajoutée dans la version finale, pour ponctuer vos allers-retours, avec quelques missions dédiées, qui servent surtout à débloquer de nouvelles choses. Au premier abord, rien d’extraordinaire dans ce jeu mais rien de mauvais non plus, un petit « jeu à podcast » qui se fait sans réfléchir, en écoutant autre chose à côté, avec de temps en temps de bonnes surprises comme certains personnages assez originaux. Puis on commence à tiquer sur des choses, une fois, deux fois et le côté relaxant commence à disparaître pour devenir de l’agacement, de plus en plus présent.

… Mais avec des défauts

Le premier problème se présente au niveau de la localisation. Si je pouvais comprendre que tout ne soit pas parfait en early access, que des erreurs grossières restent dans la version finale, au point de rendre les choses confuses si on joue en français, c’est un vrai problème. Par exemple, dans la production de ressources, une erreur de conjugaison change totalement le sens des boutons, ce que j’ai fini par comprendre après plusieurs recherches dans les discussions Steam et en voyant des screens en anglais. Et quand ce ne sont pas des erreurs de traduction, c’est l’interface, qui manque sérieusement de « polish », qui pose problème. Les caravanes notamment sont juste une horreur à gérer, avec un bouton dédié en bas à droite qui ne sert strictement à rien puisqu’il semble sélectionner une caravane au hasard, sans vous indiquer laquelle, et pas forcément celle qui n’a pas encore une route commerciale. Il vous reste l’option de cliquer sur chaque petite caravane sur votre carte, ce qui n’est pas idéal parce que naviguer sur la carte avec la souris n’est pas du plus aisé, ou d’aller sur l’île d’où part la caravane, ce qui devient chronophage. Et quand enfin on arrive à les sélectionner, leur fonctionnement est obscur.

Ici, le « commencer » ne signifie pas qu’appuyer sur le bouton va commencer la production, il faut lire qu’elle est déjà commencée.

Une quête dans le jeu nécessite de fournir pains et jus de pomme aux tavernes pour gagner leur confiance. Celles-ci étant assez éloignées les unes des autres, utiliser les caravanes me semblait être la bonne solution, au lieu de jouer à la livreuse moi-même. Si l’option « livrer du pain et du jus de pomme » existe bien quand on sélectionne une taverne comme point de livraison, impossible de savoir comment ça fonctionne concrètement. Vu que le nombre de bâtiments sur chaque île est limité et que les îles avec des ressources qui nécessitent plusieurs étapes pour être transformées n’ont pas la place pour accueillir en plus les caravanes, je me suis dit que mettre les ressources nécessaires dans l’entrepôt de l’île accueillant la caravane devrait résoudre mon problème. Et… je ne sais pas. Mes entrepôts sont bien remplis, mes caravanes font joyeusement leurs allers retours et pourtant, rien ne bouge, les tavernes ne sont pas stockées, et je ne sais juste pas la cause car tout est incroyablement confus et brouillon.

Merchant of the Skies a été testé sur PC via une clé fournie par l’éditeur.

C’est là où j’ai fini par jeter l’éponge. Si je peux pardonner une localisation approximative, une interface aussi peu claire dans un jeu où je suis censée gérer un empire commercial sur toute la carte, ce n’est pas possible. Alors oui c’est un petit jeu par une petite équipe et ils avaient sûrement leurs raisons pour sortir d’early access maintenant, même quand le titre aurait nécessité quelques mois supplémentaires. Malheureusement, en tant que joueuse, je suis partagée par une expérience assez plaisante au début et des soucis qui s’accumulent, notamment aux deux grands points de progression du titre, au point que je ne puisse passer outre. Il est dur de savoir si je recommande ou pas Merchant of the Skies : le pixel-art est super joli, le principe est cool et parfait pour de petites sections, le duo de développeurs mérite d’être soutenu mais j’ai l’impression d’avoir plus un brouillon en face de moi qu’un jeu en version finale. La bonne nouvelle étant qu’ils ont l’air très à l’écoute des suggestions des joueurs dans les discussions Steam et qu’il y a de grandes chances pour que des mises à jour rajoutent des fonctionnalités et de la qualité de vie. A vous de voir jusqu’où va votre tolérance, la mienne s’est malheureusement arrêtée assez tôt.

Tritri
Tritri

Ici pour parler de jeux avec tableurs, aka 4X, grande stratégie, gestion. Aussi expert ès jeux spatiaux, tire régulièrement sur l'ambulance Star Citizen. Egalement le pire cauchemar de nos chers correcteurs

1 commentaire
  1. Merci pour Merchant of skies, je ne culpabilise plus d’avoir demandé le remboursement après 30 minutes. Ça sent trop fort l’early access cette histoire.