Le récap du PC Gaming Show : Comment en parler à vos enfants

[E3 2017] Le récap du PC Gaming Show : Comment parler de la Conférence PC à vos enfants

La conférence PC de l’E3 (PAR INTEL) est un objet étrange, trop souvent ignoré de nos contemporains. Issue d’une capsule temporelle dans laquelle un tâcheron de film Europacorp aurait imaginé la manière la plus dystopique de présenter des divertissements futuristes. Présentateurs étranges au sourire figé, placements de produits rétrofuturistes, décors inspirés de l’esthétique anxiogène des films cyberpunk des années 90, et annonces de produits de consommation destinés à faire échapper les clients avachis d’une réalité trop grise et trop polluée. Bref, le PC Gaming Show est avant tout une fenêtre sur la Darkest Timeline revisitée par Luc Besson sous tranxène. Pour vous la raconter, rien de mieux qu’une petite playlist de vieilles chansons anxiogènes sur la technologie.

 

Ton corps Ooblets, ce n’est pas sale.

Je passerai volontiers sur tous ces moments très angoissants où des gens parlaient au robot imitant un humain qui servait de présentateur au show et où des gens avec des voix graves et dramatiques annonçaient les trailers à venir. C’était gênant pour vous, c’était gênant pour moi, c’était gênant pour l’évolution, passons à la première annonce : du DLC pour l’excellent Xcom 2 avec War of the Chosen. Si j’avais quelque chose à en dire, ça serait quelque chose du genre “ON A MIS PLEIN DE TRUCS EN PLUS DEDANS”. Pourquoi pas.

On a eu ensuite droit à Ooblets, une petite pépite sucrée “entre Pokémon, les Sims et Adventure Time”, diverses œuvres marquées par une vision plutôt optimiste de la vie post-apocalyptique, donc. On a pas forcément compris ce qui s’y passait, mais des petites créatures mignonnes dansaient dans un jardin, et ça c’est, quelque part, plutôt respectable.

ooblets PC Gaming Show

 

A vrai dire, Ooblets ne s’enchaînait pas très bien avec le trailer de Battletech qui a suivi. Battletech, c’est l’ultime preuve s’il en fallait encore une que la nostalgie des années 90 est un peu le Trump de la pop culture. C’était rigolo jusqu’à ce que ça prenne le contrôle du destin de l’humanité, mais maintenant, ça suffit. Vous voulez mon avis ? Battletech, c’est la vision la plus effroyablement yankee que vous aurez jamais de la science fiction. Pire que Transformers. C’est de l’architecture brutaliste arrosée de steak T-Bone, c’est un androïde du future qui pilote un F-16 en gueulant Fuck Yeah ‘Murica. Ca ne veut pas dire que le jeu sera mauvais. L’interview ne donnait pas follement envie. En vrai, laissez Battletech dans le formol.

 

Vous connaissez les jeux de carte online le style qui monte malgré le silence assourdissant des médias ?

Le logo de Taleworlds a ensuite été le prémice à de nouvelles images du très, très attendu (au moins par moi) Mount and Blade 2, qui a l’air de confirmer la reprise des grandes lignes du premier, sans le côté ultra moche et austère. Après, ça serait bien que le jeu finisse par sortir un jour. C’est en tout cas plus urgent que ce Total War Warhammer II qui va débouler alors que tout le monde n’a pas encore réalisé que le premier était sorti. Ceci dit, la promesse d’un peu plus de factions et d’un peu plus de profondeur de jeu dans un titre qui ne manquait pas de largeur mais un peu d’épaisseur ne sera pas de trop. Trivia : ça a l’air joli. Ça arrive en septembre, comme l’automne et le début des amours adolescentes.

mount and blade 2 E3 2017

 

Après, il y a eu un segment sur les jeux de cartes. Je ne vais pas faire semblant, je pourrais faire des copier coller d’autres sites, ou simplement y aller au bluff comme ces critiques ciné qui jugent les films sur leur affiches. Mais non, la vérité, c’est que je m’en fiche complètement. Vous avez le droit d’aimer les jeux de cartes sur ordinateur. Live and let live, chacun son kink, tolérance, respect. Moi, je sais à peine jouer à la bataille dans la vraie vie, et je suis en train d’apprendre les règles du Shogi parce que j’en ai besoin pour avancer dans Yakuza O.

Un type est ensuite venu nous dire qu’il était très excité d’être là pour nous parler de réalité virtuelle. Il avait l’air de mentir. C’est le moment où j’ai envoyé un DM à mon rédac chef pour lui dire que mon papier sur la conférence PC serait probablement cet enfant spécial au fond de la classe, celui dont on vous a dit qu’il fallait être gentil avec lui parce qu’il avait fait beaucoup d’efforts pour être là.

Parce que vous savez, j’ai pris la décision stupide d’essayer de couvrir cet E3 équipé de mon seul EeC qui accuse ses dix ans d’âge, son unique Giga de RAM et son incompatibilité avec quasiment tout ce qui constitue Internet aujourd’hui. J’ai littéralement dû télécharger cette conférence PC pour en réduire la qualité et pouvoir la mater sans que ça soit un show de diapositives en 2FPS. Entre le truc sur les cartes à jouer, le segment VR et le gourou bizarre qui est venu nous parler des bienfaits de l’E-Sport chez Intel en Pologne, finalement, je me suis demandé pourquoi j’avais produit tous ces efforts.

Il faut que je vous parle de Sonia.

A plusieurs moments de la conférence, le robot qui présentait à passé la parole à une fille mille fois plus intéressante qui lançait des trailers. Je me suis demandé pourquoi c’était pas elle qui présentait l’ensemble, elle s’en sortait beaucoup mieux, et je suis a peu près certain que c’est du sang et non de la Motul 5 qui coule dans ses veines. Son nom, c’est Sonia, et je ne veux rien savoir de plus d’elle de peur de briser la magie. En plus, le jeu qui a été présenté ensuite s’appelait “Tunic” (c’est rigolo comme nom) et avait l’air assez cool en mode Zelda-Like avec un petit renard. Je veux jouer à ça.

Tunic game E3 2017

 

A vrai dire, est-ce que Tunic et son trailer de 5 secondes m’a assez charmé pour que je ne capte pas de quoi les robots parlaient après ? Je crois qu’il était question de cet espèce de Battle Royale avec cent joueurs qui doivent s’entre-tuer dont tout le monde parle, mais j’arrive pas à retenir le nom de ce jeu parce que je ne joue jamais en multi, j’ai peur des gens.

 

Après c’était le moment ou le public a oublié qu’il était là et a oublié d’applaudir à une pub du sponsor, mais à ce moment là moi aussi j’ai oublié que j’étais là, j’envoyais des SMS à ma femme pour lui dire que j’étais en train de couvrir la conférence PC et que c’était une expérience des plus étranges. J’ai réussi à me concentrer à nouveau quand on nous a montré un trailer du prochain Killing Floor, vous savez, cette Monstrueuse Parade en FPS réimaginée par un scénariste de direct to DVD Asylum. Le trailer essayait d’esthétiser et de codifier le fait de tirer sur des clowns, c’était si convainquant que les mecs ont du expliquer pourquoi c’était drôle après la présentation.

Twitter 2014

Quand ils ont commencé à parler du sans doute excellent prochain jeu Forza, je me suis dit qu’au fond, avec ma marinière Armorlux, mon béret et mon sauciflard, je n’étais pas assez Texan pour apprécier tout ça. Car en une heure de vidéo, qu’ai-je vu, à part cinq secondes d’un renard mignon ? Des gens qui me parlaient de grosses voitures, de gros robots, de la guerre, du tir aux clowns dans une fête foraine qui a mal tournée. A part ce dernier point qui me rappelle un peu mon Loir-et-Cher d’adoption, je pense que ce genre d’événement s’apprécie mieux dans un stade à monster-trucks, avec un plein sceau de pilons de poulets et une cape à l’effigie de la bannière étoilée pour se protéger du soleil cuisant du texas.

Il y a eu un moment où on nous a montré Sea of Thieves, aussi.

Ensuite, faudra-t-il commenter la présentation de The Last Night, la notion de “cinematic platformer” dont on sent qu’elle n’a pu jaillir que d’un cerveau infecté par un parasite poussant son hôte à inventer des concepts, la volonté manifeste de Tim Soret d’essayer de pécho l’assistance avec l’accent le plus français de l’histoire des accents, ou ce moment très étrange ou ledit Tim Soret s’est excusé d’avoir été un gros doucheubague dans des tweets de 2014, ou simplement la longueur de ma phrase ? En tout cas, cette séquence manquait de spontanéité, mais pas plus que l’ensemble de ces deux heures d’angoisse pure et dure. Quand à The Last Night, difficile de juger de ce genre de choses avant de l’avoir eu en main. Peut-être de l’arnaque, peut-être une chouette expérience narrative, peut-être un truc qui sera annulé si Tim Soret refait des tweets embarassingue, on verra quand ça sera là.

La rédaction de The Pixel Post tient à s’excuser platement du manque d’opinion du rédacteur sur ce sandbox survival en voxel moches qui est arrivé ensuite. Ça s’appelle Ylands, et je pense qu’on peut juste dire que Minecraft n’a pas TROP de soucis à se faire.

Dissertation sur Sonia

Et c’est encore le retour de Sonia. On aime Sonia. Sonia, c’est toi qui devrais présenter la conférence. N’écoute pas la fashion police, ton manteau de biker quinquagénaire ne gâche pas l’expérience. Cette fois, Sonia nous a lancé un RPG nommé Griftlands. Ca a l’air bien, Griftlands. C’est pour ça qu’on aime Sonia. Pour son humanité, et parce qu’elle a les seuls trucs de la conférence auquel on a envie de jouer. J’en fais une vérité générale. Merci Sonia, merci Griftlands.

 

Le robot d’Intel est revenu et nous a parlé de VR dans son affreux décor, avec mon monsieur triste qui présentait de la VR et des commentaires du genre “c’est incroyable, dans ce jeu on se déplace”. Est-ce qu’on a ce genre de problèmes quand Sonia nous parle de petits renards ou de RPG steampunks ? Non, on a pas ça. Peut-être que tout ça est un complot. Peut-être que Sonia et le Robot ne sont que deux faces d’une même pièce, le Yin et le Yang, le méchant flic et le gentil flic. Et si Sonia, au fond, n’était que la métaphore du dodo dans “Metro Boulot Dodo” ? Le Robot d’Intel étant le boulot et ce monsieur avec une voix grave dans les trailers le métro ? Je ne sais pas, je ne sais plus, comment tout ceci peut encore durer plus de trente minutes ?

J’ai vraiment pas fait attention à ce qui se passait après, je crois qu’il était question de Lawbreakers, où des personnes courraient en anti-gravité et se tiraient dessus. Les Youtubers payés pour en parler avaient l’air fous, sauf une, qui avait l’air de dire “mon dieu, sortez-moi de là, j’ai un point rouge sur le front”.

La véritable conférence PC, elle est dans notre cœur à tous

Pas_du_tout_advance_wars, alias War Groove, a ensuite été présenté. On en avait déjà vu des petits bouts dans un Nintendo direct. En tant que clone éhonté, ça a l’air de faire le job. Il y a du multi, il y a un éditeur de niveau, y’a pas de raison que cette margarine de Fire Emblem tourne au fond de son pot. Allez, on achète, au moins pour faire plaisir au garçon de douze ans et demi qui est venu en parler sur scène accompagné d’une développeuse (ou je sais pas quoi j’ai pas lu les cartons en bas, vous vous rappelez j’ai dû beaucoup downgrader la vidéo pour la voir) qui s’adressait au présentateur comme s’il était idiot.

 

Ça vous embête si je passe full minimaliste pour la fin ? Honnêtement, si vous mavez lu jusque là, ça ne vous embête pas. C’est qu’on a juste le degré d’intimité avant de se voir tout nus. Alors je peux me permettre. Non pas d’enlever le bas, mais de passer full minimaliste.

-SHADOW OF WAR : ouais ça a l’air bien. Mais pourquoi montrer des cinématiques ? C’est pas comme si ça allait raconter quelque chose.

-OU EST SONIA ?

-QUI EST CE TYPE DE CHEZ MICROSOFT ? On dirait qu’il veut me vendre des assurances.

-UN TRAILER DE AGE OF EMPoh mais bon sang je fais quoi de ma vie, AoE en 4k ? Je suis vraiment en train de regarder une vidéo de deux heures dont le clou du spectacle est un portage en 4K d’un jeu de stratégie de quand j’étais au collège. Qu’est-ce qui s’est passé ?

-OU EST SONIA ? Ah, la voilà. Au revoir Sonia.

-PLEIN DE SPONSORS.

Ouais, c’était pas super.

zalifalcam
zalifalcam

J'aime les jeux double A, les walking simulateurs prétentieux et les JRPG, et plutôt que de me soigner, j'écris à leur propos.

2 commentaires
  1. Waaaaah je suis tellement pas d’accord avec ta vision de cette conf c’est ouf. Le moment Intel était en effet relou au possible, et d’un marketing crasseux, mais le reste était correct, et avait l’immense avantage de parler de jeux, qui existent pour de vrais, avec des vrais gens (ceux qui les font), pas des marketeux qui savent rien du jeu dont ils parlent. Je passerais sur le sel qui émaille cet article (aka ligne directrice du site), mais je te trouve vraiment injuste avec une conf’ qui tente de se démarquer un petit peu (et cruel avec Tim Soret qui n’a comme tord que d’avoir donné son avis en 2014) . Voilà bisous

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